Aciclovir 5 % crème, norfloxacine et loméfloxacine bientôt déremboursés

En raison d’un service médical rendu (SMR) jugé insuffisant par la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé, les spécialités suivantes seront déremboursées à compter du 25 juin 2019 :

  • ZOVIRAX 5 % © crème en tube de 10 g (aciclovir) et ses génériques
  • les spécialités de norfloxacine 400 mg comprimé pelliculé
  • LOGIFLOX 400 mg© comprimé pelliculé sécable (loméfloxacine)
  • DECALOGIFLOX© comprimé pelliculé sécable (loméfloxacine) 

Nous vous appelons dès maintenant à la plus grande vigilance concernant vos commandes et la gestion de vos stocks de ces spécialités, aucun délai d’écoulement n’étant prévu au-delà de cette date.

Il conviendra également de veiller à la mise à jour de leur fichier prix, ces médicaments passant à une TVA de 10 %.

Valérie de Lécluse

Présidente du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône

La HAS rappelle le calendrier de son évaluation des médicaments homéopathiques

La commission de la transparence de la Haute Autorité de Santé (HAS) procède à l’évaluation des médicaments homéopathiques depuis plusieurs mois.

Celle-ci est toujours en cours et la HAS devrait rendre son avis définitif en juin, une fois que l’ensemble des étapes d’évaluation seront franchies.

Saisie à l’été 2018 par la ministre chargée de la Santé, la Haute Autorité de santé (HAS) a initié l’évaluation des médicaments homéopathiques en vue de rendre un avis sur le bien-fondé de leur remboursement. La commission de la transparence, chargée au sein de la HAS de mener ces évaluations en vue du remboursement, s’est donné un objectif de publication en juin prochain. La procédure d’évaluation des produits de santé est réglementée, comporte différentes étapes qui garantissent l’équité de l’évaluation de chaque produit, l’indépendance de l’expertise et in fine la légitimité scientifique de l’avis rendu par la HAS.

Les phases de l’évaluation d’un produit de santé sont fixées dans la réglementation qui prévoit la confidentialité des travaux et des documents jusqu’à l’adoption de l’avis définitif.

  • Préparation du dossier par le service évaluation du médicament de la HAS :

Analyse de la littérature scientifique, des contributions, des documents et dossiers déposés par les laboratoires : travail initié en septembre 2018 et mené jusqu’à la fin du 1e trimestre 2019.

  • Phase de travail de la commission de la transparence :
    • Auditions de parties prenantes : avril 2019
    • Examen du dossier : 17 avril 2019
    • Adoption du projet d’avis : 15 mai 2019
  • Phase contradictoire d’une durée de 10 à 55 jours : mai/juin

Les 3 laboratoires concernés disposent de 10 jours à compter de la réception du projet d’avis pour formuler des observations écrites et/ou demander à être entendus par la commission. Si c’est le cas, la commission de la transparence dispose alors de 45 jours pour donner suite à ces demandes d’audition.

  • Avis définitif de la CT : objectif de publication juin

Anti-TNF: Attention de bien vérifier la validité du prescripteur.

Des contrôles portant sur la facturation des pharmaciens, diligentés par l’Agence Comptable Nationale, ont révélé des erreurs de saisie du numéro de prescripteur par des professionnels de santé. En effet, certains pharmaciens facturent sur des numéros d’identification de prescripteurs non conformes à la prescription, les factures restant toutefois conformes à la règlementation.

Ce contrôle a essentiellement une portée pédagogique et se traduit par un accompagnement des pharmaciens à l’origine de l’anomalie. En aucun cas, ces anomalies ne font l’objet d’un indu au pharmacien pour ce seul motif, dès lors qu’aucune incidence financière n’est constatée. 

Par ailleurs, une étude a été menée en 2017 sur les prescriptions de molécules anti-Tumour Necrosis Factor (anti-TNF). L’objectif était d’identifier les médicaments prescrits par des médecins n’ayant pas la spécialité requise. Au sein des différentes classes de médicaments à prescription restreinte, les anti-TNF prescrits par des médecins généralistes ont été identifiés comme cible prioritaire d’étude compte tenu de l’importance des montants financiers versés.  

En effet, les anti-TNF occupent une place importante dans la stratégie thérapeutique de pathologies chroniques en rhumatologie, en gastro-entérologie ou en dermatologie. Cette classe thérapeutique est disponible en officine de ville  dans les spécialités suivantes : Enbrel, Humira, Cimzia et Simponi.

Pour mémoire, ces médicaments sont soumis à des règles de prescription restrictives, reprises dans le tableau ci-dessous :

 

Médicament
Modalités de prescription
ETANERCEPT

Enbrel – Benepali – Erelzi

Prescription initiale hospitalière annuelle

Prescription réservée aux spécialistes en : Dermatologie, Rhumatologie, Médecine interne, Pédiatrie.

CERTOLIZUMAB

Cimzia

Prescription initiale hospitalière annuelle

Prescription réservée aux spécialistes en : Rhumatologie, Médecine interne

ADALIMUMAB

Humira

Prescription initiale hospitalière annuelle

Prescription réservée aux spécialistes en : Dermatologie, Hépato/gastro-entérologie, Rhumatologie, Médecine interne, Pédiatrie.

GOLIMUMAB

Simponi

Prescription initiale hospitalière annuelle

Prescription réservée aux spécialistes en : Hépato/gastro-entérologie, Rhumatologie, Médecine interne.

 

A noter que dans la région PACA, sur la période du 1er janvier  au 31 août 2017, 18.8 millions d’euros d’anti TNF ont été prescrits par des médecins généralistes.

CPAM Montant d’anti TNF prescrits pas des MG
04 729 000 €
05 416 000 €
06 4 millions d’€
13 8.2 millions d’€
83 3.7 millions d’€
84 1.7 millions d’€

 Ainsi, 2 273 prescriptions, réalisées sur la période du 1er janvier 2017 au 30 juin 2018, ont été analysées dans les Bouches-du-Rhône :

  • 10% ont été facturées sous un numéro de prescripteur fictif (soit 198 prescriptions)
  • 34% correspondent à une mauvaise saisie du numéro prescripteur de la part du pharmacien (soit 768 délivrances) è des visites spécifiques auprès des 288 pharmacies concernées seront réalisées par les DAM de fin septembre à novembre 2018.
  • 56% ont été réalisées à tort par un médecin généraliste (soit 1 266 délivrances) è des courriers aux prescripteurs pour lesquels le montant des prescriptions est supérieur à 5 000 € (69 médecins) et aux pharmaciens (267 pharmacies) vont être adressés au cours de la semaine du 10 au 14 septembre 2018. 

Il convient donc d’apporter une vigilance particulière sur deux points :

  • La correcte saisie du numéro RPPS, afin notamment que celui-ci puisse être relié au professionnel de santé prescripteur et exploité dans le cadre de différentes études.
  • La non-délivrance de médicaments à prescription restreinte lorsque la spécialité prescriptrice n’est pas correcte.

Le conseil du syndicat: N’hésitez pas à mettre un commentaire sur la fiche produit du type: « interdit de prescription aux généralistes ».


 

SUBSTANCES VENENEUSES   Classement sur la liste I de substances injectables

Un arrêté du 14 mai 2018 classe sur la liste I des substances vénéneuses divers produits et spécialités pharmaceutiques depuis le 19 mai 2018, notamment des antiviraux et des anticancéreux.

Est également inscrit :

  • le chlorure de sodium lorsqu’il est administré par voie injectable

Cette inscription semble suivre un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail (ANSES)[1], qui considère que le mode d’administration du produit est de nature à entraîner son listage comme cela est déjà le cas pour le glucose injectable[2].

Vous retrouverez enfin l’intégralité des produits et spécialités nouvellement inscrits en consultant l’arrêté du 14 mai 2018 publié au Journal Officiel du 18 mai 2018.

 


 

 

[1] avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) rendu le 26 janvier 2018 portant sur une demande d’avis relatif à un projet d’arrêté portant inscription sur les listes des substances vénéneuses.

[2] circulaire 2017-109 diffusée le 27 septembre 2017.

 

Lyrica® (prégabaline) 300mg: les trafics et les intimidations continuent.

Nous sommes intervenus à plusieurs reprises auprès de l’ARS PACA, du Conseil Régional de l’Ordre des Pharmaciens, du Centre d’addictovigilance et de la Préfecture de Police pour signaler un important trafic de Lyrica® 300mg sur Marseille centre et maintenant sur le département.

Ce médicament énormément détourné de son usage en Algérie depuis quelques années commence à avoir le même destin dans le sud de la France.

Les pharmaciens nous appellent de + en + fréquemment sur les menaces d’intimidation et au mieux sur les demandes insistantes des « patients ». La plupart des prescriptions sont fausses mais des médecins qui ont peur prescrivent facilement ce médicament à la demande de ces délinquants.

Nous n’avons obtenu aucune réponse écrite de la part de la Préfecture de Police aussi nous allons réitérer notre demande de rencontre au moyen de RAR.

Si vous êtes dans ce cas de délivrance sous menaces ou sous la peur, n’hésitez pas à vous faire connaitre auprès de nous que vous soyez adhérents ou pas.

Le problème se pose aussi pour le Rivotril® mais la législation étant plus contraignante, c’est moins fréquent.

P.L

Les Pharmaciens du Sud

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