Vous avez tous entre les mains les recommandations de la DGS concernant la rupture d’amoxicilline (Voir dans cette newsletter). Vous pouvez déconditionner et apposer une étiquette …. ou comme recommandé si le traitement va au delà des 5 jours demander une préparation magistrale ….
Je ne vais pas commenter ce DGS URGENT mais simplement vous offrir de la lecture sur le travail réalisé par les PREF que nous avons spammé à de nombreux institutionnels…
Sachez que, de notre point de vue, tous les génériques ne sont pas adaptés à un usage pédiatrique.
Bonne lecture
Dr Sébastien Gallice
Vice-Président du Syndicat Général des Pharmaciens des Bouches du Rhône
Les difficultés d’approvisionnements en amoxicilline, seule ou en association à l’acide clavulanique, persistent.
Dans ce contexte, il est rappelé que la prescription comme l’utilisation à bon escient des antibiotiques sont essentielles.
Afin de sécuriser au mieux la situation et garantir la couverture des besoins des patients, vous pourrez trouver :
– en première partie de ce message, une information pratique sur la Dispensation à l’Unité (DAU) qui doit être favorisée dans le contexte actuel (cf.annexe-1);
– en seconde partie, des propositions du Groupe de Pathologie Infectieuse de la Société Française de Pédiatrie, de l’Association Française de Pédiatrie ambulatoire et de la Société Française de Pathologie Infectieuse de Langue Française face aux fortes tensions d’approvisionnement des formes pédiatriques orales d’amoxicilline et d’amoxicilline-acide clavulanique, ces propositions s’intégrant dans le contexte particulier de tensions d’approvisionnement de ces présentations (cf.annexe-2).
Par ailleurs, dans les suites du message DGS-Urgent n°2022_83 du 6 décembre 2022, il est rappelé que le streptocoque du groupe A (Streptococcus pyogenes) est un pathogène strictement humain qui se transmet principalement par gouttelettes respiratoires, et parfois par contact direct avec une plaie infectée. Il est le plus souvent responsable d’infections non invasives bénignes, comme les angines érythémateuses ou érythémato-pultacées, ou l’impétigo. Il est important de rappeler que plus de 80 % des angines sont d’origine virale et que l’antibiothérapie (amoxicilline en 1ère intention) n’est recommandée qu’en cas de TROD angine positif.
Dans de plus rares cas, le streptococoque du groupe A (SGA) est responsable d’infections invasives (IISGA) potentiellement graves (bactériémies, infections cutanées nécrosantes, arthrites…), dont certaines peuvent se compliquer d’un syndrome de choc toxique streptococcique (SCTS), dû à la production d’une toxine. La létalité des IISGA est estimée à 20% toutes pathologies confondues (plus élevée pour les formes sévères comme les SCTS). Ces infections invasives (IISGA) justifient une mise sous antibiothérapie.
Les données du réseau de laboratoires hospitaliers « EPIBAC » montrent que les IISGA sont en constante augmentation depuis près de 20 ans, passant de 1,2 cas/100 000 habitants en 2000 à 4,4 cas/100 000 habitants en 2019 (soit environ 2500 cas tous âges confondus).
Nous vous remercions de votre mobilisation,
Dr Grégory EMERY Directeur Général adjoint de la Santé
Signé
Annexe – 1 La Dispensation à l’unité des antibiotiques en pratique
Le ministère de la Santé et de la Prévention a œuvré pour l’entrée en vigueur du dispositif de la dispensation à l’unité des antibiotiques applicable depuis la publication de trois mesures législative et règlementaires.[1]
Depuis mars 2022, les pharmaciens d’officine peuvent ainsi dispenser à l’unité un traitement antibiotique par voie orale présenté en blister ou sachet-dose.
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Le décret relatif à la délivrance à l’unité de certains médicaments en pharmacie d’officine précité définit les modalités particulières de conditionnement, d’étiquetage, d’information du patient et de traçabilité des médicaments délivrés à l’unité en pharmacie d’officine.
En pratique, le pharmacien remet au patient le nombre exact d’unités prescrites qu’il délivre dans un conditionnement approprié de son choix permettant d’en assurer le transport et la conservation. Une étiquette est apposée sur ce conditionnement, elle reprend l’ensemble des informations nécessaires au patient, listées dans le décret précité.
En complément, le pharmacien peut photocopier la notice et la remettre au patient.
Après dispensation, les unités restantes dans la boite seront conservées à la pharmacie de façon à être utilisées lors d’une dispensation ultérieure.
La facturation des unités délivrées par le pharmacien se fait à l’unité comme c’est le cas pour les stupéfiants.
Les pharmaciens sont rémunérés à hauteur de 1€ par délivrance à l’unité dans la limite de 500€ par an comme convenu dans la convention nationale entre les pharmaciens titulaires d’officine et l’assurance maladie.
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L’étiquette doit porter les mentions suivantes :
1° Le nom de la spécialité pharmaceutique, le dosage et la forme pharmaceutique ;
2° Le cas échéant, la mention du destinataire (« nourrisson », enfant » ou « adulte »);
3° La ou les dénominations communes lorsque le médicament contient au maximum trois substances actives;
4° Le cas échéant, les précautions particulières de conservation;
Arrêté du 1er mars 2022 portant création de la liste des spécialités pouvant être soumises à une délivrance à l’unité en application de l’article R. 5132-42-2 du code de la santé publique https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045316943
Annexe –2 Propositions du Groupe de Pathologie Infectieuse de la Société Française de Pédiatrie, de l’Association Française de Pédiatrie ambulatoire et de la Société Française de Pathologie Infectieuse de Langue Française face aux fortes tensions d’approvisionnement des formes pédiatriques orales d’amoxicilline et d’amoxicilline-acide clavulanique
Les fortes tensions d’approvisionnement des formes pédiatriques d’amoxicilline et d’amoxicilline-acide clavulanique retentissent sur la disponibilité de l’ensemble des formes orales d’antibiotiques. En effet, ces deux antibiotiques représentaient, avant la pénurie, 60 à 75 % des prescriptions. Les stocks disponibles limités des autres antibiotiques et les reports des prescriptions déjà observés (effet domino) font que l’insuffisance s’est propagée à de très nombreuses formes pédiatriques d’autres antibiotiques. De plus, les faibles parts de marché occupées par ces derniers avant la crise, vont vraisemblablement étendre la pénurie à l’ensemble des formes pédiatriques (incluant pénicilline V, et macrolides : azithromycine, clarithromycine), avec un impact sur des pathologies ne nécessitant pas de traitement par amoxicilline : infections urinaires, relais oraux d’infections graves traitées initialement par des formes parentérales…
Le premier message est de limiter strictement les prescriptions aux indications des recommandations officielles chez l’enfant comme chez l’adulte. En effet, les situations cliniques ne justifiant pas d’antibiotique représentent la majorité des prescriptions en France : bronchites, rhinopharyngites, laryngites, bronchiolites, angines sans TDR positif (TDR négatif ou non fait), otites congestives, otites séreuses, suspicions d’otites non confirmées par l’otoscopie, syndromes grippaux ou COVID-19, fièvre sans point d’appel (hors pathologie chronique), impétigos non étendus, furoncles, quasi-totalité des infections digestives…En période de pénurie, ces prescriptions inutiles ne sont plus admissibles.
Le second message est le raccourcissement des durées de traitement pour toutes les pathologies fréquentes : cela doit devenir la règle en période de difficultés d’approvisionnement
Les choix d’antibiotiques proposés tiennent compte de l’information mise à disposition par l’ANSM sur les stocks disponibles et prévisions d’approvisionnement au niveau national dans les semaines à venir : lorsque les formes pédiatriques des antibiotiques ne sont pas disponibles, dans la majorité des situations où elles s’avèrent nécessaires, ce sont les formes adultes qui doivent être prescrites en adaptant approximativement les doses au poids et à l’âge de l’enfant, et en économisant au maximum les ressources à disposition. Cette pratique est relativement aisée pour certains antibiotiques (comprimé dispersible ou forme sachet), plus difficile pour d’autres, nécessitant des préparations avant administration. Du fait des stocks limités de la quasi-totalité des formes pédiatriques des autres antibiotiques, le report sur ces molécules peut représenter un risque majeur pour des patients souffrant de pathologie chronique grave. A titre d’exemple, la pénicilline V est utilisée aujourd’hui essentiellement pour prévenir les infections graves notamment à pneumocoque chez les drépanocytaires et aspléniques. Prescrire cette molécule pour les angines risque de retentir gravement sur la prise en charge de ces patients.
Les ordonnances de dilution type d’amoxicilline et d’amoxicilline acide clavulanique ont été réalisée par l’équipe de pédiatres et de pharmacie de l’hôpital Trousseau (APHP) et validées par le GPIP, la Société Française de Pharmacie Clinique Pédiatrique et par l’Académie Nationale de Pharmacie.
Pour des traitements antibiotiques d’une durée supérieure à 5 jours, le plus souvent effectués en relais d’une antibiothérapie IV débutée à l’hôpital (infections cervicales profondes, ethmoïdite, infections ostéo-articulaires, pleuro-pneumopathies…), il est possible d’effectuer des préparations magistrales.
Les messages « dgs-urgent » sont émis depuis une boîte à lettres DGS-URGENT@diffusion.dgs-urgent.sante.gouv.fr ou dgs-urgent@dgs.mssante.fr. Pour vérifier qu’ils ont bien été émis par une personne autorisée du ministère de la santé, consultez la liste des messages disponible sur le site Internet du ministère.Source : DGS / Mission de l’information et de la communication / Sous-direction Veille et sécurité sanitaire (VSS)
Les premières données de suivi de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, lancée le 18 octobre dernier, montrent un retard significatif, de l’ordre de 20%, en comparaison des données des années précédentes.
Or cette année, le contexte est particulièrement sensible, avec une grippe précoce et le cumul de trois épidémies, grippe, Covid et bronchiolite, qui mettent le système de soins sous tension.
Il nous faut par conséquent inverser la tendance et réussir à obtenir une couverture vaccinale importante des personnes les plus fragiles avant le pic épidémique, en conduisant et promouvant les actions suivantes :
– Une campagne de rappel : l’Assurance Maladie a lancé le 2 décembre une campagne de relance auprès des assurés non vaccinés et compte sur vous pour rappeler à vos patients l’importance de se faire vacciner contre la grippe. – Bon de vaccination : disponible sur amelipro si l’assuré ne dispose pas de son bon de prise en charge. (bon perdu, femmes enceintes, personnes obèses,entourage des immunodéprimés…) – Se protéger doublement : les vaccinations contre le Covid-19 et contre la grippe peuvent être effectuées en même temps, ou sans délai particulier entre les deux injections. – Apposer les affiches sur la vaccination dans vos cabinets et officines : elles sont disponibles en téléchargement sur le site Ameli. – Vous protéger : votre vaccination, en tant que professionnel de santé, est également primordiale pour vous protéger et protéger vos patients à risque.
Je vous remercie très sincèrement de votre implication qui est déterminante pour protéger, par la vaccination, les personnes les plus exposées à des formes graves de la maladie.
Bien à vous,
Dr Dominique Martin Médecin-conseil national de l’Assurance Maladie
Les médicaments qui requièrent le respect de la chaîne du froid (= conservation au réfrigérateur entre +2°C et +8°C) sont en nombre croissant. Il y a notamment les nouveaux médicaments issus de la biotechnologie qui sont très onéreux et qui sont constitués de principes actifs particulièrement sensibles.
L’OMEDIT NORMANDIE A préparé un tableau excel en 2022:
Notre conseil: Inciter l’équipe officinal à demander aux personnes les plus fragiles (femmes enceintes, personnes de plus de 65 ans et personnes souffrant de maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, l’obésité) si elles ont effectué la vaccination grippale et Covid.
Cela fait plus d’un mois que les personnes les plus fragiles (femmes enceintes, personnes de plus de 65 ans et personnes souffrant de maladies chroniques comme le diabète, l’asthme, l’obésité) sont invitées via un bon de l’Assurance maladie à recevoir leur vaccin annuel. La campagne de vaccination nationale rencontre toutefois un succès timide, encore plus faible qu’à l’ordinaire. À ce jour, déclare Dominique Martin, médecin-conseil national de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, « 4 millions de personnes sont vaccinées contre 5 millions à la même période de l’année dernière », ce qui représente « un retard de 20% sur la campagne de vaccination par rapport à l’an dernier ». « Nous sommes clairement en dessous des recommandations de l’OMS qui préconise que 75% des personnes cibles soient vaccinées au début de l’épidémie », regrette-t-il.
Une explication possible serait le relâchement et la lassitude des Français sur les gestes barrières, après deux ans et demi à vivre avec le Covid-19. Or, « les gestes barrière restent utiles, y compris contre la grippe et les autres virus respiratoires», insiste Dominique Martin. Un message qui fait écho au cri d’alarme lancé par le ministre de la Santé en début de semaine, invitant les personnes à risques à se faire vacciner contre les deux maladies cet hiver (il est possible de le faire le même jour, à raison d’une injection dans chaque bras).
Rappelons qu’aujourd’hui, 10 000 à 15 000 décès sont encore attribuables à la grippe chaque année selon Santé Publique France. « Or on sait qu’une meilleure couverture vaccinale permettrait d’éviter plusieurs milliers de morts prématurées », insiste le Dr Martin. Pour le moment, l’objectif est d’inverser la tendance afin de rattraper le retard sur la campagne vaccinale de l’automne dernier. « On est aujourd’hui à -20% par rapport à l’an passé. Nous souhaitons au moins repasser dans le positif », a déclaré Dominique Martin. Pour ce faire, la campagne de communication, notamment de l’Assurance Maladie, sera prolongée au-delà de la mi-décembre. « Outre les moyens de communication adressés au grand public, on va également privilégier des systèmes de prise de rendez-vous sur doctolib mais aussi dans les lieux de soin comme les pharmacies et les cabinets médicaux », a indiqué le médecin. À noter qu’il faut 15 jours au vaccin contre la grippe pour être totalement efficace.
Depuis le 15 novembre, toute la population (pas seulement les personnes à risque de forme grave) peut aussi solliciter une vaccination contre la grippe. Depuis plusieurs années, les autorités tentent d’en faciliter l’accès : les personnes de plus de 16 ans peuvent ainsi se faire vacciner par les pharmaciens et les infirmiers, sans prescription médicale préalable.