Un début d’année 2020 très insatisfaisant

En janvier 2020, l’activité du réseau enregistre une légère baisse. Cette évolution s’explique par une décroissance du marché des médicaments remboursables et non remboursables. Si pour ces dernières spécialités, elle résulte d’un transfert des achats vers d’autres produits hors monopole pharmaceutique, cette évolution sur le champ du remboursable provient d’une faible pathologie hivernale.

L’effet structure est toujours présent, comme le souligne le GERS : en janvier, le chiffre d’affaires industriel a augmenté de 1,9 %, alors que parallèlement les achats diminuaient de 3,8 %. Les chiffres en provenance d’IQVIA confirment également ce maintien, puisque les croissances en valeur des unités et du chiffre d’affaires prix public des médicaments avec un PFHT supérieur à 1 500 € restent non négligeables.

Depuis le 1er janvier 2020, les honoraires pour la dispensation de médicaments spécifiques (HDE) et liés à l’âge des assurés (HDA) ont été portés respectivement à 3,50 euros HT (contre 2 euros HT en 2019) et 1,55 euros HT (contre 0,50 euros HT en 2019).

En dépit de cette revalorisation, la rémunération sur le porté au remboursement diminue de plus de 5 millions d’euros. Il est important de remarquer qu’elle aurait été juste à l’équilibre, avec la hausse de l’honoraire HC à 1 euro. Sa diminution de 50 centimes à 30 centimes actée par l’avenant n°19, premier avenant à acter une baisse d’honoraires, est donc bien préjudiciable à l’économie du réseau.

Mais cette baisse est en réalité plus forte, car sur les 456,42 millions d’euros enregistrés sur janvier 2020 :

  • 11,3 millions d’euros résultent de l’extension de la liste des spécialités dites spécifiques obtenue par la FSPF ;
  • 7,5 millions d’euros proviennent de l’effet structure.

Sans ces effets imprévus par les deux signataires de l’avenant n°11, la mise en œuvre de ce dernier aurait généré une perte de 23,81 millions d’euros et non de 5 millions d’euros. Cela confirme à nouveau que l’investissement des pouvoirs publics dans le réseau officinal est insuffisant, malgré la revalorisation des honoraires. Il est donc faux et dangereux de parler d’une quelconque surperformance de cet avenant.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président

COVID-19 Point d’information

Coronavirus

Point d’information

Délivrance de Rivotril© hors AMM

Depuis le 29 mars, les médecins peuvent prescrire la spécialité Rivotril© sous forme injectable aux patients atteints ou susceptibles d’être atteints du coronavirus. 

Accessible à tout médecin dans sa forme injectable (à la différence de la forme orale), la prescription de Rivotril© a, dans ce cas, pour objectif la prise en charge palliative des patients confrontés à un état asphyxique et ne pouvant être admis en réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise. 

Cette prescription intervenant en dehors de l’AMM du Rivotril© (traitement de l’épilepsie), l’ordonnance doit impérativement comporter la mention « Prescription hors AMM dans le cadre du covid-19 »

Vous pouvez dès à présent et jusqu’au 15 avril prochain délivrer la spécialité Rivotril© aux patients se présentant à l’officine munis d’une ordonnance comportant cette mention. 

A titre doublement dérogatoire, le Rivotril© sera pris en charge par l’assurance maladie : 

  • en dépit du caractère hors AMM de la prescription
  • et à 100 % par l’assurance maladie (au lieu de 65 % dans les indications habituelles). 

La FSPF a interrogé l’assurance maladie pour connaître les modalités de facturation de ce produit pour lequel la participation de l’assuré est supprimée. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la réponse de l’assurance maladie. 

Pour davantage d’informations, consultez le décret n° 2020-360 en cliquant ici.

Distribution de masques pour les prestataires et services d’aide et de soins à domicile

Dans un DGS urgent diffusé le 27 mars dernier, le ministère de la santé a annoncé la mise en place de circuits de distribution différents pour les prestataires de services et distributeurs de matériel et les services d’aide et de soins à domicile, qui ne peuvent donc plus retirer de masques en officine. 

Un certain nombre d’entre vous ont été interrogés au comptoir par ces professionnels sur ces circuits de distribution. Les circuits mis en place sont les suivants : 

  • Pour les prestataires : les syndicats de prestataires ont mis en place et financé leur propre circuit. Vous pouvez ainsi recommander aux prestataires qui vous interrogeraient de se rapprocher de ces syndicats (par exemple l’UNPDM) pour davantage de renseignements sur les modalités de distribution des masques.
  • Pour les services d’aide et de soins à domicile : l’approvisionnement en masques, coordonné par l’ARS, se fait auprès des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Pour davantage d’informations sur l’organisation de la distribution pour ces services, vous pouvez consulter le DGS urgent spécifique diffusé par le ministère de la santé. 

LE CONFINEMENT FAIT CHUTER L’ACTIVITE OFFICINALE

Le décompte des télétransmissions des factures émises par les officines vers l’assurance maladie qui vient d’être communiqué par RESOPHARMA, organisme concentrateur technique, fait apparaître un « avant » et un « après » confinement de l’activité des pharmacies.

Au cours de la troisième semaine du mois de mars, le volume des télétransmissions effectuées par les pharmacies (France entière) a augmenté de près de 2 millions par rapport à la même semaine de février. Cette hausse s’explique par l’entrée en vigueur du confinement de la population à compter du 17 mars à midi. 

En effet, les chiffres montrent une augmentation exceptionnelle des télétransmissions les 16, 17 et 18 mars. 

Depuis ce court pic d’activité, la situation a bien changé. En effet, malgré les différentes mesures renforçant le rôle des officinaux, notamment dans le renouvellement des ordonnances, le volume de factures télétransmises a chuté de près de 20 % (France entière) la semaine dernière. Cette situation devrait se poursuivre en avril, le confinement étant appelé à se prolonger.

Dans ce contexte particulier, de nombreuses officines ont d’ores et déjà revu à la baisse leurs amplitudes d’ouverture. Et doivent aujourd’hui mettre une partie de leurs salariés au chômage partiel.

Les petites officines de proximité, dont l’activité est particulièrement dépendante du nombre d’ordonnances, seront les premières à être touchées. Même si ces officines ont la possibilité de demander des reports de crédit et de cotisation, ces mesures ne seront pas suffisantes. Il faut dès à présent prévoir des aides plus spécifiques pour elles. Il en va de la pérennité du réseau officinal et de l’accès aux médicaments en tout point du territoire.

Compte tenu de l’engagement des pharmaciens d’officine et de leurs équipes qui assurent des tâches supplémentaires pendant la crise sanitaire (distribution des masques, portage à domicile, traitement des ordonnances en provenance des PUI…), la FSPF a demandé à l’assurance maladie la création d’une « aide COVID-19 » qui contribuera à amortir les effets de la baisse d’activité prévisible en avril alors que les officines seront tenues de rester ouvertes et de maintenir le paiement des salaires de leurs personnels.

Aucune pharmacie d’officine ne doit être pénalisée, aucun salarié ne doit être lésé. Toutes les aides promises par l’État devront être accordées.

La FSPF se battra pour que les engagements du Gouvernement ne soient pas que des effets d’annonce.

Confraternellement, 

Philippe BESSET 

Président de la FSPF

COVID-19 : Quel vécu de la crise dans les pharmacies françaises? Premiers résultats d’une enquête nationale

Réseau CHU – vendredi 27 mars 2020.169 vu(s)


L’enquête de Pharmed’Insight a été réalisée du 12 au 17 mars 2020 auprès de 100 pharmaciens d’officine

Pharmed’Insight, expert des enquêtes en officines, livre les résultats d’une première étude menée auprès des titulaires d’officines sur la période du 12 au 17 mars 2020, auprès de 100 pharmaciens. Une deuxième étude est en cours pour continuer à faire entendre la voix des pharmaciens, au plus près du terrain suite aux dispositions mises en place depuis. Premiers enseignements…

«En moyenne, une officine française accueille 150 patients par jour. Aujourd’hui, les officines accueillent avec le même personnel 2 fois plus de patients inquiets, relève Antoine Laurent, CEO de Pharmed’Insight. Nous partageons ces résultats pour participer à faire entendre la voix des pharmaciens.»

Les pharmaciens sont actuellement parmi les professionnels de santé  en première ligne, disponibles pour tous dans le cadre de la crise sanitaire. Cette enquête recueille leur ressenti, leurs points de vue et leurs suggestions pour mieux faire face.

Un matériel de protection très largement manquant

Comme une très large part des professionnels de santé, les officines se montrent particulièrement mobilisées, et ce malgré des mesures jugées insuffisantes face à la crise, malgré l’inquiétude du personnel face aux risques de contamination, et malgré un matériel de protection très largement manquant. 97% ont subi la pénurie de masques mais ils restent 87% à servir au comptoir.

78% des pharmaciens craignent une possible pénurie de médicaments

78% des pharmaciens font également part de leur inquiétude quant à une possible pénurie de certains médicaments à moyen terme, notamment ceux fabriqués hors d’Europe.

Depuis leurs officines, les pharmaciens observent, pour 48% d’entre eux, le non-respect du confinement et des consignes d’hygiène de la part des clients & patients.

Manque de collaboration avec les médecins de ville

L’étude met en lumière un manque de collaboration entre médecine de ville et pharmacies, et un accompagnement des groupements à dynamiser, mais a contrario un bon accompagnement des syndicats et de l’Ordre, utile dans le quotidien des pharmaciens.

Manque de reconnaissance du Gouvernement et absence de mesures spécifiques

Enfin, les pharmaciens pointent un manque de reconnaissance de la part du gouvernement des pharmaciens et préparateurs comme profession de santé et déplorent l’absence de mesures et recommandations spécifiques pour les officines.

Betty Mamane

Pour en savoir plus : découvrez l’intégralité de l’enquête

source https://www.reseau-chu.org/article/covid-19-quel-vecu-de-la-crise-dans-les-pharmacies-francaises-premiers-resultats-dune-enquet/?fbclid=IwAR1PwWd4muFszeJdcAXVQzbM9A1ltaT0OW57K2FrF-4hgjqS4tmegVw8Oes

Les Pharmaciens du 13

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