Les enquêtes sur l’officine se succèdent… et c’est souvent n’importe quoi !

 

Il y a des sujets qui font vendre des magazines, celui de la pharmacie d’officine en est sans aucun doute un, si l’on en croit la succession des enquêtes anonymes et des caméras cachées.

La FSPF, premier syndicat des pharmaciens d’officine, s’insurge contre le traitement à charge dont les pharmaciens sont la cible récurrente. L’enquête menée par l’UFC-Que Choisir (n°568 d’avril 2018) avait pour but de tester « les conseils pratiques donnés à propos de médicaments en vente libre : le Doliprane et l’Actifed rhume ».

Si cette enquête révèle que 86 % des professionnels en pharmacie ont spontanément mis en garde les « enquêteurs » sur la dangerosité d’associer ces deux médicaments contenant du paracétamol, le magazine préfère se concentrer sur les 14 % qui n’ont pas fait correctement leur travail. Si cette absence de conseil est inacceptable de la part d’un professionnel de santé, il est tout aussi inacceptable de jeter l’opprobre sur l’ensemble d’une profession alors même que la très grande majorité d’entre elle a fait preuve de professionnalisme.

Contrairement aux affirmations de l’UFC-Que Choisir, la FSPF rappelle que la posologie du paracétamol n’est pas « au maximum de 3 g par jour (24h) avec un délai de 6 à 8 heures entre deux prises ». La simple consultation du résumé des caractéristiques du produit (RCP) auprès de l’ANSM* confirme que la posologie unitaire usuelle du paracétamol « est de un comprimé à 1000 mg par prise, à renouveler au bout de 6 à 8 heures. En cas de besoin, la prise peut être répétée au bout de 4 heures minimum. Il n’est généralement pas nécessaire de dépasser 3 g de paracétamol par jour, soit 3 comprimés par jour. Cependant, en cas de douleurs plus intenses, la posologie maximale peut être augmentée jusqu’à 4 g par jour, soit 4 comprimés par jour. Toujours respecter un intervalle de 4 heures entre les prises ».

Un travail journalistique de qualité aurait permis d’éviter les conclusions erronées imposant l’avis d’un médecin pour augmenter la posologie à 4 g par jour dans certaine situation. Ces approximations discréditent les résultats de cette enquête. 

L’UFC-Que Choisir conclut son article par plusieurs préconisations, notamment « l’élargissement de la distribution des médicaments sans ordonnance aux parapharmacies et à des espaces dédiés dans les grandes surfaces, sous la surveillance d’un pharmacien diplômé. Cette mesure permettrait (…) jusqu’à 250 millions d’euros d’économies pour les consommateurs (…). »

La FSPF rappelle à UFC-Que Choisir que plusieurs exemples européens contredisent cette préconisation. Une étude autrichienne publiée en décembre 2017 analyse l’impact économique de la dérégulation de l’OTC dans les pays où la vente de ces médicaments a été libéralisée. Il s’avère que, contrairement aux affirmations d’UFC-Que Choisir, s’agissant :

  • du prix des médicaments: aucune réduction de prix de manière durable n’a été observée à la suite des mesures de déréglementation ;
  • de la concurrence : la libéralisation du marché a conduit à la constitution d’un oligopole et a fait disparaître les plus « faibles » ;
  • de la désertification pharmaceutique : le nombre de points de vente a uniquement augmenté dans les zones urbaines ;
  • de la sécurité des patients: peu regardants sur la qualification de leur personnel, les points de vente laissent à désirer en matière de conseil, de contrôle de l’observance, d’informations sur la iatrogénie et autres interactions médicamenteuses.

A propos spécifiquement du paracétamol, la Suède a suspendu en 2015 sa vente en grandes surfaces après avoir constaté une augmentation de 40 % en quatre ans des cas d’intoxications liés à une trop grande consommation de ce médicament.

Etre professionnel de santé, ça se mérite !

Malgré ces campagnes de déstabilisation récurrentes, les 22 000 officines françaises et leurs 120 000 salariés continueront à se mobiliser 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 afin d’assurer un acte pharmaceutique de qualité au plus près des patients. 

 

Confraternellement,

Philippe GAERTNER

Président de la FSPF 

 

* Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé

 ROSP génériques pour 2018 signée à – 25 millions

Les mauvaises nouvelles

pour l’économie de l’officine se succèdent.

L’avenant sur la ROSP génériques pour 2018 signé ce jour par l’Uspo et la CNAM :

  • entraîne une baisse d’au moins 25 millions d’euros par rapport à 2017 (à condition d’atteindre les taux de substitutions fixés) ;
  • et supprime le bonus garanti pour les meilleurs substitueurs

Cette signature conduit à une perte sèche de 18 % (1 100 €) en moyenne pour chaque officine.

 

La FSPF a décidé de ne pas signer cet avenant en raison :

  • de l’augmentation significative du taux de substitution qui le rend difficilement atteignable (de 86 % à 90 % avec un réalisé à 87,5 % pour 2017 ) ;
  • de cette perte de 25 millions d’euros à laquelle viennent s’ajouter plus de 100 millions d’euros ponctionnés sur la rémunération officinale (170 millions de baisses de prix – 70 millions apportés par l’avenant n°11).

A périmètre constant des ventes, la perte moyenne par officine s’élèvera pour 2018 à plus de 5 500 €.

 

L’ouverture d’une négociation avec l’Etat est essentielle

pour l’avenir du réseau officinal.

 PRÉCURSEURS D’EXPLOSIFS : Quelles sont nos obligations ?

Certaines substances et certains mélanges, dits « précurseurs d’explosifs », peuvent être utilisés de manière détournée pour la fabrication illicite d’explosifs. Leur commercialisation a donc été limitée et encadrée par un règlement européen de 2013, lui-même précisé par le code de la défense et un décret du 29 août 2017. 

En France, les transactions relatives à la vente, auprès des consommateurs, de trois substances considérées comme précurseurs d’explosifs, doivent désormais faire l’objet d’un enregistrement, par le distributeur, sur le registre des précurseurs d’explosifs. 

Très peu de produits commercialisés en officine sont concernés par ces nouvelles obligations. En effet : 

– seules les ventes de peroxyde d’hydrogène (eau oxygénée) à une concentration supérieure à 12 % p/p doivent être mentionnées sur le registre des précurseurs d’explosifs ;

– sont principalement vendus en officine les flacons d’eau oxygénée de 10, 20 ou 30 volumes, dont la concentration est inférieure à 12 % p/p ; ces transactions n’ont donc pas à figurer sur le registre des précurseurs d’explosifs ;

 

En pratique, la tenue d’un registre des précurseurs d’explosifs n’est obligatoire, en officine, que dans le cas exceptionnel de vente à un consommateur d’un flacon de 110 volumes d’eau oxygénée. Si vous ne vendez pas de flacons de 110 volumes au sein de votre officine, il n’est pas nécessaire de tenir un registre. 

Le pharmacien d’officine doit par ailleurs déclarer toute transaction suspecte de précurseurs d’explosifs, comme l’acétone ou l’eau oxygénée auprès du PIXAF (01.78.47.34.29, pixaf@gendarmerie.gouv.fr).

Philippe GAERTNER

Président

__________________________________________

Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France

13, rue Ballu 75009 Paris

Tél. 01 44 53 19 25 – Fax 01 44 53 21 75 – www.fspf.fr


Félicia Ferrera et le Pr Stéphane Honoré à l’honneur!

Dans le 4e rapport adressé au Président de la République, l’Institut national du cancer, responsable du pilotage du Plan cancer 2014-2019 pour le compte des ministres chargés de la santé et de la recherche, a présenté avec ses partenaires la progression globale et l’avancement des 208 actions.

Voici l’extrait du 4ème rapport concernant « Pharm’observance » instauré en PACA par   le Dr Félicia Ferrera, notre secrétaire générale et titulaire de la Pharmacie de la Pounche à Allauch et le Pr Stéphane Honoré de la Faculté de Pharmacie de Marseille et Président de la SFPC. (cliquez sur l’image pour l’agrandir).

 

Le rapport adressé à Emmanuel MACRON, Président de la République Française:

Quatrieme_rapport_president_republique_plan_cancer_2014_2019_mel_20180206

 

ACTUALITES SOCIALES DE LA PHARMACIE D’OFFICINE source FSPF

Réalisme et fermeté de la part de la FSPF

Chère Consœur, Cher Confrère,

Plusieurs réunions de travail ont eu lieu ces dernières semaines entre les syndicats de salariés et les syndicats patronaux de la pharmacie d’officine. Retour sur les principaux sujets abordés.

1/ Indemnités de licenciement 

La FSPF s’est opposée aux demandes d’augmentation importantes des indemnités de licenciement exprimées par les organisations syndicales de salariés.

L’USPO a formulé une contre-proposition conduisant toutefois à une augmentation des indemnités de licenciement et à un alourdissement des charges pour les entreprises concernées.

La FSPF a rappelé que la convention collective de la pharmacie d’officine prévoit des indemnités supérieures au code du travail et que les ordonnances MACRON ont revalorisé les indemnités de licenciement pour les cinq premières années d’activité, tout en réduisant l’ancienneté nécessaire pour en bénéficier.

Dans ce contexte et compte tenu des perspectives économiques négatives que ne compensera pas l’avenant n°11 à la convention nationale pharmaceutique, la FSPF a opposé une fin de non-recevoir aux demandes des salariés comme aux propositions de l’USPO, afin de ne pas faire supporter de charges supplémentaires par les pharmacies d’officine.

 

2/ Prévoyance et frais de soins de santé 

La FSPF est attachée à ce que les salariés bénéficient des meilleures garanties possibles. Une reformulation des garanties « frais de soins de santé » va intervenir afin d’harmoniser certaines garanties entre cadres et non cadres.

 

3/ Actualisation de la convention collective  

Dans le cadre du chantier relatif à l’actualisation de la convention collective de la pharmacie d’officine, la FSPF a exprimé des réserves sur la demande d’augmentation du plafond de la prime d’ancienneté de 15 % à 18 % ainsi que sur la prise en compte, dans sa totalité, du congé parental dans le calcul de l’ancienneté.

Elle a en revanche réservé une écoute attentive à la demande des salariés d’étendre aux pharmaciens adjoints la prime actuellement versée aux préparateurs en pharmacie titulaires du CQP de dermo-cosmétique pharmaceutique.

 

4/ Collecte FNDP 

Les partenaires sociaux ont signé aujourd’hui la convention pour la collecte, à titre exclusif, par l’APGIS de l’aide au paritarisme (FNDP). Pour rappel, le FNDP permet depuis 1997 de faire fonctionner les diverses instances paritaires (comme la commission paritaire nationale) grâce à une contribution patronale, versée par toutes les pharmacies. Désormais, l’APGIS collectera cette contribution.

 

Les discussions se poursuivent et nous ne manquerons pas de revenir vers vous pour vous informer des suites données à ces dossiers.

 

Bien confraternellement.

 

                                                                                                                           Philippe DENRY

                                                                                             Président de la commission Relations sociales

                et Formation professionnelle FSPF

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