STOP AU CAFOUILLAGE – Il faut simplifier le dispositif de traçabilité des masques !

Vous recevez actuellement la nouvelle dotation de masques médicaux en provenance de l’État : en dépit du contingentementelle est insuffisante et ne répondra aux besoins que pour quelques jours.

Depuis le 17 mars, jour de la première livraison des masques du stock de l’Etat, la FSPF demande au Gouvernement de mettre en œuvre un dispositif de traçabilité nationale unique qui donne à la fois à la cellule nationale de crise une visibilité sur l’état des stocks en officine tout en déclenchant leur réapprovisionnement automatique. Cet outil aurait également l’avantage de permettre aux soignants de se rattacher à une officine donnée afin d’être prévenus de l’arrivée de leur dotation et, ainsi, d’éviter les doublons.

Le 18 mars, nous vous informions de l’initiative de l’assurance maladie de diffuser un modèle de tableau de suivi à envoyer périodiquement à la CPAM de rattachement et aux grossistes-répartiteurs. Nous avions accompagné cette première démarche dans l’attente de mesures réglementaires instituant un dispositif répondant à l’ensemble des attentes de la profession.

Depuis, des initiatives locales de confrères, de CPTS, d’URPS en lien avec leurs ARS ou de conseils régionaux de l’Ordre des pharmaciens ont abouti à la mise en place de procédures de suivi qui répondent à certains des objectifs nécessaires à la gestion des stocks nationaux et auxquelles s’ajoutent parfois des dotations en provenance d’ARS, de collectivités ou de particuliers.

Aucune de nos demandes n’ayant été entendue (livraison par les répartiteurs, équipement des préparateurs…), nous saisissons ce jour le ministre de la Santé afin notamment qu’une consigne nationale simple et efficace soit donnée pour le suivi de la distribution des masques. Nous en avons appelé à l’ensemble des soignants et nous nous joignons à eux dans une protestation commune.

Dans l’attente d’un dispositif national harmonisé et unique, nous vous proposons d’utiliser le modèle de tableau d’attribution des masques à télécharger iciS’il est inutile pour l’instant de le transmettre aux grossistes et aux CPAM, il importe toutefois de le conserver pour témoigner, si nécessaire et en temps utile, de la bonne gestion des masques issus du stock de l’Etat.

S’agissant des outils locaux et régionaux qui sont proposés, vous avez ont toute latitude pour les utiliser, en lieu et place du tableau d’attribution joint, dès lors qu’ils permettent, a minima, de disposer à l’officine de la traçabilité du stock de masques issus de l’Etat.

Une dotation suffisante, une seule saisie, un seul envoi à une autorité de santé, voilà ce qu’attendent les pharmaciens d’officine !

Confraternellement,

Philippe BESSET

Un début d’année 2020 très insatisfaisant

En janvier 2020, l’activité du réseau enregistre une légère baisse. Cette évolution s’explique par une décroissance du marché des médicaments remboursables et non remboursables. Si pour ces dernières spécialités, elle résulte d’un transfert des achats vers d’autres produits hors monopole pharmaceutique, cette évolution sur le champ du remboursable provient d’une faible pathologie hivernale.

L’effet structure est toujours présent, comme le souligne le GERS : en janvier, le chiffre d’affaires industriel a augmenté de 1,9 %, alors que parallèlement les achats diminuaient de 3,8 %. Les chiffres en provenance d’IQVIA confirment également ce maintien, puisque les croissances en valeur des unités et du chiffre d’affaires prix public des médicaments avec un PFHT supérieur à 1 500 € restent non négligeables.

Depuis le 1er janvier 2020, les honoraires pour la dispensation de médicaments spécifiques (HDE) et liés à l’âge des assurés (HDA) ont été portés respectivement à 3,50 euros HT (contre 2 euros HT en 2019) et 1,55 euros HT (contre 0,50 euros HT en 2019).

En dépit de cette revalorisation, la rémunération sur le porté au remboursement diminue de plus de 5 millions d’euros. Il est important de remarquer qu’elle aurait été juste à l’équilibre, avec la hausse de l’honoraire HC à 1 euro. Sa diminution de 50 centimes à 30 centimes actée par l’avenant n°19, premier avenant à acter une baisse d’honoraires, est donc bien préjudiciable à l’économie du réseau.

Mais cette baisse est en réalité plus forte, car sur les 456,42 millions d’euros enregistrés sur janvier 2020 :

  • 11,3 millions d’euros résultent de l’extension de la liste des spécialités dites spécifiques obtenue par la FSPF ;
  • 7,5 millions d’euros proviennent de l’effet structure.

Sans ces effets imprévus par les deux signataires de l’avenant n°11, la mise en œuvre de ce dernier aurait généré une perte de 23,81 millions d’euros et non de 5 millions d’euros. Cela confirme à nouveau que l’investissement des pouvoirs publics dans le réseau officinal est insuffisant, malgré la revalorisation des honoraires. Il est donc faux et dangereux de parler d’une quelconque surperformance de cet avenant.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président

COVID-19 Point d’information

Coronavirus

Point d’information

Délivrance de Rivotril© hors AMM

Depuis le 29 mars, les médecins peuvent prescrire la spécialité Rivotril© sous forme injectable aux patients atteints ou susceptibles d’être atteints du coronavirus. 

Accessible à tout médecin dans sa forme injectable (à la différence de la forme orale), la prescription de Rivotril© a, dans ce cas, pour objectif la prise en charge palliative des patients confrontés à un état asphyxique et ne pouvant être admis en réanimation ou pour lesquels une décision de limitation de traitements actifs a été prise. 

Cette prescription intervenant en dehors de l’AMM du Rivotril© (traitement de l’épilepsie), l’ordonnance doit impérativement comporter la mention « Prescription hors AMM dans le cadre du covid-19 »

Vous pouvez dès à présent et jusqu’au 15 avril prochain délivrer la spécialité Rivotril© aux patients se présentant à l’officine munis d’une ordonnance comportant cette mention. 

A titre doublement dérogatoire, le Rivotril© sera pris en charge par l’assurance maladie : 

  • en dépit du caractère hors AMM de la prescription
  • et à 100 % par l’assurance maladie (au lieu de 65 % dans les indications habituelles). 

La FSPF a interrogé l’assurance maladie pour connaître les modalités de facturation de ce produit pour lequel la participation de l’assuré est supprimée. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la réponse de l’assurance maladie. 

Pour davantage d’informations, consultez le décret n° 2020-360 en cliquant ici.

Distribution de masques pour les prestataires et services d’aide et de soins à domicile

Dans un DGS urgent diffusé le 27 mars dernier, le ministère de la santé a annoncé la mise en place de circuits de distribution différents pour les prestataires de services et distributeurs de matériel et les services d’aide et de soins à domicile, qui ne peuvent donc plus retirer de masques en officine. 

Un certain nombre d’entre vous ont été interrogés au comptoir par ces professionnels sur ces circuits de distribution. Les circuits mis en place sont les suivants : 

  • Pour les prestataires : les syndicats de prestataires ont mis en place et financé leur propre circuit. Vous pouvez ainsi recommander aux prestataires qui vous interrogeraient de se rapprocher de ces syndicats (par exemple l’UNPDM) pour davantage de renseignements sur les modalités de distribution des masques.
  • Pour les services d’aide et de soins à domicile : l’approvisionnement en masques, coordonné par l’ARS, se fait auprès des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Pour davantage d’informations sur l’organisation de la distribution pour ces services, vous pouvez consulter le DGS urgent spécifique diffusé par le ministère de la santé. 

LE CONFINEMENT FAIT CHUTER L’ACTIVITE OFFICINALE

Le décompte des télétransmissions des factures émises par les officines vers l’assurance maladie qui vient d’être communiqué par RESOPHARMA, organisme concentrateur technique, fait apparaître un « avant » et un « après » confinement de l’activité des pharmacies.

Au cours de la troisième semaine du mois de mars, le volume des télétransmissions effectuées par les pharmacies (France entière) a augmenté de près de 2 millions par rapport à la même semaine de février. Cette hausse s’explique par l’entrée en vigueur du confinement de la population à compter du 17 mars à midi. 

En effet, les chiffres montrent une augmentation exceptionnelle des télétransmissions les 16, 17 et 18 mars. 

Depuis ce court pic d’activité, la situation a bien changé. En effet, malgré les différentes mesures renforçant le rôle des officinaux, notamment dans le renouvellement des ordonnances, le volume de factures télétransmises a chuté de près de 20 % (France entière) la semaine dernière. Cette situation devrait se poursuivre en avril, le confinement étant appelé à se prolonger.

Dans ce contexte particulier, de nombreuses officines ont d’ores et déjà revu à la baisse leurs amplitudes d’ouverture. Et doivent aujourd’hui mettre une partie de leurs salariés au chômage partiel.

Les petites officines de proximité, dont l’activité est particulièrement dépendante du nombre d’ordonnances, seront les premières à être touchées. Même si ces officines ont la possibilité de demander des reports de crédit et de cotisation, ces mesures ne seront pas suffisantes. Il faut dès à présent prévoir des aides plus spécifiques pour elles. Il en va de la pérennité du réseau officinal et de l’accès aux médicaments en tout point du territoire.

Compte tenu de l’engagement des pharmaciens d’officine et de leurs équipes qui assurent des tâches supplémentaires pendant la crise sanitaire (distribution des masques, portage à domicile, traitement des ordonnances en provenance des PUI…), la FSPF a demandé à l’assurance maladie la création d’une « aide COVID-19 » qui contribuera à amortir les effets de la baisse d’activité prévisible en avril alors que les officines seront tenues de rester ouvertes et de maintenir le paiement des salaires de leurs personnels.

Aucune pharmacie d’officine ne doit être pénalisée, aucun salarié ne doit être lésé. Toutes les aides promises par l’État devront être accordées.

La FSPF se battra pour que les engagements du Gouvernement ne soient pas que des effets d’annonce.

Confraternellement, 

Philippe BESSET 

Président de la FSPF

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