DGS-Urgent n°2021- 90 : Lancement de la campagne de rappel vaccinal contre la COVID-19 pour les populations prioritaires

Mesdames, Messieurs,

Les études récentes suggèrent une baisse de l’efficacité au cours du temps de tous les vaccins contre la Covid-19, en particulier contre le variant Delta. Cette baisse de protection concerne essentiellement l’efficacité contre l’infection et contre les formes symptomatiques, l’efficacité contre les formes graves restant à un niveau élevé, quel que soit le vaccin administré. Elle ne touche pas seulement les personnes âgées et les populations à risque de forme grave, mais ces dernières demeurent les plus affectées.

C’est pourquoi, conformément aux différents avis scientifiques rendus depuis le mois d’avril[1], le Président de la République a annoncé le 11 août le lancement d’une campagne de rappels de vaccination anti-Covid-19 dès le mois de septembre 2021 pour certaines populations prioritaires particulièrement vulnérables.

1. Populations éligibles à un rappel vaccinal

Les populations éligibles à un rappel vaccinal dès le mois de septembre 2021 sont les suivantes :

  • Les résidents des EHPAD et des USLD ;
  •  Les personnes de plus de 65 ans ;
  • Les personnes à très haut risque de forme grave[2] ;
  • Les personnes présentant des pathologies facteurs de risque de forme grave, selon la classification établie par la Haute Autorité de Santé (voir liste en annexe) ;
  • Les personnes sévèrement immunodéprimées ;
  • Les personnes ayant reçu le vaccin Covid-19 Janssen.

Pour les quatre premiers groupes de personnes, le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale (COSV) dans son avis du 19 août 2021 et la Haute Autorité de Santé dans son avis du 23 août 2021 recommandent un délai d’au moins 6 mois entre la primo-vaccination complète et l’administration de la dose de rappel. Concrètement, les personnes ayant été primo vaccinées selon un schéma à deux doses, recevront leur dose de rappel (ou troisième dose) à partir de six mois après la deuxième dose.

Pour les patients sévèrement immunodéprimés, conformément à l’avis du COSV, l’administration d’une dose de rappel peut être réalisée dans un délai inférieur à 6 mois (mais d’au moins 3 mois), dès lors qu’il est jugé par l’équipe médicale que la quatrième dose permettrait d’améliorer la réponse immunitaire.

Pour les personnes ayant reçu le vaccin Covid-19 Janssen, la Haute Autorité de Santé recommande un délai minimal de 4 semaines entre la primo-vaccination et la dose de rappel.

D’autres groupes de population sont susceptibles de bénéficier dans le courant de l’automne d’un rappel vaccinal, selon l’évolution des connaissances scientifiques.

A ce jour, les patients ayant contracté la Covid-19 postérieurement à leur premier schéma vaccinal ne doivent pas se voir proposer de dose de rappel. Cette question devra donc être posée systématiquement lors de l’entretien préalable à la vaccination et la réponse tracée dans le questionnaire médical, dont une nouvelle version est jointe en annexe.

2. Modalités du rappel vaccinal

2.1. Type de vaccins proposés

Les résidents des EHPAD et des USLD se verront proposer le rappel vaccinal directement au sein des établissements, selon des modalités qui leur ont été précisées par les ARS.   

Pour les autres groupes de population éligibles, le rappel pourra être effectué soit en centre de vaccination soit auprès d’un professionnel de ville (médecin, pharmacien, infirmier, sage-femme) habilité à prescrire et à administrer le vaccin.

Conformément à l’avis de la Haute Autorité de Santé du 23 août, y compris pour les personnes ayant reçu le vaccin Covid-19 Janssen, ce rappel pourra être effectuée indifféremment avec le vaccin Comirnaty® de Pfizer-BioNTech ou avec le vaccin Spikevax® de Moderna, selon les vaccins qui leur sont accessibles ; quel que soit le vaccin utilisé pour la primovaccination. Les patients ayant bénéficié d’un premier schéma vaccinal avec le vaccin Astra Zeneca ou Janssen doivent également bénéficier d’une dose de rappel avec un vaccin à ARN Messager. 

2.2. Traçabilité dans Vaccin Covid

La traçabilité de ce rappel vaccinal doit être assuré dans le système d’information « Vaccin Covid ». A la saisie d’une nouvelle injection pour une personne dont le cycle vaccinal est enregistré comme terminé (après une, deux ou trois injections), les professionnels sélectionneront le motif « Rappel » dans la liste déroulante prévue à cet effet. Ce motif permettra de distinguer les rappels des autres vaccinations, en l’occurrence les troisièmes doses pour les patients sévèrement immunodéprimés, pour lesquelles le motif « Motif médical » sera sélectionné.  Les vaccinations de rappel n’auront pas d’incidence sur la complétude des schémas vaccinaux terminés. Les professionnels ne génèreront pas de nouveau QR-Code. Cette fonctionnalité de Vaccin Covid ne sera toutefois opérationnelle qu’à partir du 14 septembre.

Pour les rappels effectués avant le 14 septembre, sauf pour les patients sévèrement immunodéprimés ayant reçu trois doses et nécessitant d’ores-et-déjà un rappel, les vaccinations de rappel devront être enregistrées comme une nouvelle injection (après une ou deux injections) mais sans possibilité de préciser qu’il s’agit d’un rappel de vaccination afin de les distinguer des troisièmes doses de vaccin pour motif médical.

Pour les patients sévèrement immunodéprimés ayant reçu trois doses et nécessitant un rappel, la version actuelle de Vaccin Covid ne permettant pas encore de saisir une quatrième injection, les informations devront être consignées sur un document papier puis rentrées dans Vaccin Covid à partir du 14 septembre.

2.3. Articulation avec la vaccination contre la grippe saisonnière

La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chez les personnes de 65 ans et plus et les personnes à risque de grippe sévère ou compliquée. Compte tenu du délai de 6 mois entre la dose de rappel et la primo-vaccination, l’administration de la dose de rappel contre la Covid 19 correspondra à la période de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière (du 26 octobre au 31 janvier) pour une majorité de ces personnes,

Pour éviter tout retard à la vaccination antigrippale et simplifier le parcours vaccinal, la Haute Autorité de Santé recommande de procéder à l’administration concomitante du rappel de vaccin contre la Covid-19 et du vaccin contre la grippe saisonnière dès lors qu’une personne est éligible aux deux vaccinations.

Il est conseillé de rappeler aux personnes réalisant leur rappel de vaccination contre la Covid-19 avant le lancement de la campagne de vaccination antigrippale l’importance de réaliser leur vaccination antigrippale dès qu’elle sera possible.

3. Calendrier

La prise de rendez-vous en centre de vaccination pour une dose de rappel sera ouverte à ces catégories de population le 30 août. En ville comme en centre de vaccination, les injections peuvent démarrer le 1er septembre.

Vous retrouverez le présent message sur le site du ministère. 

En vous remerciant vivement de votre mobilisation.

                 Bernard CELLI                                   Maurice-Pierre PLANEL  

Responsable de la Task Force Vaccination  Directeur général Adjoint de la Santé



[1] Avis du COSV du 30 avril, du 11 mai, du 2 juillet et du 19 août, avis du Conseil scientifique du 6 juillet et avis de la Haute Autorité de Santé du 15 juillet.
[2] Il s’agit des patients : atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ; atteints de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ; transplantés d’organes solides ; transplantés par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ; atteints de poly-pathologies chroniques et présentant au moins deux insuffisances d’organes ; atteints de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (liste spécifique établie par le COS et les filières de santé maladies rares) atteints de trisomie 21.

Annexe : Liste des pathologies associées à un risque de forme grave (liste établie par la Haute Autorité de Santé)

·         Pathologies cardio-vasculaires :

o    hypertension artérielle compliquée (notamment complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales) ;

o    antécédent d’accident vasculaire cérébral ;

o    antécédent de chirurgie cardiaque ;

o    insuffisance cardiaque ;

o    antécédents de coronaropathie.

·         Diabète de types 1 et 2 ;

·         Pathologies respiratoires chroniques susceptibles de décompenser lors d’une infection virale, notamment :

o    broncho pneumopathie obstructive,

o    insuffisance respiratoire,

o    asthme sévère,

o    fibrose pulmonaire,

o    syndrome d’apnées du sommeil.

·         Insuffisance rénale chronique ;

·         Obésité avec indice de masse corporelle ≥30 ;

·         Cancer ou hémopathie maligne ;

·         Maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;

·          Immunodépression congénitale ou acquise ;

·         Syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;

·          Pathologies neurologiques :

o    maladies du motoneurone,

o    myasthénie grave,

o    sclérose en plaques,

o    maladie de Parkinson,

o    paralysie cérébrale,

o    quadriplégie ou hémiplégie,

o    tumeur maligne primitive cérébrale,

o    maladie cérébelleuse progressive.

·         Troubles psychiatriques ;

·         Démence.

Tests antigéniques : actus et rappels

Sur la période du 10 au 17 août, environ 11 000 officines ont réalisé plus de 2,9 millions de tests antigéniques, soit 86,1 % du total des tests antigéniques réalisés durant ces sept jours. Par ailleurs, près de 2 000 officines ont supervisé près de 64 000 autotests, soit 89,1 % du total des autotests supervisés réalisés sur cette période.

Ces chiffres démontrent la forte mobilisation des pharmaciens d’officine dans la lutte contre la Covid-19 et leur implication au quotidien auprès des patients.

  • Liste des logiciels compatibles avec SI-DEP

 L’enregistrement des résultats des tests se fait dans le téléservice SI-DEP. Pour faire suite à notre demande, le ministère de la Santé nous a communiqué la liste exhaustive des sociétés dont les logiciels sont compatibles avec SI-DEP, au 19 août 2021 :

–      éOS, éditeur Fédération Française de Sauvetage et de Secourisme,

–      Ordoclic, éditeur Ordoclik’

–      Pharmacovid, éditeur Pharmasoft SAS

–      Fastcovid, éditeur SIL-LAB

–      Bimedoc, éditeur Bimedoc

–      Magenet, éditeur MagentineHealthcare

–      Izymeet, éditeur ITEKCOM

–      Libheros, éditeur Lib-heros SAS

–      RDV by QuizCoach, éditeur Quiz Coach

–      VALWIN Pharma, éditeur VALWIN

  • Réalisation de tests au sein de barnums

 Après déclaration au préfet, vous pouvez effectuer des tests antigéniques dans tout lieu autre que votre lieu d’exercice habituel, à condition qu’il présente des garanties suffisantes de qualité et de sécurité. Ces lieux peuvent être privés (par exemple cour ou parking de l’officine) ou publics. S’ils sont publics, une demande préalable d’occupation du domaine public doit être effectuée auprès de la mairie.

 La plateforme de déclaration est accessible en cliquant ici.

 Si vous mettez en place un barnum pour la réalisation de tests antigéniques, assurez-vous qu’il soit à proximité immédiate de votre officine. Par ailleurs, si vos préparateurs en pharmacie et vos étudiants en pharmacie peuvent réaliser des prélèvements, ceux-ci doivent se faire sous votre responsabilité. Vous devez donc être présents sur place.

Téléchargez notre foire aux questions en cliquant ici.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président

TAG : prise en charge pour les demandeurs d’asile

L’assurance maladie nous a alertés sur le refus de certains pharmaciens d’officine d’appliquer la prise en charge à 100 % pour les tests antigéniques réalisés au profit de demandeurs d’asile. 

Nous vous rappelons que les tests antigéniques sont pris en charge pour les personnes suivantes : 

  • Personnes résidant en France, qu’elles aient ou non la qualité d’assurés sociaux.
  • Personnes relevant d’un Etat membre de l’UE ou partie à l’accord sur l’Espace économique européen (EEE) ou de Suisse sur prescription médicale ou si elles sont identifiées comme cas contact, sur présentation de la carte européenne d’assurance maladie.
  • Personnes en provenance d’un pays classé dans la zone rouge, sur présentation de l’arrêté préfectoral individuel justifiant de leur isolement et de la nécessité de réaliser un test à l’issue de cet isolement.
  • Personnes non admises au séjour et faisant l’objet d’une décision d’éloignement, dont l’exécution nécessite la réalisation d’un test de dépistage, sur présentation d’un document établi par la police aux frontières. 

Les demandeurs d’asile étant considérés comme des résidents, leurs tests antigéniques sont pris en charge intégralement par l’assurance maladie. 

Il vous convient donc de facturer leurs tests directement à l’assurance maladie, selon les modalités précisées dans notre foire aux questions, que vous pouvez consulter en cliquant ici.  

Confraternellement, 

Philippe BESSET 

Président de la FSPF

COVID-19 : autotests supervisés

Depuis le 9 août, vous pouvez superviser la réalisation d’autotests dans votre officine ou dans le cadre d’opérations de dépistage à large échelle organisées par une collectivité territoriale ou un organisme de droit public.

 Les autotests réalisés sous la supervision d’un professionnel de santé permettent, en cas de résultat négatif, de générer une preuve reconnue dans le cadre du passe sanitaire.

 A noter : destinés à faciliter la mise en place du passe sanitaire, les autotests supervisés constituent un moyen complémentaire à l’offre de tests RT-PCR et de tests antigéniques, qui doit continuer d’être proposée partout et à chaque fois que cela est possible.

Public cible

 Les personnes majeures, asymptomatiques, et qui ne sont pas cas contact relevant des deux catégories suivantes :

  • les personnes souhaitant accéder aux activités soumises au passe sanitaire ;
  • les personnes non vaccinées soumises à l’obligation vaccinale qui devront effectuer des tests itératifs jusqu’au 14 septembre au plus tard, et, par dérogation au 15 octobre au plus tard, si elles ont reçu une première injection dans le cadre d’un schéma vaccinal en prévoyant deux.

Rémunération

 A noter : la rémunération est conditionnée à la saisie du résultat, positif ou négatif, dans SI-DEP le jour de la réalisation de l’autotest.

  • Opérations de dépistage organisées au sein de l’officine
 Supervision de l’autotest et renseignement SI-DEPAutotest (matériel)
Tarif métropole TTC8,70 € (TVA 0 %)4,20 € (TVA 0 %)
Majorations DOM1,051,3 (Guadeloupe, Saint-Barthélémy, Saint-Martin), 1,15 (Martinique), 1,2 (Guyane et Réunion), 1,36 (Mayotte)
Facturation AMO– 1 code PMR 8,70 €+ 1 code PMR 4,20 € (adaptés dans les DOM)
– Pharmacien : prescripteur et exécutant
– NIR du patient
– EXO 3
– Facturation SESAM VitaleSi absence de NIR :
– NIR anonyme spécifique 1 55 55 55 CCC 023 (CCC = n° de la caisse de rattachement de l’officine) avec date de naissance 31/12/1955
– Facturation SESAM sans Vitale
  • Opérations de dépistage à large échelle

 Pharmaciens titulaires d’officine

 Semaine et samedi matinSamedi après-midi, dimanche et jours fériés
Rémunération par heure d’activité (si présence de moins de 4h)70 €75 €
Rémunération par demi-journée280 €300 €
Facturation AMOBordereau, visé par l’entité organisatrice, et transmis par le pharmacien d’officine à l’Assurance maladie

 Pharmaciens d’officine salariés

 Entre 6h et 8hEntre 8h et 20hEntre 20h et 23hEntre 23h et 6h et dimanche et jours fériés
Rémunération par heure d’activité48 €32 €48 €64 €
Facturation AMOBordereau, visé par l’entité organisatrice, et transmis par le pharmacien d’officine à l’Assurance maladie

 Délivrance d’autotests aux professionnels de santé autorisés

 Vous avez pour mission d’approvisionner gratuitement en autotests les professionnels de santé en charge d’opérations d’autotests réalisés sous supervision. Pour cette prestation, vous êtes rémunérés par l’Assurance maladie de la manière suivante.

 Délivrance de l’autotest au PS
Tarif métropole TTC4,20 € (TVA 0 %)
Majorations DOM1,3 (Guadeloupe, Saint-Barthélémy, Saint-Martin), 1,15 (Martinique), 1,2 (Guyane et Réunion), 1,36 (Mayotte)
Facturation AMO– 1 code PMR correspondant à 4,20 € x nombre d’autotests de la boîte (adapté dans les DOM)
– N° AM du prescripteur
– NIR spécifique générique 1 55 55 55 CCC 025 (CCC = n° de la caisse de rattachement de l’officine) avec date de naissance 31/12/1955
– EXO 3
– Facturation SESAM sans Vitale Si absence de n° AM :
– Renseigner FINESS, n° RPPS, spécialité du PS
– Transmettre un scan de la prescription des autotests du PS

Pour en savoir plus, vous pouvez consultez notre foire aux questions en cliquant ici.

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