Des pharmaciens inquiets face à l’incertitude

Le conseil d’administration de la FSPF, réuni le 4 novembre dernier, a mis sur la table les préoccupations du terrain face à l’avenir incertain des mesures qui les concernent. Au menu : le PLFSS 2027 et la réforme de la rémunération.

par Mélanie Mazière – LE PHARMACIEN DE FRANCE

Le 06 November 2026

« Personne ne peut dire ce qu’il va advenir dans les prochaines semaines. » Cette phrase, prononcée par le président de la FSPF lors de son Live hebdomadaire, résume à elle seule le sentiment de la profession face à l’instabilité généralisée dans laquelle est plongé le pays et sa perception de l’avancée des dossiers qui la concernent . En l’occurrence, Fabrice Camaioni pointait précisément la destinée du PLFSS, dont les mesures ont fait partie des sujets largement évoqués par le conseil d’administration de la FSPF cette semaine.

PLFSS et PLF, même combat

« Le texte a été rejeté en première lecture à l’Assemblée nationale, il est donc arrivé dans sa version initiale au Sénat et a été examiné par la commission des Affaires sociales qui, d’ailleurs, nous a auditionnés sur les articles touchant directement à l’officine », rappelle-t-il. Mais que va-t-il se passer après son examen dans l’hémicycle, prévu du 9 au 18 novembre, et son potentiel passage en commission mixte paritaire (CMP) dans la foulée ? Un retour à l’Assemblée nationale en deuxième lecture ? Un passage en force par 49.3 malgré le risque d’une motion de censure ? Ou bien le recours à des ordonnances si le Parlement ne parvient pas au vote d’un budget ? Autant de questions qui se posent tant pour le PLFSS que le PLF, ce dernier ayant été unanimement rejeté en première lecture par les députés le 4 novembre dernier au soir.

La taxe groupement sur la sellette

Pour l’heure, la FSPF s’attache à décortiquer l’actualité immédiate des articles du PLFSS qui concernent l’officine. Et ne cache pas son étonnement face à l’amendement déposée par la commission des Affaires sociales du Sénat visant à supprimer la taxe de 15 % sur les revenus perçus par les groupements en provenance des laboratoires. « La commission estime que répondre à un problème par une nouvelle taxe n’est pas forcément pertinent, d’autant que cette taxation se fait sur un montant méconnu puisqu’il y a un manque de transparence sur ces flux financiers, explique Fabrice Camaioni. Elle nous dit donc en substance qu’il faut travailler davantage le sujet, notamment sur la transparence, sans proposer d’autre solution que de créer un statut juridique des groupements. Dont acte. » Reste néanmoins à savoir ce qu’il adviendra de cet article 10 lors de l’examen en plénière.

Adapter les conditionnements aux recommandations

Le président de la FSPF est également revenu sur l’article 28, qui propose d’élargir la dispensation à l’unité à certaines familles d’antibiotiques. « Nous sommes toujours totalement opposés à la DAU, hors situation critique de rupture d’approvisionnement sur des antibiotiques. Nous avons réexpliqué nos arguments, qui sont partagés par la commission des Affaires sociales du Sénat, celle-ci ayant aussi prévu un amendement de suppression sur le sujet. » Elle va même plus loin puisqu’elle propose plutôt de demander aux industriels d’adapter les conditionnements d’antibiotiques aux recommandations. Une bonne nouvelle pour la FSPF, qui milite de longue date pour cette solution.

Dans le dur des négos

Outre le PLFSS, c’est la réforme de la rémunération officinale qui a occupé les esprits lors du conseil d’administration de la FSPF. Les discussions « commencent à peine », indique Fabrice Camaioni. « Il nous faut en priorité obtenir le déclenchement de la clause de revoyure, comme nous l’avons demandé à la Cnam lors des travaux préparatoires. Nous allons bientôt entrer dans le dur des négociations. » L’avenir incertain du PLFSS plane aussi sur le sujet, reconnaît-il. Car sans budget de la santé, quelle réforme pourrait bien être envisagée ?

Un document qui peut vous aider à résoudre les conflits possibles!

La fédération nationale des infirmiers a publié un guide pratique à l’attention des infirmiers intitulé « Acheter, stocker et facturer les vaccins grippe et covid-19 ».

Il peut être intéressant pour l’équipe officinale de le posséder et de le compulser afin de prévenir toute source de conflit avec les infirmiers ignorants des dispositions légales pour acheter, détenir et stocker des vaccins grippe et covid-19.

Le 13:45 de Fabrice Camaioni du 30/10/2026

00:00 – Introduction

00:27 – Sommaire

01:03 – PLFSS 2027 : la FSPF auditionnée par le Sénat

06:06 – Elections URPS : dernier arbitrage du cabinet de la ministre de la Santé

08:17 – Décret relatif à la prise en charge des situations cliniques par les pharmaciens d’officine : peut mieux faire !

12:06 – Question vidéo de Mathieu Guillotin

14:37 – Les questions des internautes

18:57 – Conclusion

Les médecins néphrologues nous alertent sur la rupture d’approvisionnement de BICAFRES® (bicarbonate de sodium)

Dans le contexte de la rupture d’approvisionnement de BICAFRES® (bicarbonate de sodium), plusieurs alertes récentes émanant de médecins néphrologues font état de difficultés rencontrées par des patients pour assurer la continuité de leur traitement.

Certains patients auraient notamment été invités à interrompre leur traitement sans solution de remplacement, tandis que d’autres se seraient vu proposer des alternatives inadaptées à leur situation clinique.

Nous souhaitons rappeler plusieurs éléments essentiels :

1. Un enjeu majeur de sécurité des patients

Le bicarbonate de sodium est notamment utilisé dans la prise en charge de l’acidose métabolique chez les patients atteints d’insuffisance rénale chronique.

Une interruption injustifiée du traitement peut entraîner une aggravation de l’acidose métabolique, avec des conséquences potentiellement graves, pouvant nécessiter une hospitalisation, voire une prise en charge en réanimation ou en dialyse.

Il est donc essentiel de ne pas conseiller l’arrêt du traitement sans concertation avec le médecin prescripteur.

La substitution par du bicarbonate de potassium ne constitue pas une équivalence automatique et peut présenter un risque majeur d’hyperkaliémie, particulièrement chez les patients insuffisants rénaux.

2. Une solution prévue par l’ANSM

Face à cette rupture, l’ANSM a établi une recommandation permettant le recours à des préparations magistrales de bicarbonate de sodium, afin d’assurer la continuité thérapeutique.

Ces préparations permettent de répondre aux besoins des patients lorsque les spécialités industrielles ne sont plus disponibles, dans le respect des conditions définies par l’ANSM.

Les pharmaciens d’officine peuvent ainsi orienter les prescriptions vers les pharmacies disposant d’une activité de préparation magistrale, en coordination avec le prescripteur.

3. Un tarif encadré réglementairement

Il convient également de rappeler que le tarif de ces préparations magistrales a été fixé par arrêté ministériel, dans le cadre du dispositif mis en place pour répondre à cette situation de rupture.

Il ne s’agit donc pas d’une solution improvisée, mais d’une réponse thérapeutique encadrée par les autorités sanitaires.

4. Notre responsabilité collective

Les alertes remontées par les néphrologues soulignent la nécessité de mieux informer les équipes officinales.

Face à une ordonnance de BICAFRES® indisponible : ne pas laisser le patient sans solution, ne pas conseiller l’arrêt du traitement et  organiser la continuité thérapeutique en proposant une PM en accord avec les recommandations de l’ANSM

Le rôle du pharmacien est déterminant pour sécuriser la prise en charge de ces patients souvent fragiles.

Le syndicat des pharmaciens des Bouches-du-Rhône invite l’ensemble des confrères à relayer cette information auprès de leurs équipes officinales.

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