Contraception d’urgence (lévonorgestrel) : nouvelles recommandations aux utilisatrices d’inducteurs enzymatiques

Par Date de publication : 18 Janvier 2017

Les médicaments ou produits de santé inducteurs enzymatiques peuvent diminuer l’efficacitéde la contraception d’urgence contenant du levonorgestrel (NORLEVO et génériques).

Ces produits, notamment l’éfavirenz (SUSTIVA, ATRIPLA), augmentent le métabolisme du lévonorgestrel et provoquent une réduction des taux plasmatiques du contraceptif.

Selon une étude publiée en 2012 dans la revue Infectious Diseases in Obstetrics and Gynecology,l’administration concomitante d’éfavirenz réduit les taux plasmatiques de lévonorgestrel d’environ 50 %.

En conséquence, les femmes ayant besoin d’utiliser une contraception d’urgence et ayant été traitées par un inducteur enzymatique au cours des 4 dernières semaines doivent recourir à une contraception d’urgence non hormonale (dispositif intra-utérin au cuivre)

Si cette alternative n’est pas possible, la dose standard de lévonorgestrel doit être doublée (3 mg au lieu de 1,5 mg).

Toute grossesse doit en effet être exclue chez les femmes traitées par certains inducteurs enzymatiques du fait qu’ils augmentent le risque de malformation congénitale.

Chez les femmes traitées par un inducteur enzymatique et ayant besoin d’une contraception d’urgence, il est préconisé en 1er lieu un dispositif intra-utérin au cuivre et, en cas d’impossibilité, de doubler la dose de lévonorgestrel (illustration).

L’éfavirenz réduit les taux plasmatiques de lévonorgestrel de 50 %
L’efficacité de la contraception d’urgence à base de levonorgestrel (NORLEVO et génériques) peut être diminuée par la prise concomitante d’inducteurs enzymatiques, principalement les inducteurs des enzymes CYP3A4.En effet, les inducteurs enzymatiques accélèrent le métabolisme du lévonorgestrel et entraînent une diminution des taux plasmatiques de ce contraceptif.

Cette caractéristique pharmacocinétique de NORLEVO (Cf. Monographie VIDAL – RubriqueInteractions) est observée avec les médicaments et les produits à base de plantes inducteurs des enzymes hépatiques suivants :

  • certains médicaments utilisés pour traiter l’épilepsie (comme les barbituriques, la primidone, la phénytoïne ou la carbamazépine) ;
  • certains médicaments utilisés pour traiter la tuberculose (comme la rifampicine, larifabutine) ;
  • certains médicaments utilisés pour traiter le VIH (comme le ritonavir) ;
  • certains médicaments utilisés pour traiter les infections fongiques (comme la griséofulvine) ;
  • certains produits à base de plantes (dont des compléments alimentaires) contenant dumillepertuis (Hypericum perforatum).

Une étude sur les interactions pharmacocinétiques entre la contraception d’urgence avec lelévonorgestrel et l’inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (INNTI),éfavirenz indiqués dans le traitement du VIH-1 (Carten et al, 2012) a montré quefavirenz réduisait les taux plasmatiques de lévonorgestrel d’environ 50 % (Cf. Figure 1).

Figure 1 – Taux plasmatique de lévonorgestrel selon qu’il est administré seul (courbe rouge) ou avec de l’éfavirenz (courbe bleue). D’après Carten et al, 2012

Les recommandations de l’ANSM et des laboratoires exploitants
L’exposition à certains inducteurs enzymatiques pendant la grossesse augmente le risque de malformations congénitales. Aussi, est-il recommandé aux femmes traitées par ces médicaments d’exclure toute grossesse et d’avoir recours à une contraception régulière et efficace.

Malgré ces précautions, certaines femmes peuvent avoir besoin d’utiliser une contraception d’urgence, notamment si leur traitement par un produit de santé inducteur enzymatique a eu lieu au cours des 4 dernières semaines.

Dans ce cas, les laboratoires concernés (Cf. Tableau I) préconisent, dans une lettre adressé aux professionnels de santé, d’utiliser une contraception d’urgence non hormonale, à savoir undispositif intra-utérin au cuivre (DIU-Cu).
Le DIU-Cu peut être placé jusqu’à 5 jours après un rapport sexuel non protégé.

Si l’utilisation du DIU est impossible, il est recommandé de doubler la dose standard de lévonorgestrel de 1,5 mg à 3 mg afin de compenser la réduction de la concentration plasmatique du lévonorgestrel.

Les laboratoires indiquent dans leur lettre qu’« une double dose de lévonorgestrel ne devrait pas accroître le risque d’effets indésirables ».

Cependant l’association d’une double dose de lévonorgestrel avec un inducteur enzymatique (médicament ou produit à base de plantes) n’ayant pas été étudiée, il est précisé que tout effet indésirable survenant dans cette situation doit faire l’objet d’une notification de pharmacovigilance.

Tableau I – Spécialités contenant du lévonorgestrel utilisées dans l’indication de contraception d’urgence et concernées par cette information et laboratoires exploitants
Dénomination Exploitant de l’Autorisation de Mise sur le Marché
NORLEVO 1,5 mg, comprimé Laboratoire HRA Pharma France
Information médicale et Pharmacovigilance
Tél : 01 53 24 81 00
LEVONORGESTREL BIOGARAN 1500 microgrammes, comprimé Biogaran Information médicale et Pharmacovigilance Tél : 08 11 907 917
LEVONORGESTREL EG 1,5 mg, comprimé EG Labo Information médicale et Pharmacovigilance Tél : 01 46 94 86 96
LEVONORGESTREL MYLAN 1,5 mg, comprimé Mylan S.A.S Information médicale et Pharmacovigilance Tél (service et appel gratuits) : 0800 12 35 50
Quid de la contraception « courante » utilisant le lévonorgestrel ? 
Le lévonorgestrel entre dans la composition de médicaments contraceptifs, en association avec un estrogène (Cf. VIDAL Reco « Contraception »).
Dans ces situations, l’utilisation concomitante d’inducteurs enzymatiques doit également être prise en compte.
Cette situation peut entraîner une diminution de l’efficacité contraceptive.
Cette interaction est mentionnée dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ces médicaments.
source Vidal

 

 

 

FORMATION CONTINUE DES PHARMACIENS TITULAIRES D’OFFICINE Critères de prise en charge 2017 du FIF-PL

logo FSPFCher Confrère,

Vous trouverez, ci-joint, les thèmes et plafonds de prise en charge, pour l’année 2017, des formations suivies par les pharmaciens titulaires d’officine par le Fonds interprofessionnel de formation des professionnels libéraux (FIF-PL).

Continuer la lecture de « FORMATION CONTINUE DES PHARMACIENS TITULAIRES D’OFFICINE Critères de prise en charge 2017 du FIF-PL »

AIDE A L’EMBAUCHE DANS LES PME Prolongation du dispositif jusqu’au 30 juin 2017

 

Un décret publié au Journal Officiel du 30 décembre 2016 a prolongé jusqu’au 30 juin 2017 le dispositif de l’aide à l’embauche dans les petites et moyennes entreprises (PME). 

La FSPF se réjouit de la prolongation de cette aide qui constitue un véritable soutien à la création d’emplois.

Confraternellement, 

Philippe GAERTNER

Président

__________________________________________

Fédération des Syndicats Pharmaceutiques de France

13, rue Ballu 75009 Paris

Tél. 01 44 53 19 25 – Fax 01 44 53 21 75 – www.fspf.fr

L’unité de la profession avant tout !

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Le 22 février, les deux syndicats représentatifs des pharmaciens d’officine entameront les négociations de la convention nationale pharmaceutique avec Nicolas REVEL, directeur général de l’UNCAM(1).

S’il existe des divergences sur les actions à mener avant le démarrage des discussions, il est essentiel pour la FSPF que la profession se présente UNIE à la table des négociations autour d’un projet commun et ambitieux pour l’avenir de l’officine.

L’action de tous sera jugée sur les résultats à l’issue de cette convention et sur la nécessaire valorisation de notre profession. A ce titre, rien ne doit laisser la place, dans cette négociation, aux « querelles de clocher ».

De nombreuses positions sont partagées entre les deux syndicats, et de manière plus large avec l’ensemble des acteurs de la profession, sur les revendications économiques, professionnelles et sur l’évolution du réseau officinal.

C’est ensemble que nous réussirons.

(1) Union nationale des caisses d’assurance maladie

 

Editorial de Philippe LANCE

Philippe LANCE - PrésidentSi vous lisez la presse professionnelle papier ou électronique, si vous consultez les forums facebook® pharmaciens, vous avez compris que les tensions intersyndicales nationales reviennent aussi vite qu’elles étaient parties si, tant soit peu, qu’elles avaient disparu.

La position de notre syndicat du 13 se met à l’unisson de celle de notre fédération nationale (FSPF). Mais il était tentant et excitant d’organiser une grève et une manifestation de rue face aux énormes difficultés que rencontrent la plupart des confrères du 13.

Il est normal que nous donnions quelques explications à cette volonté de négocier la convention sans manifester auparavant notre mécontentement dans la rue.

  • La volonté de faire grève venait du syndicat USPO qui ne croyait plus à l’envoi par la Ministre de la Santé (Marisol Touraine) au Directeur de la CNAM (Nicolas Revel) de la fameuse lettre de cadrage. lettre_cadrage_convention_pharmaceutique_02012017

La lettre a bien été réceptionnée avec quelques jours de retard. Le motif principal de la « révolte » était effacé!

  • Les raisons secondaires de la mise en place de la grève sont de mettre la pression sur la négociation conventionnelle et signifier le mécontentement de la profession. Pour notre syndicat départemental, ces deux raisons sont superfétatoires car mettre la pression avec une fermeture de deux ou trois heures pour aller  manifester devant la CPAM locale permettra aux confrères motivés d’avoir le sentiment du travail accompli mais n’amènera aucune pression pour les négociations conventionnelles. Quant à signifier le mécontentement des pharmaciens, tous les hommes politiques et tous les hauts fonctionnaires de Bercy et de l’UNCAM connaissent les difficultés et l’anxiété de la profession depuis bien longtemps.
  • Il est apparu une dernière (nouvelle) justification pour l’USPO bien après le déclenchement de leur mot d’ordre de grève: le contenu de la lettre de cadrage. L’USPO n’en a vu que les menaces sans en apercevoir les possibles champs de négociation. Loin de moi l’idée de commenter la lettre de la ministre et je ne nie pas les plus ou moins discrets pièges mis en place par de boutonneux énarques parisiens dans cette missive mais ces orientations restent avant tout une volonté d’atténuer les pertes économiques qu’a lourdement subi notre profession sur le « cœur de métier » qui reste la principale activité et la raison d’exister pour l’immense majorité des pharmacies. Toutefois l’immobilisme camouflé par un vernis d’innovations ne peut pas être une politique syndicale et la négociation doit rester primordiale et valoriser financièrement nos activités premières: dispensation, conseils et prévention.

Certains confrères prendront mes écrits comme du défaitisme mais ce n’est pas le cas et je rêve d’une grande action nationale et brutale si mes, nos espoirs étaient déçus.

L’espoir de voir nos représentants syndicaux écoutés, l’espoir de voir nos revendications communes comprises et acceptées, l’espoir qu’enfin les politiques, économistes à la petite semaine et les journalistes comprennent le travail de nos équipes officinales, tous ces espoirs ne doivent pas être déçus parce que, si cela ne se retrouve pas dans la futur convention, nous vous solliciterons pour une action forte qui marquera pour des années la population française.

Nous ne nous associons pas à l’action du 26 janvier 2017 et encore moins à une « grève des gardes » qui pénalise essentiellement les pharmaciens sans vraiment toucher le public. Espérons que les négociations conventionnelles se passent au mieux et au plus vite. Ne donnons aucun prétexte à la CNAM-TS de retarder les entretiens qui devraient commencer début février et se poursuivre tous les 20 jours jusqu’au mois d’avril 2017. Le « timing » est serré et ne trouvons aucun prétexte pour le dérégler surtout avec une grève « préventive ».

Je comprends la décision de continuer le mouvement engagé par l’USPO, je comprends les confrères excédés qui désirent manifester leur exaspération dans la rue mais je fais totalement confiance à la FSPF, à Philippe GAERTNER et à son pouvoir de négociation. 

 

Philippe LANCE

Président du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône.

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