Non à l’ubérisation de l’officine !

Sans surprise, l’avis de l’Autorité de la concurrence sur la distribution des médicaments en ville rendu public hier met de nouveau en cause les principes fondamentaux de notre modèle officinal.

Philippe BESSET
Président de la Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France

Pour ses auteurs, la fin du monopole, l’ouverture du capital et la libéralisation sauvage de la vente en ligne des médicaments seraient la solution pour redonner du pouvoir d’achat aux Français. Mais à quel prix pour leur santé ? Car plutôt que d’améliorer le quotidien de nos concitoyens, les préconisations de l’Autorité de la concurrence vont avant tout conduire à la destruction du réseau officinal de proximité et mettre à mal la sécurité de la dispensation du médicament en France.

La FSPF reste fermement opposée à l’ouverture du capital des officines à des personnes non pharmaciens, ouverture qui représente un véritable danger pour l’indépendance de la profession.

Les patients doivent être assurés de la prise en compte prioritaire de leur santé par les pharmaciens d’officine, à l’abri de toute pression financière extérieure contraire aux obligations déontologiques auxquelles ils sont soumis.

La FSPF se réjouit que la ministre de la Santé ait ce matin clairement pris position contre la dispensation de médicaments hors des officines.

En ce qui concerne la vente en ligne, le Premier ministre juge certaines règles trop restrictives. Nous en prenons acte et sommes prêts à étudier avec la ministre de la Santé les évolutions utiles compatibles avec la sécurité de la dispensation par le pharmacien d’officine.

Il y a une ligne à ne pas franchir : le principe fondamental d’un contact direct entre le patient et son pharmacien d’officine qui prend la responsabilité de la dispensation.

L’ubérisation de la santé est incompatible avec la sécurité des patients.

Cordialement,

Philippe BESSET

Président de la FSPF

Philippe BESSET, élu à la présidence de la FSPF

Un projet écrit avec les pharmaciens : « Fédérer pour construire »

Philippe BESSET, Président de la FSPF

Réunis en assemblée générale, les présidents des syndicats départementaux adhérents à la FSPF ont élu Philippe BESSET à la présidence de la FSPF, à l’unanimité des suffrages exprimés. 

Ces derniers mois, Philippe BESSET est allé à la rencontre des confrères pour confronter son programme aux attentes des pharmaciens et se nourrir de leur vécu. 

Son projet (téléchargeable ici) pour la Pharmacie d’officine est intitulé « Fédérer pour construire ».

Il s’ordonne autour de 4 axes :

  1. Le pharmacien, un professionnel de santé avant tout. Il est une arme contre ceux qui voudraient déconstruire le modèle de la pharmacie française pour faire des officines, sous couvert de rationalisation financière, un simple réseau de distribution de produits de santé.
  2. La pharmacie, une entreprise de proximité. Il s’agit de poursuivre l’action entreprise depuis 10 ans en ancrant le pharmacien dans son rôle de professionnel de santé tout en valorisant celui de chef d’entreprise.
  3. La pharmacie numérique, la modernité. Le numérique comme la proximité sont une chance pour l’officine. La compétence des pharmaciens en la matière est démontrée et reconnue. Ils ont été les pionniers de la gestion dématérialisée du tiers payant. La FSPF veut aller plus loin dans le développement des outils numériques et de la e-santé.
  4. La transmission, la clé pour l’avenir. Le modèle officinal a besoin, pour perdurer, pour s’améliorer et pour s’adapter aux besoins de santé et aux nouvelles techniques, d’un syndicalisme fort qui l’entraîne, qui porte la parole des pharmaciens auprès des pouvoirs publics, et d’un syndicalisme de proximité

Le président BESSET a présenté son nouveau Bureau qui a été ratifié par l’assemblée générale.

Il se compose comme suit :

Président : Philippe BESSET (Aude)

Secrétaire générale Jocelyne WITTEVRONGEL (Indre)

1er Vice-président : Philippe DENRY (Meurthe-et-Moselle)

2nd Vice-président : Eric GARNIER (Gard)

Trésorier : Jean-Jacques LE BIAN (Finistère)

Président de la commission Vie syndicale : Frank BASQUE (Var)

Président de la commission Métier Pharmacien : Fabrice CAMAIONI (Ardennes)

Président de la commission Entreprise officine : Philippe DENRY (Meurthe-et-Moselle)

Président de la commission Convention et systèmes d’information : Christophe KOPERSKI (Lot-et-Garonne)

Responsable des manifestations professionnelles et de la revue Le Pharmacien de France : Cécile MICHELET (Rhône)

Président de la commission Etudes et stratégie économiques : Denis MILLET (Loire-Atlantique)

Responsable des projets Pharmacie numérique et transmission de l’officine : Valérian PONSINET (Ardennes)

Présidente de la commission Pharmacie clinique et exercice coordonné : Sophie SERGENT (Pas-de-Calais)

Les présidents des syndicats départementaux ont également procédé au renouvellement du Conseil d’administration et désigné, à ce titre, 26 administrateurs pour 20 fédérations régionales.

Une page se tourne à la FSPF

Chère Consœur, Cher Confrère,

Aujourd’hui, s’achève mon quatrième et dernier mandat de président de la FSPF. C’est avec une certaine émotion que je quitte mes fonctions après avoir passé douze années à la tête de la Fédération. Ce fut un honneur pour moi de me consacrer à la défense et à l’évolution de notre belle profession.

Tout n’a pas été simple. Rappelez-vous, à peine trois mois après avoir entamé mon premier mandat, notre modèle officinal était attaqué de toute part. Les rapports Beigbeder, Rochefort et Attali remettaient en cause les trois principes fondamentaux de l’officine, à savoir le monopole de dispensation, la répartition des pharmacies sur le territoire et la réserve du capital aux seuls pharmaciens. Mais nous avons tenu bon et su convaincre nos interlocuteurs que ces principes fondamentaux n’avaient pas été mis en place dans l’intérêt des pharmaciens mais dans celui des patients.

Je retiens de cet épisode que les combats que l’on perd, ce sont ceux que l’on ne mène pas. Il ne faut jamais baisser les bras. Rien n’est inéluctable.

Mais pour être fort, il faut aussi savoir jouer collectif, comme nous avons su le faire en septembre 2014. L’ensemble des libéraux s’étaient alors mobilisés contre le projet gouvernemental de réforme des professions réglementées. Et nous avons gagné ! Le rapprochement de l’UNAPL et de l’U2P* va dans ce sens. Avec les artisans, nous partageons de nombreuses problématiques car nos entreprises possèdent une taille économique semblable, et sont souvent constituées de moins de dix salariés. Il faut garder à l’esprit que le pharmacien d’officine est à la fois un chef d’entreprise et un professionnel de santé.

Ce dernier aspect de notre métier a d’ailleurs bien évolué au cours de mes quatre mandats, sous l’impulsion de la Fédération. Bon nombre de nos propositions ont en effet été reprises, notamment par Roselyne Bachelot dans sa loi HPST. Sans cette loi, les nouvelles missions rémunérées n’auraient jamais vu le jour. La décision de Xavier Bertrand, concrétisée par Marisol Touraine, d’étendre le champ conventionnel avec l’assurance maladie au-delà du tiers payant et d’introduire une part d’honoraires dans notre rémunération a permis de franchir une nouvelle étape. Parallèlement, l’exercice professionnel s’est profondément transformé, notamment avec la mise en place des entretiens pharmaceutiques et des bilans de médication, mais aussi, par la volonté d’Agnès Buzyn, d’autoriser la vaccination antigrippale à l’officine. Je suis d’ailleurs particulièrement satisfait de terminer mon mandat par la signature de l’avenant offrant la possibilité à l’ensemble des officines françaises de réaliser cet acte de prévention.

De nouvelles perspectives d’évolution du métier sont aussi à attendre avec la future loi santé, de nombreux députés ayant compris l’intérêt d’un élargissement des missions des pharmaciens.

La Pharmacie d’officine a donc de beaux jours devant elle et je souhaite à la nouvelle équipe qui arrive de pouvoir faire en sorte de préserver notre modèle d’organisation de la pharmacie d’officine, de poursuivre le développement de nouvelles missions tout en permettant l’intégration des pharmaciens dans les CPTS.

Je vous remercie de la confiance que vous m’avez accordée tout au long de ces années pour faire évoluer notre métier. Mais un président n’est rien sans une équipe et rien n’aurait été possible sans votre soutien, adhérents, présidents départementaux, membres du Bureau et permanents de la FSPF. Qu’ils en soient chaleureusement remerciés. 

Confraternellement, 

Philippe GAERTNER

Un indu de 189.690,45 euros abandonné avec de gentils remerciements de la part de notre consoeur (syndiquée) pour Valérie et Sandra

Madame Delècluse,

C’est avec une vive émotion que je viens par le présent mail vous faire partager ma joie suite au courrier AR de la CPAM que mon avocat Maitre A. vient de me transmettre ce jour qui notifie l’abandon des poursuites concernant le grief 1 portant sur les fauteuils !!!

C’est un soulagement incommensurable, les efforts de tous ont fini par payer et encore une fois je vous remercie de tout cœur pour votre précieux soutien et pour vos interventions à tous dans cette affaire.

Je vous laisse le soin de l’annoncer à Mme Malka Sandra à qui vous aviez transmis notre dossier car je ne suis pas, sauf erreur de ma part, en possession de son adresse mail, peut-être pourriez vous me la communiquer ?

J’espère que pour vous tout va pour le mieux dans vos nouvelles fonctions.

Bien à vous.

C.B

NB: Cela prouve que les bénévoles du syndicat sont efficaces aussi pour la défense individuelle.

TIRE-LAIT: Des modalités tarifaires inacceptables

Compte tenu de l’augmentation de la durée moyenne de location des tire-lait, le comité économique des produits de santé (CEPS) a annoncé une refonte des conditions de prise en charge et des tarifs de location de ces dispositifs médicaux dans un objectif d’économie. Le CEPS a donc soumis aux syndicats de pharmaciens des projets de textes que la FSPF a largement contestés.

Les modalités tarifaires dénoncées par la FSPF figurent toujours dans les décisions publiées le 12 mars dernier.

Outre les forfaits de location, il est désormais prévu un forfait de mise à disposition du tire-lait avec un prix limite de vente fixé à 30 € TTC. La FSPF conteste ce montant, qui ne valorise pas à sa juste valeur la prestation réalisée par le pharmacien d’officine (formation de l’utilisatrice, démarches administratives, nettoyage, désinfection, système documentaire, etc.).

Par ailleurs, la durée moyenne de location d’un tire-lait par les pharmaciens est estimée à 11 semaines. Avec ces nouvelles conditions tarifaires, la FSPF estime qu’au-delà de 5 semaines de location, le pharmacien d’officine perd de l’argent. 

Aucun prix de cession n’est également prévu pour les téterelles, alors qu’un prix limite de vente est imposé aux pharmaciens d’officine. Le risque est donc une importante réduction  de leur marge, avec préjudice financier lors de la dispensation de ce matériel.

La FSPF regrette également les dispositions relatives à la location en ligne. Il est prévu que le pharmacien d’officine, le prestataire ou le distributeur mette à  disposition de l’utilisatrice tout support et tutoriel de nature à apporter un niveau d’information équivalent à celui assuré lors d’un échange de visu avec démonstration du matériel. Une mauvaise utilisation du tire-lait pouvant nuire à la qualité de l’expérience d’allaitement, une formation en présentiel est indispensable.La Fédération est donc défavorable à la location de tire-lait en ligne lors de la prescription initiale.

L’objectif de cette évolution des conditions de prise en charge est de réduire la durée de location des tire-lait lorsque la mère a cessé d’utiliser le dispositif. Or, la durée des locations par internet est généralement plus longue, car les mères tardent à retourner le dispositif au prestataire ou au distributeur. La FSPF rappelle que le pharmacien d’officine est un professionnel de santé de proximité. Il est donc le plus à même à rappeler aux mères de rapporter les tire-lait inutilisés. 

La FSPF regrette que tous les syndicats de pharmaciens ne se soient pas opposés à la proposition tarifaire du CEPS.

La FSPF a donc refusé, seule, de signer la convention tarifaire qui lui avait été proposée, dénonçant ses conséquences économiques pour la Pharmacie d’officine.

A savoir

Sur demande de la FSPF, cette nouvelle nomenclature ne s’applique pas aux locations en cours. A partir du 25 mars, cette nomenclature deviendra opposable pour toute nouvelle prescription, y compris dans le cadre d’un renouvellement. De ce fait, le forfait de mise à disposition n’est facturable que pour une mise à disposition d’un tire-lait à compter du 25 mars prochain.

Les nouveaux tarifs de location sont en revanche applicables aux locations en cours. Dans le respect du principe de facturation hebdomadaire, le nouveau tarif sera applicable à échéance de la semaine de location en cours au 25 mars. Ainsi, si la semaine de location débute au 24 mars, le tarif actuel sera appliqué jusqu’à la fin de la semaine. Le nouveau tarif sera alors appliqué à compter du 31 mars.

Cordialement,

Philippe GAERTNER

Président de la FSPF

Les Pharmaciens du 13

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