Sertraline : des préparations magistrales enfin autorisées mais à un tarif inacceptable !

En réponse aux ruptures d’approvisionnement impactant depuis plusieurs mois les médicaments à base de sertraline, les autorités sanitaires ont décidé de mettre en place un dispositif temporaire visant à prévenir toute interruption de traitement. Conformément à la recommandation de remplacement formulée par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM)en cas d’indisponibilité d’une spécialité à base de sertraline vous êtes désormais autorisés à la remplacer par une préparation magistrale de sertraline.  

La FSPF n’a cessé d’alerter sur les difficultés d’approvisionnement en sertraline qui persistent depuis plusieurs mois sans qu’aucune réponse n’ait été apportée dans des délais raisonnables. S’agissant de la rémunération, une fois de plus, nous déplorons la fixation de tarifs extrêmement bas. Comme d’habitude, ces montants ont été arrêtés unilatéralement par le ministère de la Santé, sans aucune concertation préalable avec les représentants de la profession. Aux côtés des représentants des préparatoires, nous  demandons au ministère de la Santé une réévaluation de la rémunération fixée en contrepartie de notre prestation.

Vous trouverez ci-après les modalités de remplacement et de facturation des préparations magistrales de sertraline.

1)  Modalités de mise en œuvre

La recommandation de remplacement de l’ANSM prévoit qu’en cas d’indisponibilité de la spécialité de sertraline initialement prescrite, vous avez la possibilité à titre exceptionnel et temporaire, de délivrer une préparation magistrale de sertraline 25 mg et/ou 50 mg en remplacement du médicament indisponible.

Ce remplacement peut être effectué sans que le patient ne vous présente une nouvelle ordonnance et sous réserve que la préparation magistrale délivrée permette d’administrer la posologie prescrite.

Le remplacement de la spécialité prescrite par une préparation magistrale doit respecter la dose totale journalière prescrite et les modalités de prise déterminées selon le tableau d’équivalence suivant :

Afin de faciliter la mise en œuvre de ce dispositif, l’ANSM mettra prochainement à votre disposition une monographie.

2)  Modalités de dispensation des préparations magistrales

Lors de la première dispensation d’une préparation magistrale de sertraline pour un patient, vous devez obligatoirement informer le prescripteur de ce remplacement par tous moyens appropriés.

Lors de la délivrance de ces préparations magistrales, vous êtes tenus de :

  • Informer le patient du remplacement effectué et lui expliquer de manière claire les modalités de prise de la préparation magistrale.
  • Conseiller au patient de consulter son médecin en cas de survenue d’effets indésirables ou de symptômes jugés inhabituels, ou encore si le patient constate que le traitement n’agit pas comme d’habitude.
  • Inscrire sur l’ordonnance la mention suivante : « Préparation magistrale n° (numéro d’ordonnancier) à base de sertraline en remplacement de la spécialité à base de sertraline prescrite, selon la recommandation de l’ANSM », ainsi que la posologie correspondante.
  • Remettre au patient les fiches d’utilisation, disponibles sur le site de l’ANSM.

3)  Tarification et facturation

Un arrêté publié au Journal officiel du 14 mai 2025 fixe les tarifs de ces préparations, tarifs applicables à compter du 15 mai.

Les préparations magistrales à base de sertraline seront facturées à l’Assurance maladie au moyen d’un code acte « PMR » et seront remboursées à hauteur de 65 %.

Le prix de vente au public de ces préparations magistrales est fixé dans les conditions suivantes :

Lors de la dispensation, il convient de veiller à dispenser le conditionnement de la préparation le plus économique compatible avec la délivrance pour un mois.

L’étrange histoire du « curry breton » qui n’est vendu qu’en pharmacie

Du curry en Bretagne, quelle drôle d’idée. Pourtant, au pays du beurre salé et de la galette-saucisse, le Kari Gosse est un produit aussi emblématique localement qu’il est méconnu dans le reste de la Gaule. Mais reprenons du début. Lorient (L’orient, vous voyez l’idée ?) est un port créé en 1666, lorsque la Compagnie des Indes orientales obtient de Louis XIV des terrains pour y établir ses installations. On y débarque donc quantité d’épices rapportées des « Indes ». En toute logique, c’est là que va naître le curry breton.

En effet, le curry (mais également « cari » ou « kari » selon les orthographes) n’est rien d’autre qu’un assemblage d’épices. « Contrairement à ce que beaucoup de gens imaginent, le curry ne pousse pas sur un arbre* comme le poivre par exemple. Le terme désigne en fait un mélange d’épices », détaille Samir Ouriaghli, sourceur d’épices françaises et créateur de la marque Ankhor.

« Dans la même idée, on peut citer le raz-el-hanout ou le colombo antillais. Pour être plus précis, le mot ‘curry’ est en réalité un terme générique qui désigne, en Inde, un type de plats en sauce mais qui, par facilité de langage, a été intégré dans le vocabulaire commun comme une dénomination des associations d’épices qui interviennent dans leur composition. Le véritable nom de ces différents mélanges étant plutôt le massala et ses différentes déclinaisons. »

Le Kari Gosse n’échappe donc pas à la règle, puisqu’il mélange des éléments tels que la cannelle, le curcuma ou encore le gingembre. Cependant, difficile d’en connaître la composition exacte, puisque à l’image du Coca-Cola, sa recette est brevetée et donc pleine de mystère. « La légende veut que la recette ait été transmise à Edmond Gosse, un pharmacien lorientais, à la fin du XIXe siècle par un naufragé indien qu’il aurait sauvé un jour où il était en mer en train de pêcher », nous raconte Xavier Pouezat, aujourd’hui producteur du mélange à la robe corail.

Transmise à la suite des différentes reventes de la pharmacie de M. Gosse, la composition du curry breton est donc aujourd’hui entre les mains de la famille Pouezat, qui continue à l’assembler dans le village d’Auray. « À la base, la production se faisait à Lorient, mais en janvier 1943, une bombe est tombée sur la ville et a détruit notre pharmacie, ma famille est donc partie s’installer un peu partout dans la région, notamment à Auray, où nous avons repris la production avant de déménager il y a deux ans à Vannes. »

Produit ultralocal, il n’est distribué que dans le Morbihan, et plus précisément dans les pharmacies du département, ce qui, on ne peut le nier, est un peu atypique. En effet, malgré les vertus médicinales associées aux épices au travers de la médecine ayurvédique, on ne manquera pas de s’étonner qu’un ingrédient de cuisine trône sur les étals des établissements à la croix verte, aux côtés des boîtes de Doliprane et autres pilules en tout genre. Toutefois, pour Xavier Pouezat, rien de si surprenant là-dedans. « À l’époque, les pharmaciens n’étaient pas des vendeurs de médicaments mais plus des apothicaires qui faisaient leurs mélanges de plantes. Les gens avaient l’habitude d’acheter du Kari Gosse dans leur officine, donc les enfants ont toujours connu ça, et la tradition s’est perpétuée. »

C’est également cette tradition et une volonté de continuer de proposer un produit artisanal qui poussent le gardien de la recette à ne pas augmenter ses volumes pour s’ouvrir à d’autres départements, que ce soit dans la péninsule bretonne ou dans le reste de la France. Pourtant, malgré cette distribution ultralocale à destination d’un public d’initiés, le Kari Gosse est parfois en rupture de stock, symbole de son succès auprès des Morbihannais.

« Pendant les fêtes de fin d’année, ça devient très compliqué d’en trouver », en rigole Julien Corderoch, chef du restaurant Louise, à Lorient, une adresse spécialisée dans le 100 % marin. Car qui dit fêtes, en Bretagne tout particulièrement, dit produits de la mer, notamment du homard, et c’est justement avec la poiscaille que le Kari Gosse révèle tout son potentiel aromatique.

Un atout pour les recettes

« C’est un mélange d’épices qui va parfaitement avec les fruits de mer, avec d’un côté un aspect très floral et épicé, auquel s’ajoute une pointe de piment qui relève un peu le tout. Dans ma tête, ça évoque directement la cuisson du homard, les bouillons, les cuissons mijotées et les poissons pochés, voire trop, des anciens », détaille le chef qui, à l’image de Jean-Paul Abadie, anciennement deux étoiles Michelin, et son fameux homard au Kari Gosse, a fait du mélange une de ses plus fidèles alliés à l’heure de popoter ses douceurs marines. On en retrouve d’ailleurs dans le beurre qu’il sert à table à ses clients.

« Je l’utilise soit à froid pour avoir vraiment le parfum des épices, soit pour rôtir des produits de la mer. Dans ce cas-là, on va aller chercher l’aspect torréfié des épices et faire ressortir le piment ; au final, c’est quand même un mélange qui a pas mal de caractère. » Le Kari Gosse est donc une épice au tempérament aussi mystérieux qu’impétueux, à l’image du peuple breton, pourrait-on être tenté de dire.

Proche de la retraite, Xavier Pouezat ne se refuse cependant pas à l’ouverture de son précieux curry sur le monde. « Je ne sais pas ce que vont décider mes enfants lorsque ce sera leur tour de reprendre la production. Dans tous les cas, c’est une épice qui voyage, puisque quand les gens viennent dans le coin, en général, ils en ramènent comme souvenir ou comme cadeau. »

Au final, comme un écho à l’histoire des épices autour de la planète, le curry breton, produit aujourd’hui encore plein d’exotisme, pourrait s’offrir au reste du monde au gré des voyages et des périples vacanciers des fiers explorateurs à sandales qui viennent à la découverte des terres bretonnes pour en ramener ce qu’elles ont de meilleur.

* Il existe bien une « feuille de curry », sans lien avec le mélange d’épices qui nous intéresse, qui développe des saveurs plutôt végétales qui se rapprochent par exemple de la citronnelle.

NDLR: Cet article est tiré du site KONBINI écrit par Florian Domergue – Publié le 02/11/2023

Non, c’est non

Immense respect et reconnaissance à SN2P et à Pref qui ont osé dire NON!

Qui ont osé assumer le fait que notre devoir de santé publique ne doit pas nous faire tout accepter au risque de mettre nos structures et nos équipes en danger!

Qui ont osé assumer le fait que les préparatoires et leurs équipes n’ont pas à assumer les insuffisances de nos instances!

Que cela nous serve de leçon à nous représentants des officines françaises qui meurent de cette honneur d’être des professionnels de santé engagés!

Je le répète ! Les charges ne se payent pas en faisant des révérences! Prenons exemple !

Cynthia GUICHARD

Vice-Présidente du syndicat général des pharmaciens des Bouches du Rhône

NDLR: Sébastien GALLICE, président des PREF, est aussi vice-président de notre syndicat départemental.

Bexsero®: Un remboursement possible, mais une vaccination au choix du patient.

L’extension de prise en charge permet aux adolescents et jeunes adultes qui le souhaitent de bénéficier du remboursement de la vaccination contre le méningocoque B, tel que le préconise la Commission de la transparence (CT). Elle l’a d’ailleurs rappelé au mois de mars lors d’une actualisation des recommandations de rattrapage dans un contexte de recrudescence des IIM en France.

À ce jour, cette démarche reste volontaire. Contrairement à la stratégie vaccinale recommandée contre les méningocoques ACWY, la Haute Autorité de santé (HAS) ne recommande pas, à ce stade, d’élargir la vaccination contre le sérogroupe B à tous les adolescents pour les raisons suivantes : 

  • une durée courte de cette protection (de 3 à 5 ans) ;
  • la nécessité d’administrer deux injections ;
  • et l’absence d’efficacité du vaccin à conférer une protection collective indirecte aux populations non vaccinées.

En revanche, il est recommandé de proposer le rattrapage de la vaccination contre le méningocoque B chez tous les enfants non vaccinés, jusqu’à l’âge de 5 ans (4 ans révolus). Un schéma de vaccination à 2 doses s’applique à partir de l’âge de 2 ans. 

source Vidal.fr

NDLR: En l’absence d’informations précises sur la prescription et la vaccination du Bexsero®, en particulier de la part de la CNAM, nous ne recommandons pas aux pharmaciens d’effectuer des prescriptions et administrations en rappel aux 11-24 ans du vaccin Bexsero®. La prescription médicale reste essentielle.

Par contre, pour les vaccins Nimenrix® et Menfaqui® et à partir de 11 ans, il n’y a aucune restriction à part celles de l’AMM.

Les Pharmaciens du Sud

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