Si vous lisez la presse professionnelle papier ou électronique, si vous consultez les forums facebook® pharmaciens, vous avez compris que les tensions intersyndicales nationales reviennent aussi vite qu’elles étaient parties si, tant soit peu, qu’elles avaient disparu.
La position de notre syndicat du 13 se met à l’unisson de celle de notre fédération nationale (FSPF). Mais il était tentant et excitant d’organiser une grève et une manifestation de rue face aux énormes difficultés que rencontrent la plupart des confrères du 13.
Il est normal que nous donnions quelques explications à cette volonté de négocier la convention sans manifester auparavant notre mécontentement dans la rue.
- La volonté de faire grève venait du syndicat USPO qui ne croyait plus à l’envoi par la Ministre de la Santé (Marisol Touraine) au Directeur de la CNAM (Nicolas Revel) de la fameuse lettre de cadrage. lettre_cadrage_convention_pharmaceutique_02012017
La lettre a bien été réceptionnée avec quelques jours de retard. Le motif principal de la « révolte » était effacé!
- Les raisons secondaires de la mise en place de la grève sont de mettre la pression sur la négociation conventionnelle et signifier le mécontentement de la profession. Pour notre syndicat départemental, ces deux raisons sont superfétatoires car mettre la pression avec une fermeture de deux ou trois heures pour aller manifester devant la CPAM locale permettra aux confrères motivés d’avoir le sentiment du travail accompli mais n’amènera aucune pression pour les négociations conventionnelles. Quant à signifier le mécontentement des pharmaciens, tous les hommes politiques et tous les hauts fonctionnaires de Bercy et de l’UNCAM connaissent les difficultés et l’anxiété de la profession depuis bien longtemps.
- Il est apparu une dernière (nouvelle) justification pour l’USPO bien après le déclenchement de leur mot d’ordre de grève: le contenu de la lettre de cadrage. L’USPO n’en a vu que les menaces sans en apercevoir les possibles champs de négociation. Loin de moi l’idée de commenter la lettre de la ministre et je ne nie pas les plus ou moins discrets pièges mis en place par de boutonneux énarques parisiens dans cette missive mais ces orientations restent avant tout une volonté d’atténuer les pertes économiques qu’a lourdement subi notre profession sur le « cœur de métier » qui reste la principale activité et la raison d’exister pour l’immense majorité des pharmacies. Toutefois l’immobilisme camouflé par un vernis d’innovations ne peut pas être une politique syndicale et la négociation doit rester primordiale et valoriser financièrement nos activités premières: dispensation, conseils et prévention.
Certains confrères prendront mes écrits comme du défaitisme mais ce n’est pas le cas et je rêve d’une grande action nationale et brutale si mes, nos espoirs étaient déçus.
L’espoir de voir nos représentants syndicaux écoutés, l’espoir de voir nos revendications communes comprises et acceptées, l’espoir qu’enfin les politiques, économistes à la petite semaine et les journalistes comprennent le travail de nos équipes officinales, tous ces espoirs ne doivent pas être déçus parce que, si cela ne se retrouve pas dans la futur convention, nous vous solliciterons pour une action forte qui marquera pour des années la population française.
Nous ne nous associons pas à l’action du 26 janvier 2017 et encore moins à une « grève des gardes » qui pénalise essentiellement les pharmaciens sans vraiment toucher le public. Espérons que les négociations conventionnelles se passent au mieux et au plus vite. Ne donnons aucun prétexte à la CNAM-TS de retarder les entretiens qui devraient commencer début février et se poursuivre tous les 20 jours jusqu’au mois d’avril 2017. Le « timing » est serré et ne trouvons aucun prétexte pour le dérégler surtout avec une grève « préventive ».
Je comprends la décision de continuer le mouvement engagé par l’USPO, je comprends les confrères excédés qui désirent manifester leur exaspération dans la rue mais je fais totalement confiance à la FSPF, à Philippe GAERTNER et à son pouvoir de négociation.
Philippe LANCE
Président du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône.
