Garanties de prévoyance et de santé Comment bénéficier des améliorations au 1er janvier 2020 ?

A moins de 2 mois de la mise en place des nouvelles garanties concernant les frais de soins de santé, comment y voir clair parmi les nombreuses informations diffusées ? Et en pratique, quelles seront les principales évolutions ?

Une amélioration majeure : l’alignement des garanties « Frais de soins de santé » des salariés non-cadres sur celles des salariés cadres et assimilés souhaité par les partenaires sociaux (4 syndicats de salariés sur 6 au côté de la FSPF).

Quelques exemples d’améliorations (non exhaustif)

Principaux postes d’évolutionsRemboursement totalAmélioration de la prise en charge (%)
20192020
HONORAIRES MEDICAUX
Consultation médecin généraliste – Adhérent OPTAM30 €46,25 €+ 15 %
Consultation médecin spécialiste honoraires libres25,30 €37,03 €+ 48 %
OPTIQUE
Verres complexes118 € / verre130 € / verre+ 10 %
Verres hyper complexes180 € / verre200 € / verre+ 11 %
DENTAIRE (% de la prise en charge sécurité sociale)
Prothèse dentaire remboursée par la sécurité sociale (dent visible) 370 %375 %+ 1,35 %
Traitement orthodontique remboursé par la sécurité sociale300 %326 %+ 8,7 %
Traitement orthodontique non remboursé par la sécurité sociale200 %326 %+ 63 %

Les partenaires sociaux ont fait le choix de privilégier un meilleur taux de remboursement des verres les plus complexes en contrepartie d’une réduction de la prise en charge des montures de lunettes qui passe à 70 €, l’entrée en vigueur du 100 % Santé neutralisant le reste à charge sur les verres simples.

Téléchargez le tableau des garanties et des cotisations ici.

Quid des 9 % d’augmentation pour un salarié non-cadre percevant un salaire mensuel brut de 1300 € ?

Cette augmentation des cotisations (employeurs + salariés) pour les frais de soins de santé s’élève à 1,74 € / mois pour l’employeur et 1,74 € pour le salarié, une légère hausse largement compensée par les améliorations de garanties.

Qui peut bénéficier de ces améliorations ?

Dès le 1er janvier 2020, les pharmacies qui ont retenu l’assureur recommandé par la branche (APGIS) ont la garantie de bénéficier de ces améliorations. Les autres officines, syndiquées ou non, pourront en bénéficier mais à condition que leur assureur les ait bien intégrées dans son offre

A partir de la publication au Journal Officiel de l’arrêté d’extension de l’accord de branche, l’ensemble des officines auront l’obligation d’offrir à leurs salariés le bénéfice des nouvelles garanties et devront donc vérifier que leur assureur est en conformité avec les dispositions de la convention collective. 

Cordialement, 

Philippe BESSET

Président de la FSPF

Le Moniteur des Pharmacies : Réponse et explication de la FSPF sur la polémique créé par Gilles Bonnefond (USPO).

Lors de sa conférence de presse en clôture du congrès national des pharmaciens à Bordeaux (Gironde) ce week-end, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), a répondu au communiqué de presse de Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO) sur les contrats prévoyance et santé, publié le 16 octobre dernier. Dans ce communiqué, l’USPO attaque en règle le syndicat patronal majoritaire qui a signé un avenant à la convention collective avec pour conséquence d’augmenter les cotisations salariales des non- cadres et patronales.

« Quand l’USPO s’en prend à la FSPF, il s’en prend directement au dialogue conventionnel collectif », réagit, Philippe Besset, choqué par ce communiqué. Il rappelle que le syndicat a toujours été respectueux du dialogue social et que « les accords signés sont doublement
majoritaires au niveau des syndicats d’employeurs et de salariés. »


Les augmentations sont chiffrées. « La hausse du montant de cotisations est d’un euro par mois pour l’employeur et pour le salarié, ouvrant droit à des prestations supplémentaires. » De plus, sur le poste optique pris en exemple par l’USPO, « il vaut mieux rembourser la santé (les verres)
que l’accessoire (les montures), les arbitrages ont été pris afin d’éviter d’avoir des augmentations de cotisations trop élevées dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme du 100 % santé. »
Ce que confirme Cristelle Degrelle, préparatrice et représentante du syndicat CGE-CGC : « Notre syndicat n’aurait jamais signé une hausse de cotisations de 10 %, alors que les salaires des équipes augmentent difficilement de 1 %. »

source François Pouzaud Le Moniteur des Pharmacies du 21/10/2019

NDLR: Est ce que Gilles Bonnefond comprendra que c’est l’heure de s’unir sur le dossier des indus sur médicaments coûteux au lieu de polémiquer sur des sujets qui ne le méritent pas? P.L

CPTS: Ne pas rater le virage.

1.       CPTS :

  • Arrêté du 21 août 2019 portant approbation de l’ACI en faveur du développement de l’exercice coordonné et du déploiement des CPTS 

Il existe une volonté du gouvernement de déployer les CPTS sur le territoire français, concrétisée par la signature, en juin dernier, de l’ACI relatif aux CPTS et à l’exercice coordonné, publié au Journal Officiel très rapidement après, dès le mois d’août suivant.  Les financements dévolus aux CPTS peuvent désormais leur être alloués.                                             

  • Intégration des pharmaciens dans les CPTS existantes : quelles démarches ?

À la question de savoir s’il est utile que les pharmaciens intègrent les CPTS, Le pharmacien d’officine est le seul professionnel de santé dont les conditions d’installation sont réglementées pour répondre à un besoin précis sur un territoire donné : il a donc une légitimité territoriale à intégrer la CPTS de son territoire. Par ailleurs, le pharmacien d’officine est en contact direct et quotidien avec les patients, qu’ils soient malades ou non. Il suit leur parcours (hospitalier, ville) et participe au tour de garde : il a une bonne connaissance de la répartition des territoires.

Les infirmiers et médecins exercent quant à eux au sein d’un quartier, plus restreint que le territoire de l’officine. Les établissements de santé exercent leur activité sur un territoire plus large.

Tout comme les laboratoires d’analyse médicale ou de radiologie, les pharmaciens d’officine exercent   sur un territoire médian susceptible de leur apporter une vision éclairée des besoins en matière d’organisation des soins. Les échanges entre l’ensemble de ces professionnels permettent, in fine, de cadrer le territoire de la CPTS.

Si le pharmacien d’officine n’intègre pas le bureau de la structure ou, a minima, la CPTS, il encourt le risque de se voir imposer un territoire qui n’est pas adapté à la réalité. Fort heureusement, l’intégration dans les CPTS des pharmaciens qui le souhaitent est automatique, la difficulté principale résidant dans le fait que certains pharmaciens ne savent pas ce qu’est une CPTS.

  • Création des CPTS : quelles démarches ?
  • les territoires des CPTS peuvent par exemple correspondre à un tour de garde des pharmaciens. Lorsque le territoire de la CPTS est circulaire, le siège, précisé dans les statuts, se trouve généralement au centre. Il peut également se trouver au lieu du domicile du président ; l’emplacement du siège déterminant la CPAM signataire de l’accord tripartite avec la CPTS, il convient d’être vigilant sur ce choix ;
  • préalablement à la création d’une CPTS, il est indispensable de rencontrer les acteurs locaux (professionnels de santé éventuellement membres de réseaux de santé, hôpitaux, …) qui ont vocation à être intégrés dans le territoire concerné. Il est également judicieux de rencontrer le président du conseil régional, les associations de maires, les maires des communes dans lesquelles les CPTS seront implantées, ainsi que les associations du milieu médico-social, ces acteurs pouvant apporter leur soutien à la création de la communauté ;
  • il est en outre conseillé de rencontrer la personne de l’ARS responsable de ce dossier. Ce sera l’occasion de lui expliquer la logique et la cohérence du territoire choisi et lui présenter la pluralité de professionnels contactés ;
  • le diagnostic territorial doit répertorier les pathologies présentes sur le territoire. Les pathologies chroniques sont ainsi souvent répertoriées. Les pharmaciens d’officine disposent d’une vision d’ensemble des pathologies présentes sur un territoire ;
  • il est conseillé d’inviter tous les professionnels de santé à la première assemblée générale, afin qu’ils puissent être intégrés. Cette première réunion peut être l’occasion de s’excuser d’avoir éventuellement oublié quelqu’un et de prévenir que le parcours de création sera long. Il convient également d’expliquer que la finalité n’est pas de régler les problématiques monoprofessionnelles et que la CPTS est créée afin d’organiser et de rémunérer la coordination des professionnels de santé et non les professionnels pris individuellement ;
  • il convient en outre de contracter une assurance pour la structure et de prendre attache auprès d’un expert-comptable et d’un commissaire aux comptes.

Enfin, pour mémoire, l’ACI CPTS permet de financer les outils nécessaires à la coordination au sein de la CPTS. Npous vous présentons les budgets alloués par l’ACI CPTS pour démarrer, selon la taille des CPTS :

Rémunération CPTS de moins de 30 000 habitants CPTS de 30 000 à 80 000 habitants CPTS de 80 000 à 175 000 habitants CPTS de plus de de plus de 175 000 habitants
Financement du fonctionnement de la communauté professionnelle 50 000 € 60 000 € 75 000 €   90 000 €
  • Quelles modalités de coordination avec les autres professionnels de santé au sein de la CPTS ?

L’un des principaux outils de coordination au sein de la CPTS est la téléconsultation, dont les conditions de prise en charge ont notamment été définies dans l’avenant n° 6 à la convention nationale des médecins et l’avenant N° 15 à la convention nationale pharmaceutique.

Sophie Sergent (FSPF National), Valérie de Lécluse (Présidente FSPF13) et Brigitte Ferren (Présidente FSPF84)

Téléconsultation ZAVAMED

Les ordonnances issues de la plateforme ZAVAMED ou QARE sont valables.

Le pharmacien d’officine peut donc dispenser les médicaments prescrits dans ce cadre, lesquels seront pris en charge par l’assurance maladie.

Les assurés sociaux devront faire l’avance des frais, sans tiers payant possible. Les consultations, quant à elles, ne sont pas remboursables.

Les Pharmaciens du 13

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