Nouvelles précisions concernant le suivi médical des salariés multi-employeurs


Certaines officines sont concernées par les salariés multi-employeurs, en raison de l’importance du travail à temps partiel dans notre branche professionnelle. A ce titre, il apparaît important de revenir sur les dernières précisions apportées par décret à ce sujet.

La loi du 2 août 2021[1] dite « santé au travail » prévoit qu’en cas de pluralité d’employeurs, le suivi de l’état de santé des travailleurs occupant des emplois identiques est mutualisé[2]Dans ce cadre, un seul des employeurs du travailleur accomplit le suivi de son état de santé pour le compte de tous les autres. Ce suivi mutualisé s’impose à l’ensemble des acteurs concernés : employeurs, salariés et services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI).

Un décret daté du 30 juin 2023[3] est venu en préciser les modalités, entrées en vigueur le 2 juillet 2023 à l’exception des dispositions portant sur la répartition entre les employeurs du coût de la cotisation annuelle qui s’appliqueront à partir du 1er janvier 2024. Un questions-réponses publié par le ministère du Travail[4] est également venu apporter des précisions utiles :

I/ Les salariés concernés

Les salariés concernés par le suivi mutualisé de leur état de santé sont ceux remplissant les conditions cumulatives suivantes :

  • exécution simultanée d’au moins deux contrats de travail, que ceux-ci soient à durée déterminée ou indéterminée (exemple : le salarié occupe deux CDI dans deux officines différentes ou occupe un CDI dans une première officine et un CDD dans une seconde), à temps plein ou à temps partiel ;
  • les emplois concernés relèvent de la même catégorie socioprofessionnelle selon la nomenclature des professions et des catégories socioprofessionnelles des emplois salariés des employeurs privés et publics[5] (exemple : le salarié occupe deux emplois de préparateur en pharmacie[6] ou deux emplois de pharmacien adjoint[7]) ;
  • le type de suivi individuel de l’état de santé du travailleur est identique pour les postes occupés (exemple : au titre de tous ses emplois, le salarié fait l’objet d’un suivi simple, par opposition au suivi adapté et au suivi renforcé, de son état de santé).

C’est le service de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) de l’employeur principal (voir ci-après s’agissant de sa détermination) qui apprécie, compte-tenu des informations dont il dispose, notamment celles transmises par les employeurs du travailleur, si celui-ci répond aux conditions prévues par le code du travail pour être considéré comme un travailleur multi-employeurs.

Le SPSTI de l’employeur principal informe le cas échéant le travailleur qu’il bénéficie d’un suivi mutualisé de son état de santé, ainsi que ses employeurs et les SPSTI des employeurs autres que l’employeur principal.

II/ Le SPSTI chargé du suivi mutualisé de l’état de santé des salariés multi-employeurs

Il s’agit de celui auquel adhère l’employeur principal du salarié.

L’employeur principal est celui avec lequel le salarié entretient la relation contractuelle la plus ancienne[8], y compris lorsque le contrat de travail a été transféré d’un employeur à un autre en cas de succession de titulaires à la tête de la même officine. Lorsque la date de conclusion des contrats de travail est la même pour chaque employeur, le ministère du Travail indique que l’employeur principal est celui chez qui la durée du travail est la plus importante.

Dans le cadre de son suivi mutualisé, les autres employeurs du salarié ont l’obligation d’adhérer au SPSTI de l’employeur principal, adhésions auxquelles le SPSTI de l’employeur principal ne peut s’opposer.

Afin de faciliter l’identification d’une situation de multi-emplois, tout employeur peut demander à ses salariés de l’informer de la conclusion d’autres contrats de travail (nom de ses autres employeurs et un contact, type d’emploi occupé) auprès d’un ou plusieurs autres employeurs pendant la durée de leur contrat, afin qu’il en informe, le cas échéant, son SPSTI, en particulier dans le cadre de la communication annuelle de la liste des salariés multi-employeurs (cf. IV). Les salariés ont l’obligation de collaborer, sous peine de sanction disciplinaire.

A cet effet, le ministère du Travail précise qu’il appartient à l’employeur de s’assurer, dès l’embauche, du respect de l’exigence de mise en œuvre de la mutualisation du suivi de l’état de santé, y compris en demandant au travailleur de l’informer de la conclusion d’autres contrats de travail. Dans ce cas, le travailleur a l’obligation d’informer son employeur de la conclusion d’autres contrats de travail.

En cas de cessation de la relation contractuelle entre le salarié et l’employeur principal en cours d’année, le suivi de l’état de santé du salarié reste assuré par le service de l’employeur principal jusqu’à la fin de l’année en cours. L’année suivante, c’est le SPSTI du nouvel employeur principal qui assurera le suivi de l’état de santé de ce salarié, ou bien de l’unique nouvel employeur, si le salarié ne se trouve plus en situation de multi-emplois.

III/ Les modalités du suivi de l’état de santé du travailleur multi-employeurs

S’agissant des visites s’inscrivant dans le suivi de l’état de santé du travail (visite d’information et de prévention – ex-visite d’embauche – visite de reprise, visite périodique…), le ministère du Travail précise qu’elles doivent avoir lieu prioritairement sur le temps de travail du travailleur, étant précisé que la programmation de la visite est réalisée par le SPSTI de l’employeur principal, sans cibler spécifiquement les heures de travail réalisées chez cet employeur principal.

Le décret d’application est venu apporter des précisions s’agissant spécifiquement de l’organisation de la visite de reprise ainsi que sur les modalités de délivrance de l’attestation de suivi ou de l’avis d’aptitude ou d’inaptitude :

  • L’organisation de la visite de reprise

L’employeur sur lequel pèse l’obligation d’organisation de la visite de reprise dépend de la situation impliquant l’organisation d’une telle visite :

  • en cas de visite consécutive à congé maternité ou à l’absence d’au moins soixante jours pour cause de maladie ou d’accident non professionnel ou à une maladie d’origine professionnelle : c’est l’employeur principal qui devra organiser la visite de reprise;
  • en cas de visite consécutive à une absence d’au moins trente jours pour ce motif : c’est l’employeur ayant déclaré l’accident du travail du travailleur concerné qui devra organiser la visite de reprise.
  • Modalités de délivrance de l’attestation de suivi (= VIP) ou de l’avis d’aptitude ou d’inaptitude (= examen médical d’aptitude)

En cas de délivrance de l’attestation de suivi ou de l’avis d’aptitude ou d’inaptitude, le professionnel de santé qui effectue la visite ou l’examen se prononce au regard de l’emploi occupé et délivre ce document à chacun des employeurs.

Toutefois, en cas d’aménagements de poste ou d’avis différents portant sur l’aptitude du salarié, des avis différents sont délivrés pour chaque poste occupé auprès de chacun des employeurs.

Plus largement, le ministère du Travail précise que le SPSTI de l’employeur principal est tenu d’informer individuellement chaque employeur concerné de l’ensemble des étapes du suivi (convocation, visite, avis rendu, etc.) par tous moyens (courrier, courriel, dépôt dans l’espace employeur…), sans préjudice de la possibilité pour les employeurs non principaux de se manifester auprès du SPSTI de l’employeur principal en cas de carence de ce dernier afin de solliciter l’organisation d’une visite ou pour toute autre action.

IV/ Les modalités de répartition entre les employeurs du coût de la cotisation annuelle (application à compter du 1er janvier 2024) :

Le SPSTI de l’employeur principal recouvre sa cotisation annuelle auprès de chaque employeur, en la répartissant à parts égales. La mutualisation va donc faire bénéficier les employeurs d’une économie puisque la cotisation relative à chaque salarié multi-employeurs sera désormais répartie sur l’ensemble de ses employeurs.

Pour ce faire, le SPSTI se fonde sur le nombre de travailleurs ayant plusieurs employeurs et occupant des emplois identiques au 31 janvier de l’année en cours, selon les informations portées à sa connaissance.

Il est ainsi fondé à demander à ses entreprises adhérentes de lui transmettre, avant le 28 février de chaque année, la liste nominative des travailleurs exécutant simultanément au moins deux contrats de travail, arrêtée au 31 janvier de l’année en cours.

Pour les travailleurs ayant plusieurs employeurs qui arrivent dans l’entreprise ou qui deviennent multi-employeurs au-delà de la date du 31 janvier, le SPSTI ne pourra pas procéder au recouvrement d’une cotisation complémentaire. Par conséquent, le suivi de l’état santé du salarié demeurera assuré par le même SPSTI que précédemment, jusqu’à la prochaine échéance de déclaration annuelle susmentionnée.

Précisons enfin et à toutes fins utiles qu’il est prévu des dispositions transitoires pour les employeurs relevant du même SPSTI. En effet, si le SPSTI de l’employeur principal constate qu’un ou plusieurs travailleurs employés au sein de ses entreprises adhérentes relèvent du suivi de l’état de santé mutualisé au 31 juillet 2023, la cotisation annuelle due au SPSTI au titre de l’année 2023 est répartie à parts égales entre les employeurs du ou des travailleurs concernés, notamment sous la forme d’un avoir pour l’année 2024.

Enfin, régulièrement interrogés s’agissant des différentes visites médicales qui ponctuent la carrière de vos salariés, nous vous proposons, en pièce jointe de la présente circulaire, une fiche pratique sur cette thématique, afin de vous aider dans le cadre du suivi de l’état de santé de vos salariés.

[1] Cf. article 25 de la loi n° 2021-1018 du 2 août 2021 pour renforcer la prévention en santé au travail, Journal officiel du 3 août 2021.

[2] Cf. articles L. 4624-1-1 et D. 4624-59 et suivants du code du travail.

[3] Cf. décret n° 2023-547 du 30 juin 2023 relatif au suivi de l’état de santé des travailleurs ayant plusieurs employeurs (Journal officiel du 1er juillet 2023).

[4] Cf. questions-réponses relatif au suivi de l’état de santé des salariés ayant une pluralité d’employeurs, publié sur le site du Ministère du Travail, du Plein Emploi et de l’Insertion.

[5] La nomenclature des professions et catégories socioprofessionnelles des emplois salariés des employeurs privés et publics (PCS-ESE) est utilisée par les employeurs pour codifier la profession de leurs salariés dans certaines enquêtes statistiques ou déclarations administratives, et notamment dans le cadre de la déclaration sociale nominative (DSN).

[6] Rubrique 433d de la PCS-ESE.

[7] Rubrique 344d de la PCS-ESE.

[8] Il s’agit donc d’une référence aux dates de conclusion des différents contrats de travail, indépendante de la notion d’ancienneté définie par l’article 11 des dispositions générales de la convention collective nationale étendue de la Pharmacie d’officine du 3 décembre 1997.

Prescription et administration des vaccins en officine : mise à jour du 29 septembre 2023

Les mesures réglementaires élargissant le droit de prescription et l’administration des vaccins du calendrier des vaccinations à plusieurs professionnels de santé, dont les pharmaciens d’officine, ont été publiées en août dernier.

Les modalités de facturation des vaccinations réalisées en pharmacie ont donné lieu à d’utiles précisions de l’Assurance maladie et font l’objet d’une mise à jour de la circulaire que nous avons diffusée en août.  

Pour consulter la circulaire 2023-37, cliquez ICI. 

DGS-Urgent n°2023_19: Beyfortus(Nirsevimab): Priorisation temporaire des patients à immuniser

Mesdames, Messieurs,

La campagne d’immunisation des nourrissons contre la bronchiolite qui a commencé vendredi dernier se déploie de manière rapide rencontrant ainsi une forte adhésion des professionnels de santé et des parents à cette démarche de prévention. Les maternités remontent en effet des taux d’adhésion des parents de 60 % voire 80 % dans certains établissements. Les officines ont quant à elles passé commande de volumes importants pour les deux dosages disponibles de nirsevimab.

Pour mémoire, et comme annoncé par le DGS URGENT N°2023-14 le 24 août dernier, la spécialité Beyfortus® (nirsevimab), indiquée dans la prévention des infections respiratoires inférieures causées par le VRS chez tous les nouveau-nés et nourrissons, est disponible dans les maternités et à la commande dans les officines en métropole depuis le vendredi 15 septembre 2023.

Au regard du nombre de doses de nirsevimab réservées et du calendrier d’approvisionnement des doses par le laboratoire, la Direction générale de la santé, après échange avec le Conseil National Professionnel de Pédiatrie, recommande une priorisation de l’utilisation des doses de nirsevimab 50 mg en maternité.

1. Modalités pratiques des commandes pour l’officine

La distribution de Beyfortus dosage de 50 mg est suspendue en ville au profit des maternités.

La prescription, la distribution, la dispensation et l’immunisation avec Beyfortus 100mg se poursuit en ville, pour les nourrissons ≥ 5kg. Les officines peuvent commander du nirsevimab 100 mg selon les modalités déjà transmises. Chaque commande doit toujours reposer sur une ordonnance nominative, la constitution de stock n’est pas autorisée.  Chaque commande est également limitée à 5 doses au maximum. Les livraisons de nirsevimab 100 mg ont démarré jeudi dernier et se poursuivront dans la limite des stocks disponibles

2. Approvisionnements en maternités/ES

La Direction générale de la santé recommande de réserver les doses de nirsevimab 50 mg à l’immunisation des nouveaux nés en maternité avant leur sortie et par les services d’hospitalisation pour les nouveaux nés de moins d’un mois hospitalisés. Il est également rappelé qu’il existe une alternative disponible pour certains nourrissons à haut risque éligibles1.

3. Calendrier

Cette priorisation est susceptible d’être revue en fonction de l’évolution du calendrier d’approvisionnement en nirsevimab. Le cas échéant vous en serez informés par DGS-urgent.

Pour votre parfaite information, la promotion des gestes barrière pour protéger les plus petits du risque de bronchiolite fait l’objet d’une campagne de communication média depuis le 23 septembre prochain. Les supports (affiche et dépliant) vont être diffusés aux professionnels de santé par Santé Publique France auprès de qui ils pourront commander ces supports (d’ores et déjà disponibles en version numérique dans l’onglet « outils » de la rubrique « Bronchiolite » du site web de Santé publique France. Ils rappellent les gestes barrière suivants :

·Se laver les mains avant et après chaque change, tétée, repas ou câlin ;

·Aérer régulièrement l’ensemble du logement ;

·Porter un masque en cas de rhume, toux ou fièvre (plus globalement intérêt de limiter les contacts des plus jeunes enfants avec des personnes malades contagieuses) ;

·Eviter d’emmener son enfant dans les endroits publics confinés ;

·Ne pas partager ses biberons, sucettes ou couverts non lavés ;

·Ne pas fumer à côté des bébés et des enfants.

En vous remerciant vivement pour votre implication et votre mobilisation.

Dr. Grégory EMERY

Directeur Général de la Santé

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Dans le cadre d’une alerte ou d’une crise sanitaire, la Direction Générale de Santé (DGS), par l’intermédiaire du Centre Opérationnel de Régulation et de Réponse aux Urgences Sanitaires et Sociales (CORRUSS), diffuse pour information des messages de sécurité sanitaire (avis, recommandations et conduites à tenir), via l’envoi de DGS-Urgent, à l’ensemble des professionnels de santé inscrits au conseil de l’ordre compétent, en conformité avec l’article L. 4001-2 de la LOI n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé.

Contraception d’urgence : actualisation du dépliant d’aide à la dispensation

Le code de la santé publique prévoit que la délivrance gratuite de la contraception d’urgence, désormais élargie à toutes les personnes, s’accompagne de la remise d’une documentation par le pharmacien. A cet effet, le Cespharm met à disposition une version actualisée du dépliant d’aide à sa dispensation, destiné à toutes les femmes (mineures et majeures).

Depuis le 1er janvier 2023, la contraception d’urgence (CU) hormonale peut être délivrée à l’officine sans prescription médicale et sans avance de frais pour toutes les personnes (Loi de financement de la sécurité sociale pour 2023).

La délivrance gratuite à l’officine doit être accompagnée d’une information écrite, concise et aisément compréhensible, mentionnant obligatoirement les consultations d’information et de suivi de contraception prises en charge sans avance de frais pour les femmes de moins de 26 ans (Art L.5134-1 modifié du CSP). Pour rappel, elle reste anonyme pour les mineures.

Les outils d’information et d’éducation sur la CU, élaborés par l’Assurance maladie et le Cespharm, ont été mis à jour en conséquence :

  •  le dépliant d’aide à la dispensation : la version actualisée est destinée à être remise systématiquement lors de la délivrance de la CU hormonale à toute personne majeure ou mineure. Il s’agit d’un support aux messages éducatifs délivrés par le pharmacien (modalités de prise, possibles effets indésirables, conduite à tenir après la prise, accès à une contraception régulière …). Elle est disponible en 2 versions, destinées respectivement à la métropole et à l’outre-mer, proposant des contacts utiles adaptés.
  •  la carte d’information : elle est destinée à être largement diffusée auprès du public. Elle vise à faire connaître l’existence de la CU (indications, délais de prise, modalités d’obtention et de prise en charge, …) et à rappeler certains messages de prévention (importance d’une contraception régulière, prévention des IST).

Documents associés

Source : actualité publiée le 14/09/23 sur le site du Cespharm

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