Alors que vient de s’ouvrir le cycle de concertations sur les remises biosimilaires et génériques au ministère de la Santé, de nombreux éléments de contexte, dont l’avis rendu par le comité d’alerte sur le risque de dépassement de l’Ondam, laissaient craindre des discussions âpres, voire tendues. Si nous imaginions bien sortir de cette première réunion l’estomac un peu lourd, c’est avec une indigestion carabinée que nous avons finalement quitté la table… C’est peu dire que le menu que nous ont offert les autorités de santé n’est absolument pas passé ! L’abaissement du plafond des remises sur les génériques de 40 à 20-25 %, ce même taux appliqué aux médicaments hybrides et un plafond de remises sur les biosimilaires fixé à 15 % sont autant de camouflets pour les pharmaciens d’officine qui n’avaient pas besoin de ce coup de couteau dans le dos. Bien qu’il n’ait échappé à personne que le gouvernement de François Bayrou est tout entier tourné vers un objectif, réduire les dépenses publiques, et que nous soyons pleinement conscients de la nécessité collective de redresser les comptes de la nation, nous n’accepterons jamais que soit mis en péril le réseau officinal en attaquant de la sorte, à coups de hache portés à l’aveugle, la rentabilité économique des pharmacies.
« Un nouveau pas
est franchi qui
nous mène tout droit
au conflit ouvert. »
Déjà, la suspension unilatérale des revalorisations d’honoraires prévues au 1er juillet 2025 par les accords conventionnels des médecins, kinésithérapeutes et chirurgiens-dentistes ainsi que la coupe budgétaire brutale de 300 millions d’euros subie par les biologistes témoignaient d’une logique fondée sur le mépris des partenaires conventionnels et du cadre qui garantit les engagements de chacun. Avec cette proposition insultante faite aux pharmaciens d’officine qui, je le rappelle, pourra être entérinée unilatéralement si le gouvernement en décide ainsi, un nouveau pas est franchi. Un pas qui nous mène tout droit au conflit ouvert, car il est hors de question que les professionnels de santé libéraux payent les pots cassés d’une politique qui a laissé filer les dépenses du secteur hospitalier et déraper les indemnités journalières versées en cas d’arrêt de travail. C’est pourquoi nous nous mobiliserons massivement le 1er juillet, date d’entrée en vigueur du nouveau plafonnement des remises génériques que nous avons cependant réussi à geler en attendant une nouvelle concertation et, je l’espère, un retour rapide à la raison du gouvernement qui n’a rien à attendre ni à espérer de positif d’un tel affront.
