Conduite à tenir à l’officine

Règles de base :

1- vous et vos équipes devez porter un masque devant le patient , rien ne vous empêche de l’enlever quand il n’y aura personne ( back office) en raison de la pénibilité possible mais en se tenant éloigné entre membres de l’équipe officinale,

2- la réserve de l’Etat que nous allons recevoir est strictement réservée aux personnels de santé et pas à la population pour le moment. C’est le médecin qui diagnostique qui pose un masque au patient et qui lui dit de rentrer chez lui ou qui l’envoie aux urgences,  

3- un texte de loi vient de passer pour nous autoriser à renouveler jusqu’au 31 mai les prescriptions régulières de nos patients (sauf stupéfiants ou assimilés),

4- penser à isoler vers un comptoir à part un patient suspect ou qui vous dit avoir de la fièvre, 

5- penser à désinfecter à l’alcool les comptoirs régulièrement , à obliger votre personnel à se laver les mains dès qu’ils arrivent avant de commencer,

6- conseiller et adopter pour vous le fait de ne porter à la maison que des vêtements d’intérieur et de se déshabiller dès qu’on arrive à l’officine, 

7– tenir un registre de traçabilité (personnel de l’officine et locaux) : lavage des mains, nettoyage de surfaces (comptoir, terminal bancaire, clavier, sols…).

Coronavirus : quelles dispositions sont prévues pour la garde d’enfant à la maison ?

Les crèches et les écoles étant fermées à compter du lundi 16 mars 2020 et jusqu’à nouvel ordre, les parents peuvent être contraints de rester chez eux pour garder leurs enfants. Il leur sera alors possible de bénéficier d’un arrêt de travail indemnisé. L’Assurance maladie a mis en place le télé-service declare.ameli.fr pour permettre aux employeurs de déclarer un arrêt de travail en ligne pour ces salariés. Comment ça marche ?

Le parent concerné contacte son employeur et envisage avec lui les modalités de télétravail qui pourraient être mises en place. Si aucun aménagement de ses conditions de travail ne peut lui permettre de rester chez lui pour garder son enfant, c’est l’employeur qui doit via la page employeur du site ameli.fr déclarer l’arrêt de travail de son salarié (le parent n’a pas besoin d’entrer en contact avec sa caisse d’assurance maladie).

Cet arrêt est accordé pour toute la durée de fermeture de l’établissement accueillant l’enfant. Pour en bénéficier, l’employé doit remplir certaines conditions :

  • Les enfants doivent avoir moins de 16 ans le jour du début de l’arrêt ;
  • Les enfants doivent être scolarisés dans un établissement fermé ou être domiciliés dans une des communes concernées (les listes des communes sont régulièrement mises à jour sur les sites internet des rectorats) ;
  • Un seul parent (ou détenteur de l’autorité parentale) peut se voir délivrer un arrêt de travail (le salarié doit fournir à son employeur une attestation sur l’honneur certifiant qu’il est le seul à le demander à cette occasion) ;
  • L’entreprise ne doit pas pouvoir mettre l’employé en télétravail (l’arrêt de travail doit être la seule solution possible sur cette période).

L’indemnisation est enclenchée à partir de cette déclaration. Le salarié percevra les indemnités journalières et, le cas échéant, le complément de salaire de son employeur dès le 1er jour d’arrêt (sans délai de carence).

Ces dispositions peuvent être mises en place jusqu’au 30 avril 2020.

Textes de référence

Editorial:

L’arrêté du 14 mars 2020 est historique à tout point de vue. Il est historique et extraordinaire parce qu’il nous montre que, malgré notre confort de vie, la Nature peut nous surprendre désagréablement à tout moment, soit par des inondations, des ouragans ou des tremblements de terre et autres tsunamis effroyables mais aussi par l’intervention d’un minuscule microbe, un virus, un truc qui se situe entre le vivant et l’inerte et qui peut faire des ravages comme la grippe espagnole en 1918 (50 à 100 millions de morts dans le monde dont 300 000 dans l’hexagone.).

Cet arrêté est aussi extraordinaire parce qu’il met en valeur le travail indispensable, courageux et peut être héroïque qui nous est demandé ainsi qu’à vos équipes officinales.

Vous, titulaires, devrez sans doute donner l’exemple au comptoir en prenant toutes les mesures possibles pour préserver vos collaborateurs et vous-même en assumant, aux yeux de tous nos concitoyens, l’effort que vous demande la Nation.

Evidemment, vous n’êtes pas seuls au front puisqu’il y a aussi les commerces alimentaires, tabacs, postes, transports, marchands de journaux… mais l’arrêté démontre le besoin d’avoir constamment ouvert et disponible un commerce unique puisque de santé et géré par des docteurs en pharmacie indépendants et libéraux.

Cette utilité et cette particularité que vous avez toujours revendiquées seront votre fierté mais seront aussi la preuve que la Pharmacie et ses travailleurs doivent être protégés, encouragés et rémunérés à leur juste valeur.

Les élus du syndicat du 13 et du 84 vous souhaitent ainsi qu’à vos équipes bonne chance, bon courage et protégez vous*!

VIVE LA PHARMACIE! VIVE LA FRANCE!

Philippe LANCE

Directeur de publication

*NDLR: Pour la protection des travailleurs et selon votre organisation:, séparateurs de files d’attente, masques chirurgicaux (pour la dispensation) FFP2 (pour les actes pharmaceutiques plus proches comme les entretiens ou le soin de 1ers secours), bandes collantes au sol à 1m50 (comptoirs inclus), hygiaphones de comptoir, dispensation par guichet de nuit ou à volets fermés. Dès lundi, vous recevrez une série d’affiches via la newsletter que vous pourrez déployer ou non selon votre organisation.

FSPF Sud

Rappel suite à pandémie COVID-19: AINS à éviter.

Suite aux signalements de complications infectieuses graves avec les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS)  utilisés dans la fièvre ou la douleur, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a confié, en juin 2018, aux centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille, une enquête nationale de pharmacovigilance portant sur les deux AINS les plus utilisés dans ces indications, l’ibuprofène et le kétoprofène.
Les conclusions de cette enquête suggèrent le rôle aggravant de ces AINS en cas d’infection. L’ANSM a partagé ces résultats avec ses homologues européens afin qu’une analyse collective soit engagée.

Les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS)1  tels que l’ibuprofène et le kétoprofène font l’objet de signalements de pharmacovigilance portant sur des complications infectieuses graves.

Les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille ont réalisé une enquête de pharmacovigilance afin d’investiguer le risque de complications infectieuses grave associé à la prise d’un AINS chez l’adulte et l’enfant en se focalisant sur les deux AINS indiqués dans la fièvre et les douleurs légères à modérées les plus utilisés : l’ibuprofène et le kétoprofène .

L’objectif de cette enquête était de déterminer si ces complications infectieuses graves étaient favorisées par la prise de l’AINS ou si elles traduisaient l’évolution de la pathologie infectieuse initiale.

Résultats de l’enquête :

Sur l’ensemble des cas rapportés depuis l’année 2000, 337 cas de complications infectieuses avec l’ibuprofène et 49 cas avec le kétoprofène ont été retenus après avoir pris en compte uniquement les cas les plus graves chez des enfants ou des adultes (souvent jeunes) sans facteur de risque ni comorbidité. Il s’agit d’infections sévères de la peau et des tissus mous (dermohypodermites, fasciites nécrosantes,…), de sepsis, d’infections pleuro-pulmonaires (pneumonies compliquées d’abcès, de pleurésie), d’infections neurologiques (empyèmes, abcès cérébraux,…) ou ORL compliquées (cellulites, médiastinites,…), à l’origine d’hospitalisations, de séquelles voire de décès.

Ces complications infectieuses (essentiellement à Streptocoque  ou à Pneumocoque ) ont été observées après de très courtes durée de traitement (2 à 3 jours), y compris lorsque la prise d’AINS était associée à une antibiothérapie. Elles sont survenues alors que l’ibuprofène ou le kétoprofène étaient prescrits ou pris en automédication dans la fièvre mais également dans de nombreuses autres circonstances telles que des atteintes cutanées bénignes d’aspect inflammatoire (réaction locale, piqure d’insecte,…), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire,…) ou ORL (dysphagie, angine, otite,…).

L’analyse de ces cas ainsi que l’analyse des données de la littérature (études expérimentales et études de pharmaco-épidémiologie),  suggère que ces infections, en particulier à Streptocoque,  pourraient être aggravées par la prise de ces AINS.

L’enquête met également en évidence qu’il persiste une utilisation de ces AINS en cas de varicelle. L’ANSM rappelle que les AINS sont déjà connus comme pouvant être à l’origine de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante) lorsqu’ils sont utilisés au cours de la varicelle et doivent être évités dans ce cas.

Dans ce contexte, l’ANSM souhaite mettre en garde, dès à présent, les professionnels de santé, les patients et les parents sur ce risque de complication infectieuses graves susceptibles d’avoir des conséquences sérieuses pour la santé des patients.

L’ANSM rappelle aux patients et aux professionnels de santé de privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine, une rhinopharyngite, une otite, une toux, une infection pulmonaire, une lésion cutanée ou la varicelle, en particulier en automédication.
Les règles du bon usage des AINS en cas de douleur et/ou fièvre :
Prescrire et utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte
Arrêter le traitement dès la disparition des symptômes
Eviter les AINS en cas de varicelleNe pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours en cas de fièvre
Ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours en cas de douleur
Ne pas prendre deux médicaments AINS  en même temps
Les Pharmaciens du 13

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