[DGS-URGENT] 2020-51 : Evolution de la doctrine de distribution de masques issus du stock Etat

Mesdames, Messieurs,

Depuis le début de l’épidémie de Covid19, l’Etat a organisé la distribution gratuite de masques via les pharmacies d’officine pour approvisionner :

–          les professionnels de santé libéraux lorsque des tensions mondiales d’approvisionnement ont été rencontrées,

–          les personnes malades, contact ou à très haut risque médical, sur prescription médicale ou sur indication de l’Assurance Maladie.

1/ FIN DU DISPOSITIF :

Les tensions mondiales d’approvisionnement ont considérablement diminué, les délais de livraison et les prix d’achat sont revenus à des niveaux proches de la situation antérieure à la crise.

Aussi, une distribution gratuite de masques à partir du stock de l’Etat n’est plus justifiée et la doctrine de distribution évolue comme suit:

a/ concernant les professionnels de santé du secteur libéral

Chaque professionnel de santé du secteur ambulatoire a été informé dès le 31 juillet par DGS Urgent, qu’il lui incombait à partir du 5 octobre, de se doter de manière autonome d’un stock de sécurité de masques chirurgicaux et FFP2 et autres EPI (gants, blouses, charlottes, tabliers, lunettes).

Ce stock de sécurité est nécessaire à la prise en charge de patients Covid et correspond à 3 semaines de consommation en temps de crise épidémique.

Cependant, conscient des conséquences que la bascule pourrait avoir sur l’approvisionnement des professionnels de santé libéraux, le ministère adapte la fin de la distribution des masques en officine, et autorise, à titre transitoire, la distribution par les officines aux professionnels de santé libéraux de masques chirurgicaux et FFP2 issus du stock Etat, jusqu’à épuisement du stock restant au sein des pharmacies et des grossistes répartiteurs, conformément à l’article 2 de l’arrêté du 3 octobre 2020.

b/ concernant les autres bénéficiaires de la distribution gratuite de masques chirurgicaux depuis les pharmacies d’officines

Les personnes malades de la Covid-19, les personnes contact ou à très haut risque médical sur prescription médicale ou sur indication de l’Assurance Maladie pourront toujours continuer de s’approvisionner gratuitement via les officines.

Les masques ainsi distribués feront l’objet d’un remboursement par l’Assurance Maladie aux pharmaciens dans les conditions prévues par l’arrêté du 10 juillet 2020.

Ce dispositif est élargi aux accueillants familiaux et aux salariés de particuliers employeurs intervenant auprès de personnes âgées ou de personnes en situation de handicap pour les actes essentiels de la vie. Ils pourront s’approvisionner via les officines. Une communication ad hoc sera réalisée à leur attention.

2/ MISE EN ŒUVRE D’UNE NOUVELLE DISTRIBUTION QUI NECESSITERAIT UNE MOBILISATION DU STOCK ETAT

En cas de crise ou de forte tension d’approvisionnement, une nouvelle distribution de masques à partir du stock Etat pourra avoir lieu, au bénéfice des professionnels de santé et des autres bénéficiaires (personnes malades, cas contact ou à haut risque médical auxquelles des masques sont prescrits, accueillants familiaux et salariés de particuliers employeurs) par le canal des pharmacies d’officine.

En cas de tension d’approvisionnement sur un autre équipement que les masques, disponible dans le stock COVID national, la mise en œuvre d’une distribution gratuite pourra être envisagée par le biais des pharmacies d’officine.

Nous vous remercions de votre attention.

        Katia Julienne                              Pr. Jérôme Salomon                                   

 Directrice générale de l’offre de soins   Directeur Général de la Santé                  

Editorial

Chers collègues,


Je désire exprimer quelques réflexions suite au décret qui vient de paraître et dont je vous demande de lire « les considérants » dans cet extrait.

Considérant que la mobilisation de l’ensemble des ressources médicales dans les établissements de santé demeure nécessaire pour faire face aux conséquences de l’épidémie de covid-19 ; qu’il y a lieu, en conséquence, de permettre la prolongation des praticiens relevant de l’arrêté du 3 août 2010 susvisé dans les établissements de santé ;
Considérant que l’optimisation de la stratégie des tests impose de faciliter la réalisation du test virologique ; qu’il y a lieu, en conséquence, d’autoriser les professionnels de santé déjà habilités à réaliser les prélèvements nasopharyngé et salivaire à pratiquer le prélèvement oropharyngé et de prévoir la facturation correspondante ;
Considérant que les examens par RT PCR ne sont plus les seuls examens présentant une fiabilité suffisante pour la détection du SARS-CoV-2 ; qu’il y a lieu, en conséquence, d’étendre le champ d’application des dispositions relatives à ces examens ;
Considérant que, pour faire face à la crise sanitaire, il est nécessaire de permettre la réalisation de la phase analytique des examens de détection du SARS-CoV-2 en dehors du laboratoire de biologie médicale, dans le respect des conditions de fiabilité, de sécurité et de qualité propres à ces examens ; qu’il y a lieu, en conséquence, de permettre au représentant de l’Etat dans le département de délivrer des autorisations à cette fin sur proposition du directeur général de l’agence régionale de santé ;
Considérant, dans certaines zones, le risque de disponibilité insuffisante de professionnels de santé habilités à réaliser l’examen de détection du SARS-CoV-2 inscrit à la nomenclature des actes de biologie médicale pour faire face à la crise sanitaire ; qu’il y a lieu, en conséquence, d’autoriser les chirurgiens-dentistes, les sages-femmes, les pharmaciens, les préparateurs en pharmacie, les manipulateurs d’électroradiologie médicale, les auxiliaires de puériculture, les ambulanciers ainsi que les secouristes d’une association agréée de sécurité civile, titulaires de l’unité d’enseignement « premier secours en équipe de niveau 1 », à réaliser le prélèvement d’échantillon biologique pour cet examen ;
Considérant que l’évolution de l’épidémie nécessite d’amplifier la capacité de test sur le territoire national, notamment pour certaines populations particulières ;
Considérant qu’il est nécessaire de prolonger les missions temporaires de la plateforme des données de santé dans l’attente de l’entrée en vigueur des dispositions prises en application de l’article 41 de la loi du 24 juillet 2019 susvisée qui interviendra après le 30 octobre 2020,

Evidemment il y aura les pharmacies qui feront les tests et celles ( comme la mienne) qui ne s’y engageront pas. Il y aura aussi les chirurgiens-dentistes , les médecins , les IDE …. qui les feront et ceux qui ne les feront pas, car cela relève du VOLONTARIAT .

Nous sommes professionnels de santé ET chefs d’entreprise et nous restons libres de faire ou ne pas faire la vaccination , les BPM (bilans partagés de médication), les entretiens pharmaceutiques, la campagne anti tabac … et les tests antigéniques !!
Le Pouvoir nous demande de distribuer les tests gratuitement aux médecins et infirmiers qui le désirent pour un honoraire à 8€HT sachant que le test s’achète entre 4 et 5€HT et ceci entièrement pris en charge par la sécu, ce qui fait une « marge de 3 boites de Doliprane® » par test .

Question : Aurons nous la demande si nous les achetons? Je suis incapable de vous répondre mais je vais acheter une boite de 50 tests qui me coûtera 250 euros ( bien moins cher que ma dernière commande NUXE) et qui me permettra de répondre à une demande facile à satisfaire de la part de mes amis médecins et infirmiers du quartier.


Pourquoi les syndicats ont engagé la profession dans cette démarche ? Parce que le Ministère de la Santé le demande et que nous aurions vociféré en voyant les autres professionnels de santé impliqués et pas nous. Fait d’importance, pour la première fois, nos préparateurs sont associés à la démarche.


Le prix d’environ 30 euros est-il suffisant pour réaliser le test ( il n’est pas encore fixé à l’heure ou j’écris) ? Peut être pas mais il a été fixé de la même façon pour les autres professionnels de santé et c’est l’Etat qui décide contrairement à ce que laissent penser certains propos polémiques d’un syndicat pharmaceutique à l’approche des élections URPS.


Les grossistes répartiteurs , les groupements se mobilisent pour aider la plus petite pharmacie à répondre à l’appel de l’Etat sur la large distribution des tests. L’Etat n’a pas demandé à la GMS-Hypermarchés mais à nous ! c’est comme cela qu’il faut prendre le message de Philippe Besset, Président de la FSPF! Nous sommes chefs d’entreprise, professionnels de santé et libres de nos décisions mais nous devons répondre à un engagement de Santé Public face à une épidémie qui tue des concitoyens et ruine notre économie . 


Donc mobilisons nous pour lutter contre ce fléau au service de la population, en fonction des capacités de chacun, en fonction de l’endroit où nous exerçons, de la demande de la population … en se servant des honoraires que négocient nos syndicats . 


En espérant avoir répondu à vos multiples questions, 

Dr Valérie Ollier de Lécluse

Présidente du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône (affilié FSPF)

Si vous voulez réagir à l’éditorial, n’hésitez pas à nous contacter via fspf.sud@gmail.com

Nous vous répondrons.

P.L

Pénurie de vaccins

Les doses supplémentaires ne suffiront pas

Vous avez été très nombreux à signaler à la FSPF être déjà en rupture de vaccins contre la grippe saisonnière, en raison de la forte demande de la population et du fractionnement des commandes souvent imposé par les laboratoires. 

La FSPF a alerté le ministère de la Santé sur la situation, afin que des mesures soient prises dans les plus brefs délais. Le ministère nous a annoncé que : 

  • Les laboratoires se sont engagés à livrer toutes les commandes déjà passées de vaccins entre les semaines 44 et 48. 
  • Un stock Etat de 1 à 2 millions de doses supplémentaires va être constitué et devrait être distribué en priorité aux officines, via les grossistes-répartiteurs, à compter de la semaine 47. Les modalités de répartition restent à définir afin de répondre au mieux aux besoins des territoires sans laisser d’officines de côté. 

Y aura-t-il des vaccins pour les patients hors cible vaccinale ? 

Dans une lettre adressée aux professionnels de santé, le ministre de la Santé vous a demandé de réserver la vaccination aux personnes ciblées par les recommandations vaccinales jusqu’à la fin du mois de novembre. 

Nombre d’entre vous se sont déjà engagés à délivrer les vaccins, qui vont bientôt vous être livrés, à vos patients. Il est donc probable que vous n’ayez plus de vaccins au mois de décembre. 

Face à la pénurie certaine de vaccins qui s’annonce, les pharmaciens seront une nouvelle fois en première ligne face à la colère des patients. Dénonçant cette situation inacceptable, la FSPF a demandé à nouveau au ministère de la Santé de prendre ses responsabilités et d’informer la population hors cible et les professionnels de santé prescripteurs qu’il n’y aura pas de vaccination antigrippale cette année en dehors des personnes fragiles.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président de la FSPF

Avenant 21: Rappel de ce qui va arriver!


L’Union nationale des caisses d’assurance maladie, l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) ont signé le 29 juillet l’avenant 21 à la convention nationale pharmaceutique.


Ce texte précise, d’une part, les nouvelles modalités de mise en oeuvre de la rémunération des accompagnements pharmaceutiques pour les patients sous traitements chroniques, et d’autre part, la mise en place d’un nouvel accompagnement pharmaceutique pour les patients sous traitement anticancéreux oraux.
Cet avenant renforce l’exercice coordonné pluri-professionnel en revalorisant la rémunération liée à cet exercice et en conditionnant le versement de la Rosp « qualité de service » à la participation des pharmaciens à un exercice coordonné afin de favoriser la coordination entre les professionnels de santé.

De nouvelles modalités de rémunération des accompagnements pharmaceutiques


La convention nationale pharmaceutique de 2012 a mis en place l’accompagnement par les pharmaciens des patients sous traitements chroniques sur un certain nombre de thématiques : les patients sous AVK, les patients asthmatiques sous corticoïdes inhalés, les patients sous AOD, et les patients âgés polymédiqués, grâce au bilan partagé de médication. Ces accompagnements s’inscrivaient jusqu’alors dans le cadre des rémunérations sur objectifs de santé publique (Rosp).
A la suite de la promulgation de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2020, ces accompagnements pharmaceutiques sont désormais payés à l’acte. L’avenant 21 précise ces nouvelles modalités de facturation, applicables pour les accompagnements réalisés depuis 2019.

Un nouvel accompagnement pour les patients sous traitements anticancéreux oraux


Le développement des traitements par voie orale pour les patients souffrant d’un cancer présente de nombreux avantages, notamment en termes de qualité de vie des patients en réduisant certains effets indésirables. Cependant, le développement de ces formes orales a fait apparaître de nouveaux enjeux comme la question de la bonne observance ou la surveillance des effets indésirables, qui ont rendu nécessaire un accompagnement ciblé et une coordination renforcée entre les différents professionnels de santé intervenants dans la prise en charge de ces patients.


L’accompagnement par le pharmacien des patients sous traitement anticancéreux oraux comprend plusieurs étapes :
 L’analyse de tous les médicaments pris par le patient pour évaluer tout risque d’interaction médicamenteuse ;

 Un entretien initial portant sur le recueil des informations générales relatives au patient, ses connaissances sur son traitement ainsi que les conditions de prise et le schéma thérapeutique ;
 Deux entretiens thématiques portant sur la vie quotidienne, les effets indésirables et l’appréciation de l’observance du patient.


Deux niveaux de rémunérations sont fixés, en fonction du profil des patients :
 Pour les patients sous hormonothérapie ou traitements au long cours : 60 € la 1ère année et 20 € les années suivantes ;
 Pour les patients sous autres traitements anticancéreux : 80 € la 1ère année et 30 € les années suivantes.

Une incitation des pharmaciens à l’exercice coordonné


Comme pour les médecins et les infirmiers, l’accord fait également évoluer la rémunération du pharmacien de manière à valoriser sa participation dans la prise en charge coordonnée des patients et permettre ainsi une meilleure réponse aux besoins de soins sur le territoire.


La rémunération versée au pharmacien qui participe à une forme de coordination pluri professionnelle est significativement revalorisée passant de 420 € en 2020 à 820 € en 2022. Elle est versée sous la forme d’une rémunération sur objectifs de santé publique.


ATTENTION: A partir de 2022, cette participation du pharmacien à une forme de coordination pluri professionnelle deviendra un prérequis pour le versement des rémunérations sur objectifs de santé publique « qualité de service » qui rémunèrent les pharmaciens notamment pour la télétransmission des feuilles de soins, la dématérialisation des pièces jointes, l’actualisation de la carte Vitale, etc.

Les Pharmaciens du Sud

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