Les médicaments opioïdes tels que le tramadol et la codéine nécessitent une attention collective accrue en raison des risques importants de dépendance, d’abus et de surdosage.
Pour rappel, sur décision de l’ANSM, deux nouvelles dispositions entreront en vigueur le 1er mars 2025 : la prescription sur ordonnance sécurisée et la limitation de la durée maximale de prescription des médicaments opioïdes.
A compter du 1er mars 2025, comment dispenser le tramadol et la codéine ?
Seule une ordonnance sécurisée pourra conduire à la dispensation de médicaments opioïdes. Celle-ci peut désormais se présenter soit :
Sous format papier sécurisé classique (papier répondant à la norme de l’Association Française de Normalisation (AFNOR) NF 280)
Sous la forme d’une ordonnance numérique (ordonnance imprimée comprenant un QR code unique).
Vérifiez sur l’ordonnance sécurisée si le dosage, la posologie et la durée du traitement sont inscrits en toutes lettres. Si l’ordonnance sécurisée ne comporte pas les mentions obligatoires, la délivrance ne sera pas possible.
Au-delà de la durée maximale de prescription des médicaments contenant de la codéine (12 semaines), une nouvelle ordonnance sécurisée sera requise pour poursuivre le traitement.
Pour sécuriser la dispensation, vous devrez impérativement utiliser un Logiciel de Gestion à l’Officine (LGO) qui permet de lire le QR code de l’ordonnance numérique.
A noter : Si vous n’êtes pas en mesure de lire le QR code de l’ordonnance numérique, vous devrez orienter le patient vers une pharmacie équipée.
Nous vous remercions de votre engagement à nos côtés dans la sécurisation de l’usage des antalgiques opioïdes et de votre vigilance face aux risques d’abus et de dépendance liés à ces médicaments.
Cordialement, Votre correspondant de l’Assurance Maladie
Nous souhaitons vous alerter sur l’augmentation des cas d’infections invasives à méningocoque (IIM) observée depuis le mois de novembre avec un niveau exceptionnellement élevé pour le mois de janvier 2025. Avec 90 cas survenus en janvier 2025 (données non consolidées), la saison 2024/25 se démarque par des niveaux d’incidence élevés, comparativement aux saisons passées.
En janvier 2025, les IIM du sérogroupe B étaient majoritaires (45% des cas), suivies des sérogroupes W (30%) et Y (25%). Depuis le mois de juillet 2024, 50 décès ont été déclarés soit une létalité de 13,7%. Les souches du sérogroupe W restent à l’origine de formes plus sévères, avec une létalité de 19,8% pour ce début de saison 2024/25.
Plusieurs études ont montré la relation temporelle entre les épidémies de grippe et les IIM, les infections grippales augmentant leur risque de survenue.
Ce DGS-Urgent appelle à votre vigilance sur le risque accru de survenue d’infections invasives à méningocoque dans le contexte épidémiologique actuel, et sur l’importance de la vaccination. Outre la prise en charge des IIM et la prophylaxie autour d’un cas, vous trouverez ci-dessous le rappel des recommandations vaccinales récentes.
1. Rappel des caractéristiques cliniques
Les IIM sont dominées par les méningites et les méningococcémies (bactériémies à méningocoque) aiguës, dont le purpura fulminans. Les signes de méningite bactérienne chez l’enfant et l’adulte associent classiquement un syndrome infectieux et un syndrome méningé (fièvre élevée, céphalées, vomissements, raideur de la nuque, photophobies, troubles de conscience, purpura, convulsions). Des formes cliniques non méningées sont aussi décrites comme les arthrites et les formes abdominales. Le tableau clinique peut être atypique chez le nourrisson et le petit enfant et les signes d’alerte peuvent varier en fonction de l’âge du patient. Toute suspicion clinique d’IIM nécessite une prise en charge médicale urgente avec appel systématique du SAMU-Centre 15. La rapidité de prise en charge est essentielle pour le pronostic.
En cas de suspicion clinique de purpura fulminans, une antibiothérapie appropriée faisant appel à la classe des céphalosporines de 3ème génération injectables (ceftriaxone ou céfotaxime) doit être mise en route en urgence en préhospitalier. Cette antibiothérapie doit s’accompagner d’une prise en charge globale de sepsis grave associant pose de voie d’abord, remplissage vasculaire, surveillance continue des constantes vitales et transfert médicalisé (avec un appel au SAMU centre 15) vers une unité de réanimation.
Tout cas suspect doit faire l’objet d’une confirmation par examen biologique afin d’identifier les méningocoques par culture et/ou PCR. Certains cas peuvent être considérés comme des IIM en l’absence de confirmation biologique lorsqu’ils sont caractérisés par des symptômes cliniques fortement évocateurs d’IIM.
Tout cas doit être notifié sans délai et par téléphone à l’Agence régionale de santé puis une fiche de déclaration obligatoire doit être remplie.
L’envoi au Centre national de référence (CNR) des méningocoques et Haemophilus influenzae de toute souche ou de tout matériel positif pour le méningocoque (échantillon clinique ou extrait d’ADN) est indispensable pour typage complet. Un résultat positif de la PCR ne doit pas dispenser de la mise en culture, qui seule permet d’obtenir la souche bactérienne en vue d’analyses ultérieures par le CNR et l’obtention de l’antibiogramme.
Les mesures de prophylaxie à appliquer autour d’un ou plusieurs cas d’IIM sont présentées en annexe 1.
3. Stratégie de vaccination contre les IIM : les nouvelles recommandations en vigueur depuis le 1er janvier 2025
Face à l’augmentation des cas d’IIM sur le territoire, la stratégie la plus efficace reste la vaccination, telles que le prévoient les nouvelles recommandations du calendrier vaccinal :
Concernant la vaccination contre les sérogroupes A, C, W et Y :
– Chez les nourrissons, la vaccination tétravalente est obligatoire selon un schéma vaccinal à deux doses : une dose à l’âge de 6 mois (Nimenrix®) suivie d’une dose de rappel à l’âge de 12 mois (Nimenrix® ou MenQuadfi®) [1];
– Chez les adolescents, la vaccination est recommandée :
– De 11 à 14 ans selon un schéma une dose quel que soit leur vaccination antérieure (Nimenrix® ou MenQuadfi® ou Menveo®) ;
– De 15 à 24 ans dans le cadre du rattrapage vaccinal avec un schéma une dose (Nimenrix® ou MenQuadfi® ou Menveo®).
Concernant le sérogroupe B :
– La vaccination par le vaccin Bexsero® est obligatoire chez l’ensemble des nourrissons à partir du 1er janvier 2025 selon un schéma à trois doses (M3, M5, M12).
Un rattrapage jusqu’à 24 mois est prévu pour les nourrissons jamais vaccinés ou au statut vaccinal incomplet ou inconnu (cf. annexe 2).
Des recommandations vaccinales particulières viennent compléter l’approche du calendrier vaccinal particulier chez les personnes à risque élevé d’IIM (personnes immunodéprimées et leur entourage familial) ainsi qu’en milieu professionnel et chez les voyageurs[2].
Nous invitons les professionnels de santé à s’assurer de la vaccination de leurs patients conformément à ces recommandations.
La DGS a saisi la Haute autorité de santé pour identifier si la stratégie vaccinale contre les méningocoques notamment les recommandations concernant le rattrapage doit être révisée au regard de la situation épidémique actuelle. Les conclusions de la HAS seront rendues sous un mois.
Le détail des vaccins disponibles (avec les précisions sur le schéma vaccinal, l’interchangeabilité et les associations vaccinales) est disponible dans le calendrier vaccinal sur le site du Ministère chargé de la Santé et un tableau récapitulatif présenté en annexe 3.
Les vaccins sont disponibles en pharmacie et doivent être conservés au réfrigérateur entre + 2°C et + 8°C. Ils ne doivent pas être congelés. La vaccination peut être réalisée en cabinet libéral, en pharmacie, à l’hôpital ou en PMI (pour les enfants jusqu’à 6 ans), ou dans un laboratoire de biologie médicale (cf. tableau 1). Elle peut également être réalisée dans un centre de vaccination public. Dans ce cas, la prescription, la délivrance du vaccin et la vaccination s’effectuent sur place.
Tableau 1 : Compétences vaccinales des professionnels de santé pour la vaccination contre les infections invasives à méningocoques telles que précisées dans le calendrier vaccinal.
*sur prescription de l’acte d’injection par un médecin
L’injection du vaccin est prise en charge par l’Assurance Maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles. Il n’y a pas d’avance de frais pour la consultation dans les centres de vaccination publics et en services de Protection maternelle et infantile (PMI). Le vaccin est administré par voie intramusculaire uniquement. La vaccination doit être inscrite dans le carnet de santé ou de vaccination, et sur le carnet de vaccination électronique inclus dans l’espace numérique en santé « Mon espace santé ».
Nous vous remercions de la bonne prise en compte de ces informations et de votre mobilisation.
Dr Grégory EMERY
Directeur Général de la Santé
Original signé
[1] Le vaccin Neisvac n’est plus recommandé et est remplacé par l’un des vaccins quadrivalents ACWY utilisables selon l’âge.
[2] En milieu professionnel :
Chez les personnels de laboratoire travaillant sur le méningocoque.
Se rendant dans « la ceinture de la méningite » en Afrique subsaharienne ou dans tout autre zone où sévit une épidémie (en cas de résidence ou de séjour en contact étroit avec la population) :
o Pour les personnes de plus de 6 semaines (vaccins ACWY)
o Pour les nourrissons âgés de 2 à 12 mois en cas d’épidémie (vaccins ACWY)
o Pour les personnes exerçant une activité dans le secteur de la santé ou auprès des réfugiés dans les zones fortement touchées (vaccins ACWY)
o Chez les pèlerins se rendant à La Mecque (Hadj ou Omra) :
La vaccination contre les IIM avec un vaccin méningococcique tétravalent A, C, W, Y, datant de plus de 10 jours et de moins de 3 ans, est obligatoire pour l’obtention des visas pour le pèlerinage en Arabie saoudite ; elle doit être attestée par le certificat international de vaccination, sur lequel sera collée l’étiquette du vaccin indiquant le nom du vaccin et le numéro de lot (cf. Annexe 6 du Règlement sanitaire international).
NDLR: L’injection du vaccin est prise en charge par l’Assurance Maladie et les complémentaires santé dans les conditions habituelles. Il n’y a pas d’avance de frais pour la consultation dans les centres de vaccination publics et en services de Protection maternelle et infantile (PMI). Le vaccin est administré par voie intramusculaire uniquement. La vaccination doit être inscrite dans le carnet de santé ou de vaccination, et sur le carnet de vaccination électronique inclus dans l’espace numérique en santé « Mon espace santé ».
Selon une étude menée par Iqvia en janvier 2025 auprès de 1 000 patients-consommateurs, les Français restent si attachés à leur officine que, quand on leur demande d’attribuer une note, la profession frôle la mention « Très bien » en décrochant un 8,1/10.
Selon l’étude, les pharmaciens bénéficient d’un taux de confiance de 93 % comparable à celui des médecins généralistes. Une appréciation qui confirme un rôle de plus en plus ancré dans les esprits : l’orientation et l’accompagnement des patients au quotidien.
L’expertise des pharmaciens est particulièrement reconnue dans le domaine de la médication familiale. Non seulement deux tiers des Français suivent leurs recommandations pour leurs achats, mais ce conseil personnalisé est en plus le premier critère de choix, surpassant même l’efficacité ou la qualité des produits.
Annoncé par la direction générale de la Santé (DGS) début février 2025 [1], le recours aux préparations magistrales de quétiapine est possible depuis le 17 février 2025 dans un contexte de fortes tensions d’approvisionnement des spécialités de quétiapine à libération prolongée (LP – XEROQUEL LP et génériques).
En charge d’encadrer ce dispositif, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en ligne les documents sur lesquels les pharmaciens doivent s’appuyer [2].
« Les préparations magistrales ne permettront pas de couvrir l’ensemble des besoins, elles doivent être utilisées uniquement pour les patients nécessitant un traitement par quétiapine sans autre alternative », prévient néanmoins l’ANSM.
Une fabrication harmonisée sur l’ensemble du territoire français
Les préparations magistrales de quétiapine se présentent en gélule à libération immédiate (LI). Deux dosages sont autorisés :
quétiapine 100 mg en gélule LI ;
quétiapine 150 mg en gélule LI.
Une monographie [3] a été élaborée pour harmoniser et sécuriser la réalisation de ces préparations magistrales sur l’ensemble du territoire. Elle décrit la matière première, la formulation, les étapes de production, les articles de conditionnement et l’étiquetage.
Ces préparations magistrales sont réalisées par les pharmacies préparatoires volontaires (pharmacies autorisées à la sous-traitance de préparations magistrales par les Agences régionales de santé [ARS]).
Selon les informations recueillies par VIDAL auprès de l’association des Pharmaciens des préparatoires de France (Pref), une commande globale de quétiapine a été effectuée au niveau national puis répartie (fin de semaine 7) auprès des pharmacies préparatoires engagées dans la fabrication des préparations magistrales de quétiapine.
Les pharmaciens d’officine autorisés à remplacer la spécialité prescrite par une préparation magistrale
L’ANSM a émis une recommandation autorisant les pharmaciens d’officine à délivrer ces préparations magistrales en remplacement de la spécialité de quétiapine LP prescrite lorsque celle-ci est indisponible [4].
Dans ces conditions, il n’est pas nécessaire de présenter une nouvelle ordonnance. Le prescripteur doit être informé de ce changement au moment de l’initiation de la forme LI, par tous les moyens possibles.
Pour remplacer une spécialité de quétiapine LP par une forme LI, le pharmacien doit se référer au tableau d’équivalence posologique suivant :
Tableau – Équivalence posologique quétiapine LP – quétiapine LI
Pour les doses de 100 à 300 mg par jour, le traitement est administré en 1 prise par jour, le soir au coucher.
Pour des doses de 400 mg et plus par jour, le traitement est réparti en 2 prises par jour, le matin et le soir au coucher.
Mentions à faire figurer sur l’ordonnance par le pharmacien
Le pharmacien inscrit sur l’ordonnance :
la mention « préparation magistrale n° (numéro d’ordonnancier) à base de quétiapine en remplacement de la spécialité à base quétiapine prescrite selon la recommandation de l’ANSM » ;
la posologie correspondante.
Lors de chaque délivrance, il doit remettre au patient la fiche d’utilisation de préparation magistrale [5, 6] dans laquelle sont notamment décrites les consignes de prise.
La durée de conservation des gélules de quétiapine 100 et 150 mg est de 6 semaines, à température ambiante (15 à 25 °C). Une date de péremption figure sur le conditionnement.
Les préparations magistrales de quétiapine sont prises en charge par l’Assurance maladie.
Des délais et des précautions à prendre en compte
La première dose de la formulation LI doit être prise environ 24 heures après la dernière dose de la formulation LP.
Lorsque la dose de quétiapine LI doit être prise en 2 fois (matin et soir – pour des doses de 400 mg et plus), un délai de 8 à 12 heures doit être respecté entre les prises. Le patient doit être informé :
du risque de somnolence après la prise matinale du traitement : il faut déconseiller la conduite de véhicules avant de connaître sa sensibilité individuelle à ce risque ;
du risque d’hypotension.
Chez certains patients, notamment les personnes âgées, ceux à risque de présenter une hypotension orthostatique, une sédation, ou ceux traités par des médicaments agissant sur le système cardiovasculaire ou des médicaments dépresseurs du système nerveux central, la répartition des prises dans la journée pourra être ajustée. Le pharmacien peut consulter le médecin prescripteur pour obtenir des recommandations spécifiques ou des ajustements de la prescription ou équivalent.
Motifs d’orientation vers le prescripteur
En raison de la variation pharmacocinétique entre les formes LP et LI, une vigilance accrue est recommandée durant la période de transition. Le pharmacien doit conseiller au patient de voir son médecin en cas d’effet indésirable ou de symptôme clinique qu’il jugerait inhabituel lié à ce changement de médicament.
La desloratadine est un antihistaminique utilisé principalement pour soulager les symptômes liés aux allergies.
Concrètement, vous pouvez désormais délivrer de la desloratadine sous forme de comprimés (voie orale) sans prescription médicale, sous réserve de respecter les conditions cumulatives suivantes :
Le médicament est destiné à être utilisé chez l’adulte pour traiter la rhinite allergique et l’urticaire chronique idiopathique.
La quantité totale de desloratadine délivrée par boîte ne devra pas excéder 35 mg, soit l’équivalent de 7 jours de traitement.
La dose maximale autorisée par prise est de 5 mg.
La décision ayant été publiée le 13 février 2025, cette mesure prend effet au 14 février 2025.
Enfin, il convient de noter que les autres formes de desloratadine ne sont pas concernées par cette exonération et restent soumises à une prescription médicale.
La FSPF se satisfait de cette décision qui simplifie le parcours de soins des patients tout en garantissant une prise en charge sécurisée grâce à l’accompagnement du pharmacien. Toutefois, cette initiative doit ouvrir la voie à une extension de l’accès à d’autres traitements, et nous encourageons vivement l’ANSM à renforcer l’arsenal thérapeutique disponible pour les pharmaciens.