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LA LETTRE DES PHARMACIENS DU 13
Un service gratuit du syndicat général des pharmaciens des Bouches du Rhône

La loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé, dite loi de Santé, est publiée ce jour au Journal officiel. Cette loi réforme les études de santé, améliore les soins de proximité et leur coordination, accompagne le virage numérique, élargit le rôle et les missions du pharmacien d’officine au-delà de la dispensation des médicaments.
Convaincus que le pharmacien est un acteur de santé de proximité incontournable, pouvoirs publics et autorités de santé ont encouragé le développement de nouveaux services dispensés par le pharmacien. C’est ainsi que la loi de Santé entérine de nouvelles évolutions pour la pratique officinale, notamment en matière de prévention ou de dispensation.
Cette diversification d’activités souhaitée par les pharmaciens, permet de répondre aux défis que constituent les inégalités dans l’accès aux soins, le vieillissement de la population ou la prévalence des maladies chroniques. Le pharmacien, en tant qu’acteur de premier plan dans la coordination des soins, voit son métier se transformer.
Les actions de la FSPF ont été entendues et un bon nombre de ses demandes en faveur de l’évolution du métier figurent dans cette loi « Ma santé 2022 ».
Le pharmacien d’officine pourra, dès le 1er janvier 2020, dans le cadre de protocoles inscrits au sein d’un exercice coordonné, délivrer des médicaments sans prescription.
Demandée à de multiples reprises par la FSPF, cette disposition permettra de réduire les engorgements des services d’urgence. Pour la Fédération, il s’agit d’une avancée majeure pour la profession, dans l’intérêt de la santé publique.
Le pharmacien d’officine pourra être désigné comme correspondant par le patient, dans le cadre d’un exercice coordonné et avec l’accord du médecin, afin de renouveler des traitements chroniques et d’en ajuster la posologie.
Cette disposition renforce le rôle du pharmacien correspondant dans la coordination des soins.
Le pharmacien d’officine aura la possibilité de prescrire certains vaccins (dont la liste sera établie par arrêté après avis de l’ANSM).
Après avoir obtenu la généralisation de la vaccination antigrippale à l’officine, cette disposition concrétise l’importance du pharmacien dans la prévention.
Le pharmacien pourra, en cas de rupture de stock d’un médicament d’intérêt thérapeutique majeur, substituer le médicament prescrit par un autre médicament.
Sur demande de la FSPF, le pharmacien aura désormais une marge d’autonomie dans l’adaptation du traitement en cas de rupture, ce qui permettra de limiter les effets des pénuries de médicaments.
Les activités de télésoin prises en charge par l’assurance maladie mettront en relation un pharmacien et un patient et seront effectuées par vidéotransmission.
La FSPF sera vigilante aux conditions de mise en œuvre et de rémunération de ces nouvelles activités.
La loi prévoit la généralisation de la prescription électronique.
Cette mesure permettra aux pharmaciens de dispenser un médicament issu d’une ordonnance électronique en toute sécurité.
La FSPF accompagnera la mise en place de ces nouvelles dispositions. En effet, l’essai devra être transformé au moment du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2020, qui traduira concrètement les évolutions des missions des pharmaciens en envisageant leur rémunération.

La première fois, Aline a 17 ans. Elle ne comprend pas très bien comment sa pilule fonctionne, elle et son copain ont peur qu’elle tombe enceinte, ils vont ensemble en officine demander une contraception d’urgence. Dans leur petit village des Landes, tout le monde se connaît et le pharmacien n’échappe pas à la règle. «Je m’approche pour lui demander la pilule du lendemain, se souvient la jeune femme. Là, il m’appelle par mon prénom, me dit « Aline, comment oses-tu ? » J’ai une réputation de fille sage, alors il m’engueule : « Je veux pas que t’aies un gosse, si t’as un gosse, j’aurai ça sur la conscience. »J’ai pas le temps de m’expliquer. Il me balance la boîte à la figure. Je suis sortie en pleurs.» L’année suivante, Aline part vivre près de Bordeaux. Une de ses amies a besoin de la pilule du lendemain, elle décide d’aller la chercher à sa place : «Cette fois encore, le pharmacien me crie dessus devant toute la file d’attente, raconte-t-elle, amère. Il me dit que je suis irresponsable. J’essaie de lui répondre, mais il me coupe : « Ah, toi aussi tu vas me sortir l’excuse du viol ? Vu comment tu es habillée… » Il finit par me donner la pilule et me lâche : « Attends-toi à être stérile à force d’en avaler. »»
Cinq ans plus tard, Aline sait maintenant qu’on lui a menti. Elle a appris que non, la pilule du lendemain ne la rendrait pas stérile. Mais la suspicion perdure. D’après l’enquête publiée début juillet par Santé publique France, 54,3 % des moins de 30 ans considèrent que la pilule du lendemain est dangereuse. Encore taboue, souvent négligée dans les programmes d’éducation mais aussi de formation des professionnels de la santé, la contraception d’urgence reste sujette aux fantasmes. «Ces pilules sont complètement sûres, certifie le Consortium international pour la contraception d’urgence dans un rapport publié cette année (1). Bien qu’elles ne soient pas prévues pour être utilisées comme méthode contraceptive régulière, leur usage répété est sûr. Les femmes doivent pouvoir y accéder aussi souvent qu’elles en ont besoin.»
Et pourtant. «Attention, la pilule du lendemain, c’est trois fois maximum», s’entend dire un jour Elise, alors âgée de 13 ans, dans une pharmacie de Montpellier. «C’était juste après ma première fois. En plus d’avoir vécu un premier rapport pas vraiment glorieux, je me suis sentie jugée, comme si j’avais fait quelque chose de mal. C’était la double peine.» Pendant douze ans, Elise s’en tiendra au discours de la pharmacienne. «J’y ai cru jusqu’à cette année, reconnaît-elle. J’ai 25 ans.»
A l’autre bout de la France, Ariane vit le même scénario. Elle grandit en Touraine, peine à trouver un moyen de contraception qui lui convienne, prend la pilule d’urgence à répétition : «Je m’étais faite à l’idée. J’ai pris la pilule du lendemain plus de dix fois, tout le monde m’avait répété que c’était risqué. Inconsciemment, je me disais que j’étais sûrement stérile.» La légende est coriace. Sauf qu’elle est fausse. «Dans une pilule contraceptive que l’on prend tous les jours, il y a 150 microgrammes de progestérone, précise Marianne Niosi, présidente de la fédération Ile-de-France du Planning familial.
Dans une pilule du lendemain comme Norlevo [la plus vendue en France, ndlr], il y a 1,5 milligramme, c’est dix fois plus, mais ça reste une dose très faible. Souvent, laprogestérone n’a pas d’effet secondaire très important, et quand il y en a, ils disparaissent en vingt-quatre heures.»Si la documentation attestant l’innocuité du médicament existe, comment expliquer la persistance du mythe sur sa dangerosité ?
Une première hypothèse invite à interroger le climat de méfiance envers les substances chimiques. «On constate un retour au naturel et une défiance envers les hormones», note Céline Gauchard-Ménétrier, sage-femme dans le Gard. «Si les patientes se disent que la pilule est mauvaise pour la santé, elles pensent que la pilule du lendemain est encore pire», abonde Marianne Niosi. Que faire quand les pharmaciens eux-mêmes se font les porte-voix d’inexactitudes ? «Chaque faculté consacre une part d’enseignement à la contraception, nous assure l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France. Les volumes horaires varient mais représentent six heures minimum.»Voilà pour la théorie.
Navaz, diplômé il y a trois ans de la faculté d’Amiens, garde un souvenir différent : «Au total, on a eu deux fois deux heures de cours sur la contraception. Pour la contraception d’urgence, ça devait être autour de deux fois quinze minutes.» Un enseignement lacunaire ? «Peut-être, admet Pierre Béguerie, président du conseil central de l’Ordre des pharmaciens. On essaie de mettre en place des solutions pour que chaque pharmacien puisse se tenir informé, mais c’est à eux de faire la démarche. Savoir parler de contraception, ça ne s’improvise pas. Ce sont des façons de faire qui s’apprennent.»
Il reste manifestement une marge de progrès pour cette pédagogie. Sarah se souvient comment le mois dernier, paniquée après un oubli de pilule, elle appelle une pharmacie de garde parisienne : «Quand elle décroche, la pharmacienne me rit au nez, elle se fout littéralement de ma gueule, me dit que je stresse pour rien. J’entends que les clients derrière elle rigolent aussi. J’appelle deux autres pharmacies, on me donne chaque fois des informations contradictoires. Je ne sais pas quoi faire, je comprendsrien, je me sens coupable. Finalement, je me dis que c’est de ma faute, que j’aurais pas dû baiser.» Idem pour Jeanne, 17 ans, lorsqu’une pharmacienne lui lance : «Vous voyez ce que ça fait de coucher avec n’importe qui ?» Ou Juliette qui, à 23 ans, s’entend dire «qu’il faudrait utiliser des préservatifs qui ne craquent pas, ça éviterait de venir pour ce genre de choses». Ou encore Lou, gratifiée par un pharmacien pédagogue d’un condescendant «vous êtes en 2019, vous avez la chance d’avoir accès à la contraception, et la pilule du lendemain ne peut pas être un contraceptif régulier».
C’est une autre réalité : la pilule du lendemain cristallise la peur d’une contraception irresponsable, nombre de praticiens craignant qu’une délivrance facilitée n’ouvre la voie à sa surutilisation au détriment d’un contraceptif efficace. Pourtant, des travaux menés en 2013 par la Haute Autorité de santé (HAS) précisent que 60 % des femmes utilisant une contraception d’urgence le font en raison d’un échec de contraception régulière (oubli de pilule, rupture de préservatif) tandis que seules 17 % l’utilisent sans autre méthode contraceptive. Et malgré la délivrance sans ordonnance, la vente se maintient autour d’un million de pilules par an, «un chiffre même en légère baisse entre 2013 et 2015», notait l’année dernière Santé publique France. Certains pharmaciens restent néanmoins réticents, quitte à parfois flirter avec l’illégalité.
D’après le code de la santé publique, les mineures ont droit à la pilule gratuitement, dans un espace de confidentialité, sans qu’on leur demande une pièce d’identité ou une carte Vitale. Quand on lui apprend ces droits, Clara hallucine : la dernière fois qu’elle a voulu une contraception d’urgence, la pharmacienne d’une officine lyonnaise a exigé sa carte d’identité. «Je la lui donne, elle poursuit l’interrogatoire, pose des questions intrusives sur ma vie sexuelle, raconte la jeune femme. J’explique que je ne souhaite pas répondre, mais elle m’arrête et exige que j’avale la pilule sous ses yeux ! D’après elle, c’est obligatoire pour les mineures.» Clara refuse, prend la boîte et se dirige vers la sortie. Zélée, la pharmacienne l’en empêche, bloque les portes et martèle qu’elle doit ingérer la pilule. «J’ai dû appeler la police pour qu’elle accepte de rouvrir les portes, peste la jeune femme. Au téléphone, les policiers m’ont dit que ce qu’elle faisait était légal. C’était faux.»
Au Planning familial, Marianne Niosi analyse : «On vit encore dans une société où la sexualité des femmes fait l’objet du contrôle et de la honte. On leur fait la morale, comme si contrôler sa fertilité et avoir une sexualité de plaisir était problématique. On les taxe parfois d’irresponsabilité, mais c’est plutôt très responsable de vouloir éviter une grossesse non désirée !» Face aux manquements au code de la santé publique, l’Ordre des pharmaciens se dit en alerte. «J’invite les femmes à signaler les incidents au conseil régional de l’Ordre, insiste Pierre Béguerie. Après un dépôt de plainte, nous pouvons engager une action disciplinaire.»
Méconnus du grand public, les signalements sont encore«rares, voire inexistants». «C’est indispensable de faire remonter les problèmes, on ne peut pas accepter une attitude déplacée de la part de nos confrères, soutient le président du conseil central. Informer est au cœur de notre métier, y contrevenir peut entraîner jusqu’à la radiation.»
(1) «Emergency contraceptive pills Medical an Service Delivery Guidance», International Consortium for Emercency Contraception.
La CNAM a informé la FSPF que le versement complémentaire de la ROSP génériques et FSE pour l’année 2018 aura lieu dans les prochains jours. La rémunération moyenne :
La FSPF rappelle à la CNAM qu’il lui reste à verser les impayés de tous les accompagnements pharmaceutiques (bilans de médication, entretiens AVK, AOD et asthme), comme elle s’était engagée à le faire en mai dernier.
Cordialement,
Philippe BESSET
Président de la FSPF

Georges Remus est né à Berlin de Frank et Maria Remus. La famille de Remus a déménagé à Chicago à l’âge de 5 ans. À 14 ans, George a soutenu la famille en travaillant à la Pharmacie de son oncle. Après avoir obtenu son diplôme du Chicago College of Pharmacy à 19 ans, Remus est devenu pharmacien agréé et a acheté sa pharmacie à 21 ans.

En cinq ans, Remus se développa, achetant une autre pharmacie. Cependant, il est vite fatigué de la pharmacie et, à 24 ans, il est devenu avocat.
Remus a étudié au Illinois College of Lawet a été admis au barreau de l’Illinois en 1904. Spécialisé dans le meurtre, il est devenu assez célèbre. En 1920, Remus gagnait 50 000 dollars par an, soit environ 625 000 dollars aujourd’hui.
Suite à la ratification du 18ème amendement et à l’adoption de la loi Volstead le 16 janvier 1920, la prohibition a commencé aux États-Unis. En quelques mois, Remus s’aperçut que ses clients criminels devenaient très riches très rapidement grâce à la production et à la distribution illégales de boissons alcoolisées. Il a décidé de devenir lui-même un criminel, utilisant sa connaissance de la loi pour échapper à la peine.

Il a acheté des distilleries et des pharmacies pour produire et vendre de l’alcool à des »fins médicinales », en vertu de licences gouvernementales. Les employés de Remus détourneraient alors sa propre boisson alcoolisée afin qu’il puisse la vendre illégalement. Remus a déménagé à Cincinnati , où 80% du whisky sous douane des États-Unis était situé dans un rayon de 480 km, et a racheté la plupart des fabricants de whisky. En moins de trois ans, Remus gagna 40 millions de dollars. Il possédait plusieurs des plus célèbres distilleries américaines.
L’une des distilleries fortifiées de Remus était la « Ferme de la Vallée de la Mort », située à Westwood. Le monde extérieur pensait qu’elle n’était accessible que par un chemin de terre. La distillerie était située au 2656 Queen City Ave. L’alcool était distillé dans le grenier de la maison. Une trappe se trouvait dans le sous-sol, qui était l’entrée d’un tunnel d’environ 15 à 30 m de long et 1,8 m sous le sol. Les contrebandiers transportaient les produits le long du tunnel vers une voiture en attente, généralement en sécurité.

En plus de devenir le « roi des bootleggers », Remus était connu pour être un hôte aimable. Il a organisé de nombreuses fêtes, notamment une fête d’anniversaire de 1923 pour son épouse Imogene, au cours de laquelle elle est apparue dans un audacieux maillot de bain avec d’autres danseuses aquatiques, animée par un orchestre de quinze musiciens. Les enfants de la région ont également vu Remus comme une figure paternelle. En 1922, Remus et son épouse organisèrent le Nouvel An dans leur nouveau manoir, surnommé le Palais de marbre. Les invités comprenaient cent couples issus des familles les plus prestigieuses de la région.Remus remit à tous les hommes des pinces en diamant et donna à la femme de chaque invité une voiture.

Il a été inculpé de milliers de violations de la loi Volstead, condamné par un jury qui a rendu sa décision en moins de deux heures et condamné à une peine de deux ans de prison fédérale. Lorsqu’il était en prison, Remus s’est lié d’amitié avec un autre détenu et s’est finalement confié à lui que son épouse, Imogene Holmes, avait le contrôle de son argent. Le détenu était un agent en civil (moins intègre qu’Eliot Ness), Franklin Dodge, qui était là pour rassembler des informations de ce type. Au lieu de rapporter l’information, Dodge a démissionné de son poste et a commencé une liaison avec l’épouse de Remus. Dodge et Imogène ont liquidé les actifs de Remus et caché le plus d’argent possible, en plus de tenter de déporter Remus et même d’avoir engagé un tueur à gages pour l’assassiner pour 15 000 dollars. En outre, la distillerie Fleischmann de Remus a été vendue par Holmes. La femme de Remus n’a donné à son mari emprisonné que 100 dollars de l’empire de plusieurs millions de dollars qu’il a créé.
À la fin de 1927, Imogene Holmes a demandé le divorce de Remus. Le 6 octobre 1927, alors qu’il se rendait au tribunal pour la finalisation du divorce, son chauffeur poursuivit le taxi tout en transportant Holmes et sa fille à Cincinnati, le forçant finalement à quitter la route. Remus a sauté et a abattu Imogene dans l’abdomen devant les badauds horrifiés.
Le procès a fait la une des journaux nationaux pendant un mois, alors que Remus se défendait pour le meurtre. Remus plaida une folie temporaire et le jury ne délibéra que dix-neuf minutes avant de l’acquitter.

George Remus s’installa plus tard à Conington dans le Kentucky, où il vécut modestement sans incident les vingt dernières années de sa vie. Il s’est marié pour la troisième et dernière fois avec sa secrétaire. Remus dirigea une petite société de sous-traitance, Washington Contracting, jusqu’à ce qu’il subisse un AVC en août 1950. Pendant les deux années suivantes, il vécut dans une pension à Covington, sous la garde d’une infirmière. Remus est décédé le 20 janvier 1952 à l’âge de 77 ans. Il est enterré près de sa troisième femme au cimetière Riverside à Falmouth dans le Kentucky.

Certains historiens américains supposent que Remus a inspiré Fitzgerald pour son personnage de « The Great Gatsby. »
Philippe Lance avec l’aide de Wikipédia