GÉNÉRIQUES – La loi change au 1er janvier 2020 !

Un arrêté publié au Journal officiel du 19 novembre 2019 fixe les trois seules situations médicales dans lesquelles le prescripteur pourra exclure la substitution générique, à compter du 1er janvier 2020 :

– prescription de médicaments à marge thérapeutique étroite (MTE) pour assurer la stabilité de la dispensation, lorsque le patient est effectivement stabilisé avec un médicament ;

– prescription chez l’enfant de moins de six ans (EFG), lorsqu’aucun médicament générique n’a une forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration ;

– prescription pour un patient présentant une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire (CIF) présent dans tous les médicaments génériques disponibles, lorsque le médicament de référence correspondant ne comporte pas cet excipient.

Afin de vous accompagner dans l’application de ce nouveau dispositif, la FSPF met à votre disposition :

– une affiche explicative à destination des patients ; 

– une fiche d’information de la CNAM détaillant les nouvelles modalités de facturation.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président

FOIRE AUX QUESTIONS – ARTICLE 66 MENTION NON SUBSTITUABLE: Modalités de facturation

Quelles sont les nouvelles modalités de non-substitution prévues pour le 1er janvier 2020 ?

Le prescripteur devra obligatoirement préciser sur l’ordonnance, en plus de la mention non substituable, la raison médicale qui justifie la décision de ne pas autoriser la substitution. 

Quels sont les 3 motifs de non-substitution ?

  1. Prescription de médicaments à marge thérapeutique étroite (MTE)[1] pour assurer la stabilité de la dispensation, une fois le patient stabilisé ;
  • Prescription chez l’enfant de moins de six ans (EFG), lorsqu’aucun médicament générique n’a une forme galénique adaptée et que le médicament de référence disponible permet cette administration ;
  • Prescription pour un patient présentant une contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire[2] (CIF) présent dans tous les médicaments génériques disponibles, lorsque le médicament de référence ne comporte pas cet excipient.

Il ne sera plus possible pour le prescripteur d’inscrire la seule mention « non substituable ».

Fin de l’obligation de mention manuscrite 

La mention « non substituable MTE, EFG ou CIF » devra apparaître sur l’ordonnance sous forme informatisée ou sous forme manuscrite, pour chaque médicament prescrit et pour chaque situation médicale concernée.

Quelles seront les modalités de facturation à compter du 1er janvier 2020 ?

  • si la mention NS est « motivée » sur l’ordonnance (MTE, EFG ou CIF) : vous délivrez et facturez le médicament princeps sur la base de remboursement de ce dernier. Vous accordez le tiers-payant ;
  • si la mention NS n’est pas « motivée » sur l’ordonnance et si le patient refuse la substitution : vous délivrez et facturez le médicament princeps, sans tiers payant possible. La prise en charge du médicament princeps délivré s’effectue sur la base du tarif ajusté (base de remboursement minorée).

Dans quels cas puis-je accorder le tiers payant ?

Le tiers payant est réservé aux seuls assurés acceptant la substitution ou pour lesquels le médecin prescripteur a porté la mention « non substituable » sur l’ordonnance assortie d’une justification.

Si le patient refuse la substitution : vous devrez établir une feuille de soins papier et l’assuré l’adressera, accompagnée du double de l’ordonnance, à sa caisse d’assurance maladie. Il ne sera remboursé que partiellement, à hauteur de la base de remboursement du générique.

Pour les médicaments à prix égal :

Cette mesure ne s’applique ni aux médicaments soumis à un tarif forfaitaire de responsabilité (TFR) ni en cas d’égalité des prix entre générique et princeps. Le tiers payant est dans ces cas possible.

L’échéance du 1er janvier sera-t-elle respectée ?

Oui, la CNAM l’a confirmé lors de la commission paritaire nationale du 12 décembre 2019.

Cas particulier des médicaments à marge thérapeutique étroite 

Un arrêté ministériel pris en application du PLFSS 2020 devrait permettre au pharmacien, pour les MTE, d’exclure la substitution par une mention sur l’ordonnance, lorsque le prescripteur ne l’a pas fait.

Sollicitée par la FSPF, le ministère de la santé nous invite à coder NS pour permettre la délivrance d’un princeps, lorsque cela est nécessaire, dès le 1er janvier 2020, lorsque médecin n’a pas inscrit la mention MTE sur l’ordonnance.

Que faire en cas de rupture de stock ?

Un arrêté ministériel à venir devrait permettre au pharmacien, en cas de rupture de stock, d’exclure la substitution et de délivrer le princeps.

Sur demande de la FSPF, la CNAM a prévu un code spécifique pour permettre, dès le 1er janvier prochain, la délivrance du princeps en cas de rupture de stock du générique, dans l’attente de la publication du texte l’y autorisant expressément.

Dans une fiche d’information destinée aux éditeurs de logiciels, elle précise ainsi que si la substitution n’est pas possible en raison d’une rupture d’approvisionnement avérée du médicament générique (aucune possibilité de se le procurer depuis 72 heures ou dans les 72 heures), vous devrez :

  • délivrer le médicament princeps
  • laisser vide la zone «Mode de prescription»
  • renseigner «U» pour Urgence dans la zone «Indicateur de substitution».

En ce cas le princeps sera pris en charge sur sa base de remboursement et le tiers payant autorisé.

Pour les ordonnances établies en 2019 et renouvelables en 2020 

Sollicité par la FSPF, le ministère de la santé indique que le nouveau dispositif s’appliquera aux seules ordonnances établies après le 1er janvier 2020. En pratique :

  •  si un patient vous présente, après le 1er janvier 2020, une ordonnance de 2019 valide avec une mention NS non motivée :
  • le dispositif tarifaire ne s’appliquera pas puisque l’ordonnance a été rédigée avant le 1er janvier 2020 ;
  • vous pourrez délivrer le princeps ;
  • le remboursement du patient se fera sur la base du prix du princeps ;
  • vous pourrez accorder le tiers payant.
  • si un patient vous présente, après le 1er janvier 2020, une ordonnance de 2019 valide sans mention NS :
  • le dispositif tarifaire ne s’appliquera pas même en l’absence de mention NS puisque l’ordonnance a été rédigée avant le 1er janvier 2020 ;
  • vous pourrez délivrer le princeps ;
  • le remboursement du patient se fera sur la base du prix du princeps ;
  • vous ne pourrez pas accorder le tiers payant (application du dispositif tiers payant contre générique).

En cas de fractionnement de l’ordonnance 

Le dispositif concerne uniquement la ou les lignes concernées par le dispositif : le tiers payant s’applique sur le reste de l’ordonnance.

Les logiciels seront-ils prêts pour le 1er janvier 2020 ?

Selon la CNAM :

  • les médecins pourront recourir à terme à leur Logiciel d’Aide à la Prescription (LAP) pour inscrire ces mentions sur l’ordonnance. Cependant, en pratique, tant que leurs LAP n’auront pas définitivement évolué conformément aux nouvelles règles, les médecins devront inscrire manuellement la mention « non substituable » sur l’ordonnance ainsi que sa justification ;
  • pour les pharmaciens :  
  • dès le 1er janvier 2020, les logiciels de facturation devraient permettre d’indiquer si la mention « NS » justifiée par le médecin, est présente sur l’ordonnance ;
  • dans un second temps, les Logiciels d’Aide à la Dispensation (LAD) devraient évoluer pour vous permettre de préciser la justification de la non substitution (MTE, EFG ou CIF) ;

Vous trouverez en annexe une fiche d’information de la CNAM détaillant les nouvelles modalités de facturation en application de ces mesures.

La FSPF attend encore, à ce jour, des réponses ou précisions de la CNAM sur les points ci-après :

  • la liste des groupes génériques concernés par le motif de non substitution pour contre-indication formelle et démontrée à un excipient à effet notoire (CIF)
  • sur qui (médecin, pharmacien ou patient) portera l’indu si la mention MTE, EFG ou CIF est utilisée à mauvais escient par le prescripteur ? Quel sera le montant de l’indu potentiel (différence entre le prix du princeps et le prix du générique ?)
  • la CNAM s’engage-t-elle à une application uniforme du dispositif sur le territoire,  par les pharmaciens et l’ensemble des professionnels de santé ?

[1] Liste des principes actifs entrant dans la composition des médicaments à marge thérapeutique étroite, pour lesquels le motif de non-substitution sera applicable : lamotrigine, pregabaline, zonisamide, lévétiracétam, topiramate (sous TFR), valproate de sodium (sous TFR), lévothyroxine, mycophénolate mofétil (sous TFR), buprénorphine, azathioprine, ciclosporine, évérolimus, mycophénolate sodique.

[2] Liste des excipients à effet notoire : https://www.ansm.sante.fr/var/ansm_site/storage/original/application/29aa941a3e557fb62cbe45ab09dce305.pdf

La cotisation au HDS devient obligatoire: Attention aux fausses informations !

Un arrêté ministériel publié le 18 décembre au Journal Officiel rend obligatoire le versement de la cotisation au haut degré de solidarité (HDS). Elle doit être versée directement à l’APGIS, l’assureur recommandé par la branche.

La publication de cet arrêté valide le choix majoritaire des partenaires sociaux et met un terme à une polémique entretenue par l’USPO depuis plus de deux ans. 

Toutes les pharmacies d’officine de métropole et d’outre-mer, syndiquées ou non, qu’elles soient assurées ou non par l’APGIS pour la prévoyance et la santé de leurs salariés, ont l’obligation de verser leurs cotisations au HDS à l’APGIS, collecteur et gestionnaire exclusif.

Nous invitons les officines qui ne sont pas assurées par l’APGIS à vérifier les tarifs pratiqués par leur assureur et à négocier, le cas échéant, une réduction de cotisations afin qu’il tienne compte de leur obligation de contribuer au HDS. Quant aux officines assurées par l’APGIS pour la prévoyance et la santé de leurs salariés, elles n’ont aucune démarche à effectuer, les niveaux de cotisation appliqués étant strictement conformes à ceux de la convention collective, HDS compris.

Attention, seule l’institution de prévoyance recommandée par la branche, est tenue de respecter les cotisations fixées par la convention collective en matière de prévoyance, de santé et de HDS.  

Nous vous invitons à transmettre cette information au plus vite à votre cabinet comptable.

Cordialement,

Philippe BESSET

Président de la FSPF

URPS Pharmaciens PACA communique:

Chers collègues,

L’année se termine avec la sélection de notre projet Pharm’Observance pour le prix Galien dans la catégorie accompagnement du patient.Cependant, nous allons devoir redoubler d’énergie et nous battre encore pour la reconnaissance de nos milliers d’actes quotidiens et notre engagement auprès de nos patients.

Nous avons eu la chance cette année d’avoir reçu des financements pour les projets de recherche-action en pharmacieclinique que nous portons avec Thierry Desruelles (Trésorier), Françoise Pasquali (Secrétaire Générale), grâce au soutien du Pr Stephane Honoré, reconduit cette année au poste de Président de la Société Française de PharmacieClinique.

Ainsi, nous avons pu obtenir des publications scientifiques montrant les résultats obtenus. Les projets sont les suivants : ils continueront en 2020 !
Pharm’Observance PACA (actions éducatives ciblées, rémunérées pour favoriser l’adhésion des patients à leurs traitement et le bon usage des médicaments).Plus de 100 pharmacies ont désormais un pharmacien clinicien au sein de leur officine, en plus de toutes cellesqui accueillent des pharmaciens sortis de la fac depuis 2015.

Des protocoles de coopération entre pharmaciens et médecins traitants sont à votre disposition pour ceux qui souhaiteraient déposer des projets pluri-pro (MSP, CPTS), ainsi que des mémos pour les entretiens pharmaceutiques.Près de 50 000 euros ont été redistribués aux pharmaciens participants pour rémunérer leurs actions. (70 euros par dossier).
TROD Angine :Près de 200 pharmacies de PACA ont participé à cette opération. L’enveloppefinancière pour rémunérer les pharmaciens est de 16 000 € (5 € par fiche de recueil)

Moi(s) sans Tabac :Cette année nous avons eu plus de 60 pharmaciens inscrits. L’enveloppe financièrepour rémunérer les pharmaciens est de 15 000 €. (50 € par dossier).


Soirées de formations UTIP/URPS/Club Nouvelles Missions : près d’une soirée par mois a réuni d’un seul élan pharmaciens d’officine, préparateurs, étudiants pour entendre des spécialistes, des pharmaciens hospitaliers et des pharmaciens d’officine sur des sujets préoccupants de santéL’équipe de projets de soins pharmaceutiques et de pharmacie clinique se joint à moi pour vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année et vous remercier de votre collaboration aux projets que nous portons pourmontrer notre rôle incontournable, au quotidien, dans la santé de nos patients.

Dr Félicia Ferrera Bibas
Vice-Présidente URPS Pharmaciens PACA
Vice-Présidente Officine Société Française de Pharmacie Clinique
Les Pharmaciens du 13

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