Pharmacie et syndicalisme: Le grand Barnum*.

Qui croire?

A 24 heures d’intervalle, vous avez pu lire le communiqué de la FSPF (que nous avons retranscris il y a quelques heures dans notre newsletter) qui est très critique sur l’économie de l’officine pour les premiers mois de 2018 suite à l’avenant 11 de la Convention CNAM-USPO  et, depuis quelques heures, nous avons reçu le communiqué de l’USPO qui est un véritable panégyrique de la convention CNAM autant sur le volet « nouvelles missions » que sur le volet économique.

Ce serait presque risible si ce n’était pas inquiétant. Comment accorder un minimum de crédibilité au syndicalisme national quand nous voyons des propos et des raisonnements aussi opposés?

Qui ment? Qui nous embrouille? Qui représente le Phineas Taylor Barnum* de la profession? Gilles Bonnefond? Philippe Gaertner?

En vérité, je vous l’assure, à la FSPF, rue Ballu à Paris, le syndicalisme national ne se résume pas à une simple propagande à coup de communiqués.

Ces deux dernières années, j’ai pu voir le travail immense que fournissent Philippe Gaertner, les membres du bureau national FSPF, les présidents des commissions FSPF et les nombreux permanents de notre Fédération. Lors de mon mandat d’administrateur FSPF, j’ai pu me rendre compte de l’ambiance professionnelle et du travail d’équipe qui donnent une vraie crédibilité aux propos de Philippe Gaertner. Ce mandat FSPF que j’ai essayé de porter pour notre département, je le transmets à Valérie de Lécluse (élue à l’unanimité par la FEDMED pour me remplacer) car je pense qu’il faut savoir s’arrêter et il faut savoir déléguer. 

Bon courage Valérie pour cette nouvelle responsabilité.

Philippe LANCE

Président

 


Phineas Taylor Barnum* (né le  à Bethel dans le Connecticut et mort le  à Bridgeport également dans le Connecticut) était un entrepreneur de spectacles américain. Grâce à son sens des affaires, les freak shows et le cirque Barnum fondé en 1871, furent rapidement une entreprise prospère et célèbre.
Il fut également auteur, éditeur, philanthrope, et pendant un certain temps politicien, mais se définit principalement comme le « prince des charlatans » (ou « prince des mystificateurs ») profitant de la crédulité et du voyeurisme des gens, d’où la phrase célèbre qui lui est attribuée « There’s a sucker born every minute » (« Il y a un naïf qui vient au monde à chaque minute »), mais qui est apparemment apocryphe.

 

Rémunération de l’officine Le réseau subit une nouvelle perte de 11 millions d’euros en mai.

Les chiffres portant sur le suivi de la rémunération du mois de mai 2018 ont été récemment publiés par IQVIA.

Le réseau officinal enregistre une nouvelle perte de rémunération, entre mai 2017 et mai 2018, de près de 11 millions d’euros, confirmant ainsi la tendance qui se manifeste depuis le début de l’année 2018, malgré un chiffre d’affaires quasi stable.

L’impact cumulé des baisses de prix entrées en vigueur depuis janvier 2018 et l’investissement insuffisant de la part de l’Assurance maladie dans le cadre de l’avenant n° 11 conduit à un manque à gagner pour le réseau de 42,8 millions d’euros sur les 5 premiers mois. Pour rappel, la FSPF avait refusé de signer cet avenant conventionnel, estimant que les dispositions généreraient un manque à gagner d’environ 100 millions d’euros pour le réseau sur l’ensemble de l’année.

C’est l’ensemble de la réforme prévue par l’avenant n° 11 qui est fondamentalement remis en cause. Sur les 5 premiers mois de 2018, tous les indicateurs sur lesquels reposeront les évolutions du mode de rémunération sont en baisse par rapport à 2017 :

  • diminution du nombre total d’ordonnances de 3,14 %, alors que ce volume doit servir d’assiette pour un nouvel honoraire ;
  • diminution du nombre d’ordonnance de plus de 5 lignes de 2,77 % , alors que le montant de l’honoraire HC doit être revalorisé ;
  • baisse du nombre d’unités de 1,69 % et déremboursement de certaines spécialités inscrites sur la liste des médicaments spécifiques retenus pour la facturation du nouvel honoraire relatif aux dispensations particulières (médicaments contre la maladie d’Alzheimer).

Au final, les hypothèses utilisées par l’Assurance maladie au moment des négociations conventionnelles, pour réaliser ses prévisions, ne correspondent déjà plus à la réalité observée.

La FSPF demande une réouverture des négociations avec l’Etat dans les plus brefs délais, afin de tenir compte de l’évolution de la situation.

Cordialement,

Philippe GAERTNER

Président de la FSPF 

Précarité des soins: PFIDASS, la Plate-Forme d’Intervention Départementale pour l’Accès aux Soins et à la Santé se généralise sur tout le département

Après une expérimentation sur le 3ème arrondissement de Marseille en 2016 et une généralisation sur toute la ville en 2017, la PFIDASS se déploie au niveau départemental.

33% des assurés sociaux seraient en situation de renoncement aux soins dans le département. C’est le constat que fait l’ODENORE (Observatoire des non recours aux droits et services). Ce diagnostic laisse à penser que près de 265.000 bénéficiaires de l’Assurance maladie des Bouches-du-Rhône renoncent à un ou plusieurs soins. Pour cela, elle a créé un dispositif basé sur 3 axes majeurs :

  • La détection des personnes en renoncement
  • Leur accompagnement socio-sanitaire
  • Leur accompagnement financier

…et ce, pour leur permettre d’accéder à leurs soins initialement renoncés, mais aussi, les autonomiser dans leur parcours sanitaire.

Pour que ce dispositif réussisse à atteindre son objectif, il est indispensable que le plus grand nombre d’acteurs internes et externes s’agrègent à ce projet.

Les professionnels de santé sont donc concernés par la détection du renoncement aux soins.

Depuis, le 1er avril 2018, la PFIDASS s’est déployée sur tout le département des Bouches-du-Rhône. Aujourd’hui, tout praticien peut questionner son patient et détecter chez lui un renoncement aux soins quel qu’en soit le motif (reste à charge élevé, absence de complémentaire santé, droits de base au régime générale non mis à jour…). Après avoir recueilli le consentement du patient, il suffit de compléter la fiche de signalement que vous pouvez télécharger à l’adresse suivante :  http://cpcam13.fr/Pdf/PFIDASS%20D%C3%A9pliant%20PS.pdf et la renvoyer à la PFIDASS par mail, par courrier ou par téléphone.

Quelles sont les informations à recueillir ?

  • Le numéro d’immatriculation de l’assuré(e)
  • Le nom et le prénom du bénéficiaire des soins
  • Le numéro de téléphone du patient
  • Les actes auxquels le patient est en passe de renoncer
  • Le motif du renoncement aux soins

Une fois les informations réceptionnées, le Service Précarité de la CPCAM des Bouches-du-Rhône, en charge de la PFIDASS, prendra directement contact avec le patient détecté afin de mettre en place un accompagnement jusqu’à la réalisation des soins (ouverture de droits, étude de devis médicaux, aide au choix d’une complémentaire santé, orientation vers le professionnel de santé le plus adapté …..).

A ce jour, c’est plus de 2 340 dossiers qui ont été remontés à la PFIDASS et plus de  1 300 dossiers qui ont été clôturés avec un accompagnement réussi.

Les coordonnées de la PFIDASS :

Email : 944.pfidass.13.cpam-marseille@assurance-maladie.fr

Téléphone : 0 811 910 009 (Service 0,06€/min + prix appel)

Adresse : PFIDASS CPAM 13, 13421 Marseille cedex 20

 Lettre ouverte au Premier ministre

Pharmacie d’officine : le décret « conseils et prestations » doit répondre aux nouveaux besoins des patients et des territoires 

Le décret permettant aux pharmacies d’officine de proposer des « conseils et prestations destinés à favoriser l’amélioration ou le maintien de l’état de santé des personnes » doit être moderne, ambitieux et non un texte a minima.

Dans sa décision rendue en décembre 2017, le Conseil d’État a été clair : les conseils et prestations pourront être proposés en dehors du cadre conventionnel. 

En phase avec la politique gouvernementale actuelle, ce décret permettrait à la profession de répondre aux attentes des patients, dans un contexte de vieillissement de la population, d’accroissement des pathologies chroniques, de renforcement de l’ambulatoire et de développement des outils numériques de santé.

La profession est prête pour répondre à ces défis de transformation du système de santé et à apporter sa contribution à la nouvelle organisation des territoires.

Accompagnement des patients pour leur maintien à domicile, lutte contre la perte d’autonomie, dispensation à domicile, préparation des doses à administrer, adaptation du domicile, renforcement des politiques de prévention et de dépistage, déploiement de la télémédecine, évaluation en vie réelle des produits de santé… Autant de conseils et prestations que la pharmacie d’officine doit être en mesure de proposer rapidement aux patients. Rien ne doit manquer ! 

Il serait incompréhensible, après dix ans d’attente, que ce décret ne soit pas adapté à l’évolution du système de santé.

L’ensemble de la profession appelle le Gouvernement à faire confiance à la pharmacie d’officine et à son professionnalisme. 

L’évolution de notre profession s’inscrit dans la préparation de la stratégie de transformation du système de santé. Maintenir la solidarité et l’accès aux médicaments pour tous, sans avance de frais, en toute sécurité sur l’ensemble des territoires sont des attentes fortes de la population. 

Cela n’est possible qu’en s’appuyant sur des valeurs fondamentales qui organisent notre profession : assurer le bon usage du médicament, qu’il soit avec ou sans prescription, en pharmacie d’officine, assurer la présence pharmaceutique sur l’ensemble du territoire et assurer l’indépendance de la profession face aux groupes financiers. 


Téléchargez le courrier:

2018.07.03-lettre_ouverte_1er_ministrevfinale

RGPD, à savoir:

Les renseignements, notamment contenus dans les fiches de paie ou les entretiens annuels, entrent également dans le champ de la RGPD.

Si vous envoyez vos fiches de paie par mail, vous êtes dans l’obligation de supprimer ce document par la suite surtout, si plusieurs personnes peuvent avoir accès à la boite mail (ne serait-ce que parce que la session ne se ferme pas régulièrement ou que le mot de passe n’est pas suffisamment sécurisé).

Il faut également penser à sécuriser l’archivage.

P.L

Les Pharmaciens du 13

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