Alphonse Lavéran (1845 – 1922)

Il est né le 18 juin 1845 à Paris, fils du docteur Louis Théodore Laveran (1812-1879) qui eut également une belle carrière qu’il termina comme directeur de l’Hôpital du Val de Grâce.

Après des études classiques au collège Sainte-Barbe puis au lycée Louis -le-Grand à Paris, Laveran suit les traces paternelles et est admis, en 1863, à l’École de Santé Militaire. Il suit les cours de la faculté de médecine de Strasbourg où il est reçu au concours de l’internat de l’Hôpital Civil en 1866.

Au début de la confrontation franco-prusienne de 1870, Laveran est affecté aux ambulances de l’Est. Il assiste à la capitulation de la ville de Metz, le 27 octobre 1870. En qualité de médecin, il peut quitter la ville pour être affecté à l’hôpital militaire de Lille, où il reste jusqu’à la fin de la guerre.

En 1874, il passe avec succès le concours d’agrégation du Val de Grâce : il est nommé Professeur des Maladies et Épidémies des Armées. En 1878, il est envoyé en Algérie. Pendant ce séjour, il commence à suspecter l’origine parasitaire des anomalies histologiques rencontrées dans le sang des patients impaludés. C’est en novembre 1880, qu’il eut définitivement confirmation de ses hypothèses, en décrivant l’hématozoaire du paludisme.En 1884 dans le Traité des fièvres palustres, il imagina que ce microbe se trouvait à l’état de parasite chez les moustiques et c’est le britannique, sir Ronald Ross qui confirma ses doutes quelques années plus tard.

En 1894, il est nommé Médecin Chef de l’Hôpital militaire de Lille, puis Directeur du Service de Santé du II° corps d’Armée : privé d’un service hospitalier pour poursuivre ses recherches et devant le refus de l’administration de l’affecter à un poste où il aurait pu continuer ses travaux, il demande, en fin d’année 1896, à cinquante ans, sa mise à la retraite, ce qui lui est accordé.

C’est en qualité de bénévole qu’il reprend ses recherches à l’ Institut Pasteur où il est nommé chef de service honoraire ; à partir de 1900, il s’intéresse auxtrypanosomes et publie avec Félix Mesnil, plusieurs études sur la maladie du sommeil; en 1903 Laveran et Mesnil démontrent que le parasite responsable d’une fièvre de l’Inde (le Kala azar) est un protozoaire nouveau, indépendant des trypanosomes et de l’hématozoaire du paludisme.

hématies polyparasitées par Plasmodium falciparum. Microscopie optique, coloration au MGG (May Gründval Giemsa).

Membre de l’Académie Nationale de Médecine, il est élu membre de l’Académie des Sciences en 1901 et ses titres dans les sociétés étrangères ne se comptent plus en tant que membre associé ou membre honoraire ; en 1912, il reçoit la cravate de Commandeur de la Légion d’Honneur.

En 1907, Laveran se voit attribuer le Prix Nobel de physiologie ou médecine « en reconnaissance de son travail sur le rôle joué par le protozoaire dans la cause des maladies ». La moitié de ce prix fut consacré à l’installation du Laboratoire des Maladies Tropicales, où s’effectueront désormais ses recherches. En 1908, il fonde la Société de Pathologie exotique, dont le siège est à l’Institut Pasteur ; nommé président avec F. Mesnil comme secrétaire, son mandat est renouvelé successivement jusqu’en 1920.

Pendant la guerre de 1914 à 1918, Laveran fait partie de diverses commissions ayant pour objet de sauvegarder l’état sanitaire des troupes.

À partir de 1920, année où il préside le Centenaire de l’Académie de Médecine, ses forces déclinent et il décède à Paris, le 18 mai 1922.

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P.L

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Alexis Carrel, un chirurgien exceptionnel co-inventeur de la solution de Dakin..

Alexis Carrel (1873-1944)

Alexis Carrel le 28 juin 1873 à Ste Foy lès Lyon – 5 novembre 1944 à Paris) est un chirurgien et biologiste français.

Pionnier de la chirurgie vasculaire, lauréat du prix Nobel de Médecine en 1912, il est renommé pour son expérience du coeur de poulet battant in vivo pendant un temps très supérieur à la vie d’un poulet.

S’étant fait mondialement connaître par la publication de L’Homme, cet inconnu en 1935, il plaida notamment pour l’eugénisme ainsi que pour une politique nataliste.

Docteur en médecine de la faculté de Lyon, il s’orienta dès l’internat vers la recherche en chirurgie, sur la compatibilité des tissus et les sutures.

Il se fit embaucher comme apprenti auprès d’une brodeuse célèbre de Lyon qui lui apprit à faire des nœuds de plus en plus fins.

Il publia son premier article sur les sutures vasculaires en 1902, et les méthodes développées (comme la triangulation qui est l’anastomose de vaisseaux de calibres différents en plaçant au préalable trois fils d’appui sur la circonférence vasculaire) sont encore en usage à ce jour.

À l’origine agnostique, il devint catholique militant lors d’un séjour à Lourdes en 1903 après avoir assisté à ce qu’il considéra être un miracle. Dans le train qui le conduisait à Lourdes, il fut amené à examiner une jeune fille présentant une tuberculose péritonéale terminale. Puis il constata la disparition des masses abdominales peu après application d’eau de la source

Il décrivit ses observations, ce qui entacha considérablement sa réputation et constitua un barrage à l’accession à une chaire universitaire. Il choisit alors de s’expatrier.

Dès une première présentation de ses travaux à Montréal, il reçut une invitation à l’université de Chicago et y travailla avec Charles Guthrie, écrivant avec lui 21 articles en 22 mois, décrivant les perfectionnement successifs de ses techniques d’anastomoses vasculaires, démontrant pour la première fois qu’une veine pouvait être substituée à une artère, rapportant la première transplantation d’organe expérimentale en 1905. Le soutien financier de l’université s’avérant malgré tout faible, il accepta un poste au sein du Rockefeller Institute for Medical Research.

En 1908, il réalise la première auto-transplantation rénale réalisée sur une chienne, puis reproduit l’exploit avec la plupart des organes (cœur, thyroïde)2. Il fut ainsi un pionnier de la transplantation d’organes. Focalisant ses travaux sur la chirurgie cardiaque, il réalisa en 1910 le premier pontage cardiaque expérimental.

En 1912, il obtint le Prix Nobel de Médecine « en reconnaissance de ses travaux sur la suture vasculaire et la transplantation de cellules sanguines et d’organes », devenant à l’époque à la fois le plus jeune lauréat et le premier scientifique récompensé pour ses travaux hors de son propre pays. Par la suite, il orienta ses travaux sur la culture de tissu.

L’ expérience d’Alexis Carrel qui a beaucoup marqué son époque a été le cœur de poulet qu’il a fait vivre in vitro, dans un liquide nutritif, pendant une durée de plusieurs décennies (âge que n’atteint aucun poulet). Il ouvrait ainsi la voie à deux thèmes de recherches :

  • La conservation d’organes vivants à des fins éventuelles de greffes.
  • La limite exacte de la durée de vie des différents organes.

En ce qui concerne la durée pendant laquelle ce cœur a effectivement battu, les informations divergent, de 28 à 37 ans.

Pendant la « Grande Guerre » (14-18), il revint en France, où, avec le chimiste anglais Henry Drysdale Dakin, il développa la méthode de Carrel-Dakin de traitement des brûlures (notamment la Liqueur de Dakin) qui, avant le développement des antibiotiques, sauva la vie de nombreux blessés de guerre.

De retour aux États-Unis, il continua des travaux précurseurs sur le cœur artificiel, qui lui valurent l’amitié et le soutien de Charles Lindbergh, avec qui il écrivit La Culture des organes en 1938. Ils travaillèrent ensemble à la création de la circulation extra-corporelle.

En juillet 1939, atteint par la limite d’age il rentre en France, 2 mois avant le début de la Deuxième Guerre mondiale.

Ile St-Gildas

En guise de soutien à l’effort de guerre, il développa des techniques de conservation du sang et conçut un hôpital militaire mobile, qui sera utilisé pour la première fois par les Britanniques en Afrique du Nord.

On attribue à Carrel la phrase : « Une cellule bien hydratée, bien nourrie, bien débarrassée de ses déchets se renouvelle perpétuellement », suggérant à long terme une possible immortalité des organismes. Ce thème sera souvent repris par Jean Rostand.

Il fut inhumé dans un petit oratoire sur l’île St-Gildas dans les Côtes d’Armor qui était sa propriété, qu’il avait acheté avec l’argent de son prix Nobel.

En 1979, l’Union astronomique internationale a donné le nom de Carrel à un cratère lunaire, en l’honneur des contributions scientifiques du prix Nobel Alexis Carrel.

Les Pharmaciens du 13

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