Le 21 mars 2025, le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) a prononcé de lourdes peines de prison à l’encontre de onze personnes reconnues coupables d’un trafic de médicaments. Tous ont été condamnés à des peines allant de un à sept ans de réclusion pour avoir utilisé de fausses ordonnances et des cartes Vitale volées.
Selon les éléments présentés lors de l’audience, ce réseau reposait sur un système bien rodé. Des « collecteurs » commandaient des médicaments à l’aide d’un compte Snapchat, avant de falsifier des ordonnances pour écumer les officines du département, munis de cartes Vitale dérobées à des personnes vulnérables de Bagneux. Les produits récupérés, parmi lesquels du tramadol, des sirops et comprimés à base de codéine, ainsi que plusieurs anticancéreux (Tagrisso, Cabometyx, Lenvima), étaient ensuite remis à des intermédiaires.
Un réseau international
Ces derniers acheminaient les colis vers diverses destinations, notamment la Belgique, considérée comme un point de transit, puis la Turquie, la Syrie et l’Égypte.
L’ampleur exacte de ce trafic n’a pas été entièrement élucidée par les enquêteurs. Le journal « Le Parisien » souligne toutefois l’existence d’une organisation « bien huilée », dont la découverte ne serait que partielle. Un collecteur a admis au tribunal avoir obtenu des boîtes de Tagrisso dans une quinzaine de pharmacies des Hauts-de-Seine. À près de 5 000 euros chacune, ces boîtes constituent une source de profit considérable.
Un des intermédiaires a été intercepté à Charleroi, en Belgique, transportant un sac contenant pour 200 000 euros de médicaments anticancéreux. Les débats ont également révélé un préjudice chiffré à 302 000 euros pour la caisse primaire d’Assurance maladie des Hauts-de-Seine. Les mis en cause ont tenté de minimiser leurs actes, estimant qu’il ne s’agissait pas d’un « trafic de drogue » au sens strict.
Cette position a été réfutée par la présidente du tribunal qui a fermement rappelé que le détournement de médicaments pouvait engendrer des pénuries. Elle a également mis en avant des estimations d’Interpol, selon lesquelles ce type de trafic serait « 10 à 20 fois plus rémunérateur que celui de drogues illégales ». Au vu de la gravité des faits, les peines de prison ferme prononcées témoignent de la volonté de la justice de réprimer sévèrement de telles pratiques.
source Fréquence officines