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Les Pharmaciens des Préparatoires de France rappellent leur rôle central
Dans le contexte de conflit en Ukraine, une hausse significative des demandes de comprimés d’iode est constatée en officine ces derniers jours. Le ministère des Solidarités et de la Santé partage les éléments d’information suivants pour permettre aux pharmaciens de répondre aux questions de la population.
1- Pourquoi distribuer des comprimés d’iode en cas de rejet d’iode radioactif ?
Outre les actions de mise à l’abri ou d’évacuation, l’ingestion de comprimés d’iode constitue une action complémentaire de protection des populations dans les zones susceptibles d’être impactées par des rejets d’iode radioactif. En effet, l’iode radioactif, s’il est respiré ou ingéré, peut se fixer sur la thyroïde et en augmenter le risque de cancer. Ainsi, la prise d’iode stable permet de saturer la thyroïde et de limiter la fixation d’iode radioactif.
2- La situation actuelle (au 4 mars 2022) nécessite-t-elle que j’aille chercher en pharmacie des comprimés d’iode ou d’en prendre ?
Bien que préoccupante, la dégradation constatée au cours des 24 dernières heures à proximité immédiate des sites nucléaires en Ukraine, n’appelle pas de mesure sur le territoire national. La situation est surveillée avec grande attention par les autorités sanitaires (notamment l’ASN, l’IRSN ainsi que l’AIEA). L’acquisition et la prise d’iode stable en précaution par les français, hors d’une instruction des autorités, n’est pas nécessaire.
3- Quelles sont les modalités de prise des comprimés d’iode ?
L’efficacité maximale de l’absorption d’iode est constatée s’il est ingéré dans les 6 à 12 heures après exposition. La prise d’iode doit se faire uniquement à la demande du préfet de département ou de son représentant.
4- Quels sont les dispositifs prévus pour assurer la distribution de comprimés d’iode à la population générale mis en place en France en cas de survenue d’accident nucléaire ?
En France, le choix a été fait de mettre en place deux dispositifs complémentaires de distribution de comprimés d’iode :
- Une distribution préventive dans le périmètre du plan particulier d’intervention (PPI) autour des centrales nucléaires de production d’électricité, à savoir dans un rayon de 20 km. Cette distribution est réalisée dans le cadre de campagnes nationales mises en place par l’Etat et l’exploitant, et concerne les foyers, les entreprises publiques et privées et les établissements recevant du public (écoles, administrations, etc.).
- En complément, au-delà des PPI, les dispositions spécifiques du plan ORSEC iode, élaborées par les Préfets, permettent une distribution en urgence à l’ensemble de la population, en cas de besoin. Pour cela, l’Etat dispose de stocks qui sont pré-positionnés :
- Dans les départements (y compris outre-mer), chez des grossistes-répartiteurs, selon un maillage territorial permettant de conserver les stocks dans de bonnes conditions et de les mettre à disposition de la population dans des délais très courts ;
- Dans les zones de défense et de sécurité, sur des plateformes permettant de réapprovisionner les départements, si nécessaire.
5- En cas de possible exposition à de l’iode radioactif, comment sera réalisée la distribution des comprimés d’iode à l’ensemble de la population ?
Les mesures prévues dans le cadre du dispositif ORSEC iode seront mises en place : elles organisent en effet la distribution des comprimés à la population à partir des stocks positionnés chez les grossistes répartiteurs. Cette distribution se fera à partir des stocks disposés chez les grossistes répartiteurs, qui sont alertés par Santé Publique France à la demande des autorités nationales ou de l’autorité préfectorale. Ces stocks seront dispatchés au niveau des communes identifiées dans le dispositif, et remis à la population au niveau de points de distribution préalablement identifiés dans le dispositif ORSEC iode.
6- Quels sont les fabricants de comprimés d’iode ?
Aujourd’hui, la Pharmacie Centrale des Armées est le fabricant historique des comprimés d’iode en France. Le laboratoire Serb dispose également d’une AMM depuis le mois de novembre 2021.
7- La France dispose-t-elle d’un stock suffisant de comprimés d’iode ?
Si la situation le nécessitait, les stocks de l’Etat permettraient une distribution de comprimés à l’ensemble de la population.
Point sur la réforme du Brevet Professionnel de Préparateur en Pharmacie
La réforme du BP de préparateur en pharmacie fait beaucoup parler d’elle depuis quelque temps. Les ministères, les universités, les représentants syndicaux et les directeurs de CFA travaillent d’arrache-pied sur ce dossier depuis maintenant plus de deux ans. C’est un dossier trés complexe ou les intérêts et les positions des uns et des autres sont parfois divergents. A ce jour, rien n’est encore tranché définitivement. La décision définitive nécessitera sans doute un arbitrage ministériel qui devrait intervenir, nous l’espérons avant les élections présidentielles, mais nous ne savons même pas encore quel ministère arbitrera. Nous travaillons depuis deux ans avec le ministère de l’enseignement supérieur mais depuis peu, le ministère de la santé veut s’emparer du dossier. Les deux ministères semblent avoir des visions différentes. Vous l’aurez donc compris cette réforme est une usine à gaz et nous marchons sur des sables mouvants.
Le mot « universitarisation » a parfois été mal interprété. Quelle que soit le choix retenu, l’universitarisation n’entrainera pas de fermeture de CFA et la formation se déroulera toujours en alternance. « Universitarisation » signifie qu’un certain nombre d’heures d’enseignements universitaires seront intégrés dans le cursus. Ces heures de cours seront données la plupart du temps au sein des CFA (en présentiel ou en visioconférences) et les études seront sanctionnées par un diplôme universitaire (examen national). Notre profession conservera bien entendu un droit de regard sur la formation.
Les objectifs de la réforme sont d’améliorer le niveau de recrutement, dépoussiérer le référentiel, compléter la formation, et surtout d’augmenter les effectifs d’apprentis grâce à une meilleur visibilité sur « Parcoursup » et une meilleure attractivité du métier associée à de nouvelles possibilités d’évolutions de carrière.
A l’avenir, le BP disparaitra au profit des diplômes universitaires et les préparateurs seront renommés « techniciens en officine ». Le principe d’une formation en trois ans semble maintenant acté mais à l’intérieur de ces trois années deux projets s’opposent encore.
Le premier projet, que nous soutenons avec la FSPF, consiste à mettre en place un cursus avec deux niveaux de formations :
- L1 + L2 remplace le BP et conduit à l’obtention d’un DEUST qui donne le droit d’exercer la profession de technicien en pharmacie (Ce DEUST déjà créé a été mis en place dans plusieurs régions de France à la rentrée 2021). Les années L1 et L2 ont pour vocation d’être un tronc commun avant une spécialisation facultative en L3.
- L3 (facultative) serait une année plus spécifique avec trois spécialisations possibles, officine, hôpital ou industrie. Les CFA ne s’occuperaient que de l’option officine. Cette année de L3 permettrait aux étudiants de la filière officine d’acquérir de nouvelles compétences (vaccinations, participation aux nouvelles missions, matériel médical etc.). Cette licence n’existe pas encore. Le syndicat travaille actuellement sur le référentiel et mène une réflexion pour recenser toutes les valeurs ajoutées que les futurs techniciens en officine pourraient apporter aux pharmacies.
Ce projet aurait l’avantage d’être adaptable à la capacité d’apprentissage de chaque apprenant et aux besoins spécifiques de tous les types d’officine.
Le deuxième projet, qui a le soutien du ministère de la santé, de certains syndicats de salariés (en particulier des hospitaliers) et d’employeurs consisterait à créer une licence (L1 + L2 + L3) pour tous les apprenants, sans passer par un DEUST. Le droit d’exercer la profession interviendrait uniquement en L3 après l’obtention de la licence.
Quel que soit l’option retenue par le ministère, le CFA de la pharmacie de Marseille- Aix- Alpes Provence ouvrira à la rentrée 2022 une nouvelle filière de DEUST et nous espérons être intégrés très rapidement à « parcoursup ».
Les apprentis qui rentreront dans cette filière passeront dans deux ans le DEUST. Ce DEUST leur permettra d’obtenir une équivalence pour le BP (double diplôme) avec le droit d’exercer. Ensuite, Ils pourront poursuivre en licence s’ils le souhaitent.
Le BP, à la rentrée 2022, existera encore sans changement mais les apprentis qui passeront par cette filière ne pourront pas poursuivre en licence.
En 2022 les demandes d’emploi devraient être plus nombreuses et vous aurez donc le choix de recruter soit des futurs BP soit des futurs DEUST en fonction de vos intérêts et de vos besoins.
Et n’oubliez pas que si vous signez vos contrats d’apprentissage avant le 30 juin, vous pourrez encore percevoir les aides à l’apprentissage versés aux employeurs.
Philippe BESSON
Président de l’ Institut de Formation des Métiers de la Pharmacie
Vice-Président du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône
Prise en charge de la contraception pour les femmes âgées de moins de 26 ans
Alors que la contraception était intégralement prise en charge par l’Assurance maladie pour les jeunes filles mineures, l’article 85 de loi de financement de la sécurité sociale pour 2022 et un décret du 23 février 2022 ont étendu aux femmes âgées de 18 à 25 ans (inclus) la prise en charge intégrale par l’Assurance maladie de la contraception. Cette mesure concerne uniquement les contraceptifs remboursables, et non l’ensemble des contraceptifs.
Depuis le 1er janvier dernier, sur présentation d’une prescription médicale, les femmes âgées de moins de 26 ans peuvent bénéficier de la prise en charge intégrale et sans avance de frais des différents contraceptifs remboursables (pilules contraceptives de 1ère ou de 2ème génération, implants sous-cutanés, stérilets, diaphragmes et progestatifs injectables).
- Comment facturer ?
– Renseignez le NIR de l’assurée, ou le NIR anonyme 2 55 55 55 CCC 042 avec la date de naissance de la patiente lorsque la patiente mineure souhaite bénéficier du secret ;
– Renseignez systématiquement le code exonération EXO 3 ;
– Appliquez le tiers payant sur le prix total du contraceptif délivré.
Les règles de facturation relatives aux patientes mineures restent inchangées, notamment lorsqu’elles demandent le secret de cette délivrance. Pour en savoir en plus consultez la fiche mémo de l’Assurance maladie en cliquant ici.
source FSPF
DGS-Urgent n°2022-37 – Campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2022/2023 – Accélération de la campagne de précommande
Mesdames, Messieurs,
La campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2021/2022 s’est achevée le 28 février 2022.
La préparation de la campagne 2022/2023 contre la grippe saisonnière est déjà lancée. Afin que celle-ci se déroule dans les meilleures conditions, notamment pour anticiper toute tension d’approvisionnement, il est d’ores et déjà nécessaire de commander les doses de vaccins contre la grippe saisonnière en quantité suffisante pour couvrir les besoins que vous estimez nécessaires et continuer à améliorer les taux de couverture vaccinale de tous, et en particuliers les publics ciblés par les recommandations.
Le niveau de précommande est, à ce jour, inférieur au niveau de précommande de l’an passé à la même date. Or, le volume de précommande conditionne le volume de production et permet de sécuriser un approvisionnement optimal dès le démarrage de la campagne.
Nous invitons donc toutes les structures et organismes concernés par l’organisation des campagnes de vaccination contre la grippe saisonnière en particulier les pharmacies d’officine, à commander dès maintenant les doses nécessaires, selon les modalités habituelles de commandes, auprès des laboratoires concernés, et à finaliser les commandes avant le 18 mars.
Je vous remercie de votre collaboration pour permettre une bonne anticipation de la prochaine campagne de vaccination contre la grippe saisonnière.
Pr. Jérôme SALOMON
Directeur général de la santé
Les messages « dgs-urgent » sont émis depuis une boîte à lettres DGS-URGENT@diffusion.dgs-urgent.sante.gouv.fr ou dgs-urgent@dgs.mssante.fr.
Pour vérifier qu’ils ont bien été émis par une personne autorisée du ministère de la santé, consultez la liste des messages disponible sur le site Internet du ministère.
Source : DGS / Mission de l’information et de la communication / Sous-direction Veille et sécurité sanitaire (VSS)
