SEL – SPFPL Publication du décret d’application tant attendu !

2001-2013 : 12 ans de combat pour l’indépendance du pharmacien d’officine récompensés 

La FSPF se félicite de la publication du décret sur les SEL-SPFPL. 

Enfin ! 

Attendu par de nombreux confrères, le décret relatif aux conditions d’exploitation d’une officine de pharmacie par une SEL et aux SPFPL de pharmaciens d’officine a été publié aujourd’hui au Journal Officiel. Ce texte équilibré constitue une avancée indéniable pour les pharmaciens qui exercent en SEL : il favorise la fluidité de la transmission de leur outil de travail et, ce faisant, l’accession au titulariat, tout en préservant, conformément aux revendications constantes de la FSPF, l’indépendance des associés exerçants. 

Un peu d’histoire 

2001 : la loi dite « MURCEF » crée les SPFPL ou sociétés holding, facilitant ainsi la transmission des parts de SEL. Elle permet également à des associés non exerçants de détenir la majorité du capital social d’une SEL, sans les droits de vote correspondants, par l’intermédiaire d’une SPFPL le cas échéant, et rend possible l’ouverture du capital des SEL à d’autres professionnels de santé. 

2005 : la loi dite « Dutreil II » permet d’interdire, par le biais d’un décret pris profession par profession, l’ouverture du capital à des exploitants non exerçants et de limiter le nombre de participations que peuvent prendre SEL, SPFPL et pharmaciens d’officine, au sein des SEL. 

2009 : la Cour de justice de l’Union européenne confirme que la propriété et l’exploitation d’une pharmacie peuvent être réservées aux seuls pharmaciens d’officine. 

2013 : le décret relatif aux SEL-SPFPL, en gestation depuis 8 ans, modifie de façon significative le régime juridique des SEL de pharmaciens d’officine et fixe les règles de fonctionnement des SPFPL, tout en garantissant l’indépendance des pharmaciens d’officine exerçant en SEL. 

 

Une exigence forte 

L’indépendance du pharmacien d’officine exerçant est une préoccupation constante de la FSPF, préoccupation qu’elle a exprimée tout au long des travaux préparatoires du décret, souvent de façon isolée puis, fort heureusement, rejointe par l’ensemble des organisations représentatives des pharmaciens. Contrainte de s’adapter aux nouvelles attentes des patients, la Pharmacie d’officine est en perpétuelle évolution. L’exercice sous forme de sociétés est devenu la forme d’exploitation majoritaire. Attachée au respect d’un exercice professionnel garant des droits des patients, la FSPF accompagne cette évolution. 

Conformément au décret aujourd’hui publié, les pharmaciens exerçants resteront propriétaires de leur outil de travail, ce qui signifie que les pharmaciens exerçants actuellement minoritaires devront, dans les deux années à venir, accéder à la majorité du capital social des SEL dans lesquelles ils sont associés : il conviendra de les accompagner dans ce changement.

  Décret d’application SEL SPFPL 062013  (cliquez sur le lien à partir de notre site)

 

 

L’AFFAIRE NOVAX SE DENOUE FAVORABLEMENT

La Cour d’appel de Bordeaux, dans plusieurs décisions rendues le 26 mars 2013, donne gain de cause aux pharmaciens dans l’affaire dite NOVAX.

Petit rappel :

De nombreuses officines en France avaient été démarchées par une société dénommée NOVAX dans le but de souscrire à son concept de communication appelé « POP ! PLAYER ». Il s’agissait pour l’officine, au moyen d’écrans vidéo installés dans la pharmacie, de diffuser des scénarios publicitaires mis en ligne par la société NOVAX par le biais d’une base de données qu’elle s’engageait à alimenter régulièrement.

Pour financer cette adhésion, la société NOVAX avait noué des partenariats avec des organismes financiers (SIEMENS LEASE, GE CAPITAL….) qui payaient sa facture totale puis, par biais d’un contrat de location financière, percevait de chaque officine un loyer mensuel sur une durée de 60 mois.

NOVAX faisait toutefois l’objet d’une procédure de liquidation judiciaire prononcée par jugement du Tribunal de commerce de Bordeaux en date du 8 octobre 2008. A compter de cette date, en l’état de la cessation de son activité, la base de données n’était plus mise à jour rendant l’outil de communication inutilisable.

Nonobstant l’arrêt des prestations de services, pourtant incluses dans le loyer forfaitaire, l’établissement financier a exigé que chaque pharmacie continue d’honorer le contrat de location jusqu’à son terme contractuel, voire au delà lorsque le contrat avait été reconduit automatiquement.

Certaines pharmacies, sous l’impulsion du syndicat des pharmaciens des Bouches du Rhône et avec l’aide de leurs compagnies d’assurances RCP, ont décidé de confier leur dossier à un cabinet d’avocats implanté sur Marseille (Maître Gilles MARTHA, Avocat associé chez BBLM & Associés, 3 place Félix Baret 13006 MARSEILLE) afin d’obtenir de l’organisme de financement le remboursement des loyers payés depuis la liquidation judiciaire, soit à compter du 8 octobre 2008.

En première instance, le Tribunal de commerce de Bordeaux, dans plusieurs décisions du 31 mars 2011, avait accueilli favorablement leurs demandes. Les contrats de location avaient été résiliés judiciairement par le Tribunal, rétroactivement à compter de la liquidation judiciaire de NOVAX (8 octobre 2008) et l’organisme de financement condamné à rembourser, avec intérêts, tous les loyers payés depuis cette date. Une indemnité de 1500 euros par plaignant était également mise à la charge de l’organisme de location.

Saisie d’un appel contre ces jugements, la Cour d’appel de Bordeaux vient, dans plusieurs arrêts du 26 mars 2013, de confirmer l’ensemble de ces jugements en y ajoutant une nouvelle indemnité de 3000 euros pour chaque plaignant.

Il s’agit donc d’une excellente décision obtenue dans l’intérêt des pharmaciens.

Ceux qui souhaiteraient profiter de cette jurisprudence peuvent se faire rapidement connaître auprès du syndicat ou directement auprès de l’Avocat ayant traité ce dossier.

 

 

Les Pharmaciens du Sud

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