Rappel: les registres et ordonnanciers obligatoires (à relire pour les Pharmaciens Titulaires et Adjoints)

L’ordonnancier unique pour les listes I, II et stupéfiants

Toute délivrance d’un médicament, autre qu’une préparation, relevant de la réglementation des substances vénéneuses doit être transcrite sur un registre ou enregistrée informatiquement (article R. 5132-9 du Code de la santé publique).

 

  • Contenu
    Chaque transcription ou enregistrement comporte un numéro d’ordre différent et chronologique ainsi que les mentions suivantes :
    – le nom et l’adresse du prescripteur ou de l’auteur de la commande ;
    – le nom et l’adresse du malade, ou le nom et l’adresse du détenteur du ou des animaux, ou la mention « usage professionnel » ;
    – la date de délivrance ;
    – la dénomination ou la formule du médicament ou de la préparation ;
    – les quantités délivrées ;
    – le nom de l’établissement (ou du service de santé) et le nom du prescripteur s’il s’agit d’un médicament à prescription hospitalière ;
    – la spécialité du prescripteur s’il s’agit d’un médicament dont la prescription est réservée à certains médecins spécialistes.

    Si le médicament est soumis à la réglementation des stupéfiants; il est également nécessaire d’indiquer :
    – le nom et l’adresse du porteur de l’ordonnance lorsque celui-ci n’est pas le malade ;
    – les références de la pièce d’identité si le porteur de l’ordonnance est inconnu du pharmacien.

 

  • Forme 
    Ce registre peut exister sous la forme papier classique ou sous une forme informatisée répondant aux conditions suivantes :
    – modification des données impossible après validation de l’enregistrement ;
    – édition immédiate à la demande de toute autorité de contrôle ;
    – nom et adresse de l’officine sur chaque page éditée ;
    – support informatique garantissant la pérennité et l’intégrité des enregistrements ;
    – enregistrement dupliqué sur deux supports distincts : un pour la consultation, un conservé en réserve.

    S’agissant du registre papier, les mentions doivent être transcrites à l’encre, sans blanc, ni surcharge. L’obligation de faire coter et parapher le registre par le maire ou le commissaire de police a été supprimée.

 

  • Personnes habilitées à remplir ce registre
    Les pharmaciens, titulaires, adjoints ou remplaçants, les préparateurs ainsi que les étudiants en pharmacie dès leur inscription en 3ème année.

 

  • Durée de conservation
    10 ans (article R. 5132-10 du Code de la santé publique).
  • Sanction
    3 750 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement

 

Le registre des préparations magistrales et officinales

Toute réalisation ou délivrance d’une préparation magistrale ou officinale doit être immédiatement transcrite sur un livre-registre ou enregistrée informatiquement (article R. 5125-45 du Code de la santé publique).

 

  • Contenu
    Chaque transcription ou enregistrement comporte un numéro d’ordre différent et chronologique ainsi que les mentions suivantes :
    – la date de réalisation ou de délivrance de la préparation ;
    – les nom et adresse du prescripteur pour les préparations magistrales ;
    – les nom et adresse du patient ;
    – dans le cas d’une préparation magistrale vétérinaire : les nom, prénom, adresse du détenteur des animaux, l’identification des animaux (espèce, âge, sexe, numéro d’identification) ;
    – la composition qualitative et quantitative de la préparation magistrale avec indication du numéro de lot de chaque matière première et du nom du fournisseur ;
    – le numéro d’ordre de réalisation de la préparation officinale ;
    – la quantité réalisée ou délivrée avec indication de la masse, du volume et du nombre d’unités de prise pour les formes unitaires ;
    – l’identification de la personne ayant réalisé la préparation.

    En cas d’utilisation de stupéfiants, les sorties doivent être inscrites sur le registre des stupéfiants.

 

  • Forme
    Ce registre peut exister sous la forme papier classique ou sous une forme informatisée répondant aux conditions suivantes :
    – modification des données impossible après validation de l’enregistrement ;
    – édition immédiate à la demande de toute autorité de contrôle ;
    – nom et adresse de l’officine sur chaque page éditée ;
    – support informatique garantissant la pérennité et l’intégrité des enregistrements ;
    – enregistrement dupliqué sur deux supports distincts : un pour la consultation, un conservé en réserve.

    A noter, l’obligation de faire coter et parapher le registre papier par le maire ou le commissaire de police a été supprimée.

 

  • Personnes habilitées à remplir ce registre
    Les pharmaciens, titulaires, adjoints ou remplaçants, les préparateurs ainsi que les étudiants en pharmacie dès leur inscription en 3ème année.

 

  • Durée de conservation
    La nouvelle réglementation ne le précise pas.
  • Sanction 
    Aucune sanction n’est prévue 

 

Le registre spécial des stupéfiants

Ce registre est indispensable pour la comptabilité et la traçabilité des stupéfiants (article R. 5132-36 du Code de la santé publique).

 

  • Contenu
    Toutes les entrées et les sorties de stupéfiants à l’officine sont consignées dans un registre spécial, immédiatement après chaque opération. Une balance des entrées et des sorties est ensuite portée au registre une fois par mois, et l’inventaire du stock est effectué une fois par an.

    Pour les entrées, sont indiquées :
    – pour le vrac : la désignation et la quantité de stupéfiants reçus ;
    – pour les spécialités : leur désignation et les quantités reçues en unité de prise.

    Pour les sorties, sont indiquées :
    – pour les préparations magistrales et officinales : la désignation et la quantité de stupéfiants utilisés ;
    – pour les spécialités pharmaceutiques : leur désignation et les quantités délivrées en unités de prise.

    La balance mensuelle est portée au registre à l’encre, sans blanc, ni surcharge s’il est tenu sous forme papier. En cas de registre informatisé, la balance doit être éditée. 

    L’inventaire annuel se fait par pesées et décomptes. Il est porté au registre à l’encre, sans blanc, ni rature ou surcharge s’il est tenu sous forme papier. En cas de registre informatisé, aucune modification des données ne doit être possible après validation de l’enregistrement. 

 

  • Forme
    Le registre des stupéfiants peut exister sous la forme papier classique ou sous une forme informatisée répondant aux conditions suivantes :
    – modification des données impossible après validation de l’enregistrement ;
    – édition immédiate à la demande de toute autorité de contrôle ;
    – nom et adresse de l’officine sur chaque page éditée ;
    – support informatique garantissant la pérennité et l’intégrité des enregistrements ;
    – enregistrement dupliqué sur deux supports distincts : un pour la consultation, un conservé en réserve.

 

A noter, l’obligation de faire coter et parapher le registre papier par le maire ou le commissaire de police a été supprimée.

 

  • Personnes habilitées à remplir ce registre
    Uniquement le pharmacien titulaire (articles R. 5132-36 et R. 5132-76 du Code de la santé publique).

 

  • Durée de conservation
    Le registre, les enregistrements informatiques et leurs éditions, par période maximale d’un mois, sont conservés 10 ans à compter de leur dernière mention. 
  • Sanction
    3 750 euros d’amende et 2 ans d’emprisonnement 

 

Le registre des médicaments dérivés du sang

Toute délivrance d’un médicament dérivé du sang doit aussitôt être transcrite sur un registre spécial ou enregistrée informatiquement (article R. 5121-186 du Code de la santé publique).

 

  • Contenu
    Doivent figurer :
    – le nom et l’adresse du prescripteur ;
    – la spécialité du prescripteur si le médicament est classé dans la catégorie des médicaments à prescription réservée à certains spécialistes ;
    – le nom de l’établissement de santé si le médicament est classé dans la catégorie des médicaments à prescription hospitalière ;
    – le nom, l’adresse et la date de naissance du patient ;
    – la date de délivrance ;
    – la dénomination ou la formule du médicament ;
    – les quantités délivrées ;
    – les informations figurant sur l’étiquette détachable du conditionnement extérieur (en cas de transcription sur un registre « papier », cette étiquette y est apposée) ;
    – un numéro d’ordre différent pour chaque médicament délivré.

 

  • Forme
    Si vous optez pour un registre papier, celui-ci doit être coté et paraphé par le maire ou par le commissaire de police. Vous pouvez aussi préférer un enregistrement informatique.

 

  • Personnes habilitées à remplir ce registre
    Uniquement les pharmaciens, titulaires ou adjoints (article R. 5121-186 du Code de la santé publique).

 

  • Durée de conservation
    40 ans (article R. 5121-195 du Code de la santé publique).
  • Sanction
    3 750 euros d’amende ainsi qu’une peine complémentaire de fermeture temporaire ou définitive. 

 

Le registre des matières premières

La tenue d’un tel registre est énoncée dans le « Guide des bonnes pratiques de préparation ». 

Tout acte pharmaceutique devant être conforme aux règles de bonnes pratiques, les matières premières seront enregistrées dès leur réception et mises en quarantaine pour contrôle de conformité. Une identification appropriée (étiquette) signale le statut de la matière première : « en attente de contrôle », « acceptée », « refusée ».

 

 

Les enregistrements et les contrôles à réception comportent :
– la dénomination du produit inscrit sur le bon de livraison et sur les récipients ;
– la date de réception ;
– la dénomination du fournisseur et si possible la dénomination du fabricant d’origine ;
– le numéro de lot du fabricant ou du fournisseur ou son numéro de référence ;
– la quantité totale et le nombre de récipients reçus ;
– tout autre commentaire pertinent (par exemple l’état des récipients) ;
– le certificat d’analyse

Recrutement apprentissage: Pensez à vos patients, un futur apprenti doit posséder une élocution convenable. Demandez conseil au CFA qui a une longue expérience.

Démarrage du Recrutement des Candidats à l’Apprentissage au CFA

Le CFA Régional de la Pharmacie Marseille Provence recrute chaque semaine sur la période avril-juillet les candidats à l’apprentissage.

Tous les jeudis, vous pouvez désormais consulter les CV des nouveaux candidats sur le site    http://www.cfapharmacie.fr/emploi/demandes-demploi/

Si vous préférez être contacté directement par les candidats, vous pouvez déposer une offre  http://www.cfapharmacie.fr/emploi/offres-demploi/  

Tous les candidats positionnés par le CFA sont en mesure de vous communiquer les résultats qu’ils ont obtenus aux tests :

Exemple

Note/20
Aptitude verbale

12

Aptitude numérique (conversion unité / proportion / % / résolution de problèmes)

15

Aptitude logique

17

Aptitude à suivre des consignes

14

N’hésitez pas à interroger le CFA au 04.91.84.00.00 ou secretariat@cfapharmacie.fr pour obtenir des informations plus précises sur les jeunes que vous avez présélectionnés.

Important :

Le jeune de moins de 26 ans qui remplit les conditions de diplôme (BAC, Equivalence, BEP CSS) peut signer le contrat d’apprentissage dès le 1er juin.

Les dates de rentrée en formation BP1 sont fixées au :

– lundi 3 septembre pour les cours du lundi (13-16h40) et mardi (8-11h40 et 13-16h40)

– jeudi 6 septembre pour les cours du jeudi (8-11h40 et 13-16h40) et vendredi (8-11h40

Centres de Planification et d’Education Familiale (CPEF)

Contraceptions des ados

Ils assurent des consultations de contraception, des actions individuelles et collectives de prévention portant sur la sexualité et l’éducation familiale, des entretiens préalables à l’interruption volontaire de grossesse et des entretiens relatifs à la régulation des naissances dans les suites d’une interruption volontaire de grossesse. Ils organisent en outre des séances de préparation à la vie de couple et à la fonction parentale, et des entretiens de conseil conjugal. Les centres de planification ou d’éducation familiale délivrent à titre gratuit des médicaments ou objets contraceptifs aux mineurs désirant garder le secret ainsi qu’aux personnes ne bénéficiant pas de prestations maladie, assurées par un régime légal ou réglementaire.

ATTENTION: Les centres de planification familiale sont ouverts au public, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h.

RAPPEL de la législation pharmaceutique pour la contraception d’urgence délivrée aux mineurs:

Lors d’un entretien préalable à la délivrance, le pharmacien doit s’assurer que la situation de la mineure correspond aux critères d’urgence et aux conditions d’utilisation de cette contraception.

Durant cet entretien, le pharmacien doit donner une information sur l’accès à une contraception régulière, sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles, sur l’intérêt d’un suivi médical ; il donne aussi les coordonnées du centre de planification ou d’éducation familiale le plus proche. 

La gratuité de la délivrance du Norlevo® est soumise à la minorité de la personne ; la simple déclaration orale de la minorité faite par l’intéressée suffit. 

Lorsque la délivrance à une mineure a été faite, le pharmacien adresse à la caisse d’assurance maladie dont il dépend une facture électronique ne comportant pas l’identification de l’assuré et du bénéficiaire.

http://www.cespharm.fr/fr/Prevention-sante/Catalogue/(offset)/8/(theme)/93

Marseille

Marseille 2e 
La Joliette
63, av Robert Schuman
Tél. : 04 13 31 69 44

Marseille 3e 
Boues
34, Bd de Bouès
Tél. : 04 13 31 65 40

Marseille 8e
St Adrien
12, rue Saint Adrien
Tél. : 04 13 31 56 01

Marseille 13e 
Le Nautile
29, av Frais Vallon
Tél. : 04 13 31 57 45

Marseille 14e 
Les Flamants
18 avenue Alexandre Ansaldi
Tél. : 04 13 31 61 14

Département

Aix-en-Provence 
Rue Calmette et Guérin – ZUP Encagnane
Tél. : 04 13 31 84 13

Arles – Crau 
25, rue du Docteur Fanton
Consulter le plan
Tél. : 04 90 93 00 95

Arles – Barriol
Cité Barriol, Place Maurice Thorez
Tél. : 04 90 93 46 28

Aubagne
10 Allée Antide Boyer
Tél. : 04 42 36 95 40

Chateaurenard
Durance-Alpilles
Immeuble « Les Halles »
3 cours Carnot
Tél. : 04 90 94 00 26

Gardanne
173, boulevard Pont de Péton
Tél. : 04 13 31 77 00

Istres
Les Heures Claires
CEC les Heures Claires BP 70
Tél. : 04 42 56 07 59

Marignane
Rue du Stade
Tél. : 04 13 31 78 12

Martigues
Traverse Charles Marville
Quartier Jonquières
Tél. : 04 13 31 80 51

Miramas
1, place des Balladins
ZAC La Rousse
Tél. : 04 90 58 23 60

Port-de-Bouc 
Rue de la République
Tél. : 04 42 06 57 83

Port Saint Louis du Rhône 
1, Esplanade de la Paix
Tél. : 04 42 48 40 74

Saint Martin de Crau 
Rue de la Laure
Centre social « Les Oliviers »
04 90 47 35 52 / 04 90 47 40 57

Saint Rémy de Provence
11, avenue Taillandier
Tél. : 04 90 92 22 92

Salon-de-Provence
Immeuble Marc Sangnier
92, bd Frédéric Mistral
Tél. : 04 13 31 66 40

Tarascon
Bd Desplaces
Tél. : 04 90 91 25 97

Vitrolles
Quartier des Plantiers
ZAC des Pins
Tél. : 04 13 31 58 29

Les centres de planification familiale sont ouverts au public, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h.

Un pharmacien acteur: Louis JOUVET (1887-1951)

Je ne sais pas si nos jeunes confrères connaissent cet immense acteur de théâtre et de cinéma. Mais, dans le cas contraire, je les engage à regarder sur Youtube ® des extraits de film qui ont rythmé la vie des Français dans les années 1930-1940.

Philippe LANCE

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Louis Jouvet est né à Crozon, dans le Finistère, le 24 décembre 1887, dans une famille profondément catholique. Son père, briviste, est conducteur de travaux publics, sa mère Eugénie est ardennaise. A l’âge de 2 ans, le petit Louis est confié à sa grand-mère Marie. Il va vivre en Ardennes, à Belleville sur Bar, jusqu’en 1894.

 

A l’école, Louis est un enfant calme, réservé. Il travaille, il rêve. En 1901, la tragédie frappe la famille Jouvet. Louis Jouvet père est écrasé sous un rocher alors qu’il supervisait le creusement d’un tunnel. Eugénie amène sa famille vivre avec elle chez son frère qui est pharmacien à Rethel. Bientôt, Louis devra choisir une profession, et toute sa famille entend bien qu’il deviendra lui aussi pharmacien, comme son oncle. En attendant, il poursuit ses études au Collège Notre-Dame, où le chanoine Morigny, passionné de théâtre, anime avec intransigeance la troupe du collège. Louis bientôt néglige ses études tellement il est préoccupé par cette nouvelle passion, et il voudrait bien en faire sa carrière. Mais sa famille s’y oppose farouchement. Pour qu’on lui fiche la paix, il se pliera à leur désir, tout en ayant la ferme intention de consacrer tous ses temps libres à son amour pour le théâtre. Il ne fait que deux ans de stage : chez son oncle Séjournet à Rethel, du 25 juillet 1905 au 13 septembre 1906, chez Grès à Noisy-Le-Sec, du 14 septembre 1906 au 15 avril 1907* ; enfin, chez Rousseau à Levallois, du 18 avril 1907 à juillet 1907. Il avait obtenu une dispense d’un an par décision ministérielle du 13 juin 1907.

 

Son temps est partagé entre les stages en pharmacie et le théâtre amateur au sein du Groupe d’Action d’art. Jouvet participe à des représentations théâtrales, des récitals de poésie, mais prend aussi le temps de suivre les cours de l’Ecole nationale des Arts décoratifs. Reçu à l’examen de stage avec mention très bien, le 8 juillet 1907, il passe facilement ses trois examens de fin d’année (mention assez bien les deux premières années, mention passable en troisième année). Ajourné à son examen définitif le 21 Mars 1911 (il était déjà très pris par le théâtre), il est reçu à cet examen, avec mention passable, le 27 mai. Il passe normalement son deuxième définitif le 7 mai 1912 (mention assez bien) mais échoue le 20 juin 1912 à la première partie du 3°. Il ne sera reçu à cet examen que le 1° avril 1913, avec mention assez bien. Il passe la deuxième partie le 12 avril 1913 et est reçu pharmacien de 1° classe (mention assez bien). En 1912, il s’est marié avec Else Collin. Le fait que Jouvet soit pharmacien lui permettra, dans l’été 1914, de remplacer pendant quelques semaines son cousin Séjournet, avant de partir lui-même comme infirmier pour les armées.

 

Le reste de sa carrière sera bien sûr consacré au théâtre, mais il n’oubliera jamais sa formation initiale. Plusieurs personnes pourront témoigner de son attachement à cette profession qui va l’inspirer pour Knock !

Louis Jouvet est mort le jeudi 16 août 1951, à 20h 30.

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Lettre écrite par Jouvet le 26 avril 1906, probablement à Mr Grès (Noisy-le-sec)

(NDLR: admirez le style d’un homme de 19 ans)

 

« Monsieur,

 

Je m’empresse de répondre à votre lettre comme vous me le demandez, pour vous remercier tout d’abord d’avoir eu à mon égard un souvenir aussi fidèle et pour vous informer que je suis aussi satisfait que possible des conditions que vous m’avez exposées.
Je vous demanderai cependant un certain délai pour répondre, car je n’ai pas encore fait part de votre lettre à mon oncle. D’ici une huitaine de jours, vous serez fixé sur ma décision qui, je crois, n’aura rien que d’affirmatif : mais c’est surtout à propos de la date de mon départ que je tiens à vous donner plus de précision, car mon oncle a encore besoin de moi pendant quelques semaines.
Vous me demandez, Monsieur, mes capacités professionnelles ? Je vous dirai que je suis un bon élève de première année et que j’exécute beaucoup d’ordonnances seul. Je ne serai pas à même, il est vrai, de préparer l’électuaire thériacal ou le sirop antiscorbutique d’après le Codex ; mais pour ce qui est des manipulations courantes, je me sens apte à ne pas me montrer novice d’une manière générale.
Quant à mon physique, malgré mes dix-huit ans et demi, je crois qu’il peut répondre à toutes les exigences du métier, aussi bien par le sérieux que par la faculté que me donnent mes 1,84 m d’aller chercher les bocaux dan,s les sphères supérieures de l’officine.
Croyez bien, Monsieur, que si je change d’officine ce n’est pas dans un but pécuniaire, étant élève stagiaire rémunéré ; j’établis encore une profonde distinction entre ce dernier et un employé salarié d’une maison industrielle quelconque. Car je conçois d’autres rapports entre un patron et son employé que ceux qui existent entre un maître et son élève. J’ai tenu surtout à me rapprocher de Paris où j’ai de la famille, ce qui, je trouve, est très favorable aux étudiants, tant à ceux qui veulent travailler, et je me place dans ceux-là, qu’à ceux qui veulent se laisser vivre agréablement.
Je me permettrai maintenant d’aborder une autre question plus délicate mais qui n’en n’est pas moins importante. Vous ne m’en avez pas parlé, c’est que cette question vous paraissait trop claire et trop évidente pour être l’effet d’une solution.
J’ai été élevé chrétiennement ; aussi, pratiquant mes devoirs religieux, j’espère entrant chez vous pouvoir les remplir aussi fidèlement que je les ai remplis jusqu’ici.
Je vais terminer cette lettre déjà longue dont vous excuserez le style à la fois décousu et filandreux, n’en attribuant la cause qu’à une clientèle aussi exigeante que nombreuse.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les plus sympathiques en même temps que les plus respectueux »

 

Louis Jouvet 


Les Pharmaciens du Sud

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