Économie de l’officine : 2025 est conforme aux prévisions

L’analyse des données issues de Pharmastat pour l’année 2025 met en évidence une progression de 2,17 % de la rémunération de l’officine, évolution conforme à la trajectoire prévisionnelle de l’avenant n°1 à la convention nationale pharmaceutique signé par la FSPF.

Malgré une forte baisse des honoraires au conditionnement (HD), la revalorisation conventionnelle des honoraires à l’ordonnance (HDR), progression de 21 %, contribue significativement à la hausse de 1,4 % des honoraires de dispensation, à laquelle s’ajoute une augmentation de près de 6 % de la marge règlementée.

Le déremboursement des tests covid, qui ampute de plus de 70 millions d’euros la rémunération du réseau officinal par rapport à 2024, est en partie compensé par la forte évolution des honoraires de vaccination (+ 46 millions d’euros) et des dépistages et accompagnements de patients chroniques (+ 5 millions d’euros).

Au total, le réseau officinal a bénéficié de 135 millions d’euros de rémunérations supplémentaires en 2025, essentiellement en raison de l’effet structure du marché du médicament. Cet apport sera à mettre en regard des charges supplémentaires au moment de la clôture des comptes annuels. La lenteur de la mise en œuvre du dispositif de soutien aux pharmacies en territoires fragiles et les mécanismes économiques de négociations tarifaires sur les génériques vont probablement, cette année encore, accentuer les différences de résultat selon la taille des officines.

Malgré les effets positifs du maintien des plafonds de remises et un effet structure qui devrait perdurer, la LFSS 2026 apporte son lot de baisses de prix qui ne permet pas d’espérer mieux que les 2 % d’augmentation prévus en 2026.

C’est la raison pour laquelle la FSPF demande l’ouverture de négociations conventionnelles avec l’Assurance maladie afin d’inscrire l’exercice officinal dans une dynamique économique jusqu’en 2030. Fidèle à sa ligne de conduite, elle sera force de proposition dans le cadre de ces négociations qui pourront s’appuyer sur les recommandations attendues de l’IGAS-IGF relatives à l’évolution de la rémunération officinale.

Dans l’intérêt des populations, l’Etat doit investir massivement dans le réseau officinal pour la pérennité des entreprises officinales et la FSPF sera vigilante à ce qu’aucune pharmacie d’officine ne reste sur le bord de la route.

par Benoît Thelliez -Le 09 janvier 2026 – Le Pharmacien de France

Résultats de la grande consultation des pharmaciens sur la rémunération : maintenant, au travail !

En octobre dernier, la FSPF lançait une grande consultation des pharmaciens sur l’évolution à venir du modèle de rémunération de l’officine.

Leurs attentes, leur vision de la profession et leur appréciation de la situation économique doivent être au cœur du travail engagé avec la mission IGAS-IGF lancée par le Premier ministre. Ces retours de terrain sont essentiels à la construction d’un modèle pérenne et adapté aux enjeux du quotidien.

Pendant plus d’un mois, les syndicats départementaux constitutifs de la Fédération ont recueilli les contributions de près de 5 000 pharmacies. La FSPF en a extrait plusieurs demandes largement partagées par l’ensemble des pharmaciens, face à un modèle économique qu’ils jugent majoritairement en danger.

o La confirmation du modèle de l’honoraire

Les pharmaciens plébiscitent la rémunération à l’honoraire, instaurée il y a dix ans à l’initiative de la FSPF, et la sécurité qu’elle offre face aux baisses de prix des médicaments. Ils sont attachés au maintien des honoraires existants et souhaitent leur revalorisation, au profit notamment de l’honoraire à l’ordonnance rémunérant leur cœur de métier. Ils sont également demandeurs de nouveaux honoraires valorisant la diversification de leurs missions (dépistages, renouvellements, orientation du patient dans le parcours de soins, modifications des ordonnances impliquant une coordination avec le prescripteur …).

Un aménagement souhaité de la marge commerciale

S’ils plébiscitent les honoraires, les pharmaciens ne souhaitent pas en être totalement dépendants et restent attachés à la marge commerciale. Ils demandent toutefois des aménagements profonds de ses modalités de calcul.

o Une évolution demandée des rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP)

Les pharmaciens sont plus critiques du dispositif de la ROSP, jugé trop complexe. La difficulté à atteindre les objectifs l’éloignerait de son intention initiale d’amélioration de la santé publique. Ils reconnaissent toutefois l’utilité d’un tel dispositif, qui doit donc évoluer pour rémunérer de nouveaux objectifs cohérents avec les missions des pharmaciens (substitution biosimilaire, lutte contre l’antibiorésistance, dépistages, etc). Ils proposent également de mettre en place un forfait structure qui rémunérerait les missions de service public de l’officine en tant qu’établissement jouant un rôle déterminant dans l’offre de soins de son territoire.

Une adaptation et une transformation du modèle actuel plutôt qu’un big bang

Globalement, les pharmaciens ont fait part de leur attachement au modèle de rémunération actuel et à ses éléments constitutifs (honoraires, ROSP, marge, remises commerciales…).

Mais ils démontrent une volonté d’évolution profonde de ces éléments, au profit de leur cœur de métier, la dispensation du médicament, et de la valorisation de leur rôle dans le parcours de soins. De nombreuses prestations quotidiennes, essentielles à l’accès aux soins et à l’amélioration de la prévention, restent peu valorisées et réalisées « gratuitement » : orientation du patient dans le parcours de soins, petits soins d’urgence, évaluation de situations cliniques, sorties d’hospitalisation…

Un constat partagé qui sera la base de notre travail avec la mission IGAS-IGF

En conclusion, les pharmaciens partagent donc le constat d’un essoufflement du modèle centré sur la marge règlementée du médicament. Ils appellent à un basculement progressif vers un modèle mixte, lisible et pérenne, constitué d’une rémunération par actes et missions, d’une marge sécurisée, de ROSP orientées vers la santé publique et d’un forfait structure.

Leurs attentes rejoignent les efforts de long terme de la FSPF pour protéger le réseau des baisses de prix et volumes des médicaments, au profit du renforcement du cœur de métier du pharmacien, la dispensation et le conseil, et d’une reconnaissance de son rôle de professionnel de santé de proximité et de la prévention.

La condition absolue d’un tel modèle réside dans la reconnaissance du temps pharmaceutique aujourd’hui non financé, pendant lequel s’exerce l’essentiel de l’expertise du pharmacien.

Les résultats de cette grande consultation constituent une base solide pour mener, avec la mission IGAS-IGF, le travail d’évolution de la rémunération qui nous occupera pendant les prochains mois et qui devrait se matérialiser dans un avenant n° 2 à la convention nationale pharmaceutique. 2026 sera une année de travail et de chantiers cruciaux pour notre profession.

CONSULTEZ LES RÉSULTATS

Le 13:45 du 19/12/2025 de Philippe Besset

Au programme du 13h45

Résultats de la grande consultation des pharmaciens sur la rémunération

La FSPF reçue par le conseiller Santé du Premier ministre

La lutte contre les fraudes fiscales et sociales bientôt au Sénat

Le timing:

00:00 – Introduction

00:33 – Sommaire

01:03 – Résultats de la grande consultation des pharmaciens sur la rémunération

03:54 – La FSPF reçue par le conseiller Santé du Premier ministre

11:00 – Question vidéo de l’Ariège

14:30 – Les questions des internautes

16:13 – Conclusion

ROSP 2025

Déclarez vos indicateurs jusqu’au 27 février 2026 !

Depuis le 1er décembre 2025 et jusqu’au 27 février 2026 inclus, vous pouvez déclarer sur le téléservice amelipro vos indicateurs pour les ROSP 2025.

Comment procéder à cette déclaration ?

1/ Depuis votre poste de travail, rendez-vous à la rubrique « Ma Convention » de votre compte amelipro.

2/ Sur votre tableau de bord accédez à la déclaration:

3/ Deux onglets, pour chaque ROSP, sont disponibles :

  • Développement du numérique en santé et amélioration de l’accès aux soins (REMU NUM)
  • Bon usage des produits de santé (ROSP BUPS)

A retenir :

– Il convient de compléter les indicateurs des deux onglets et de bien valider chacune des déclarations en cochant la mention située en bas de chaque page, puis de cliquer sur « TRANSMETTRE »

  • Jusqu’à la fin de la période de déclaration, c’est-à-dire jusqu’au 27 février 2026, vous pouvez modifier chacun des items, même après l’avoir validé.
  • Pour chaque indicateur, vous pouvez obtenir des précisions en positionnant le curseur de votre souris sur le « ? » situé à droite, en face de chaque item.
  • Pour pouvoir bénéficier de votre ROSP « Bon usage des produits de santé » nous vous invitons à réaliser votre autoévaluation dès que possible et avant le 31 décembre 2025 en cliquant iciLe non-respect de cet indicateur vous prive du versement de la ROSP « Bon usage des produits de santé » dans son intégralité

Quels indicateurs devez-vous déclarer ?

Vous trouverez ci-après une synthèse des indicateurs que vous devez déclarer pour bénéficier du paiement de votre rémunération.

  • Pour la ROSP pour le développement du numérique en santé et l’amélioration de l’accès aux soins, appelée rémunération « Numérique et accès aux soins » (REMU NUM).
  • Pour la rémunération sur objectifs de santé publique du bon usage des produits de santé (ROSP BUPS).

Pour vous aider, l’Assurance maladie met à votre disposition :

– un guide pratique détaillant par étapes les modalités de déclaration des indicateurs ROSP pour 2025 ; 

– le détail des rémunérations ROSP ;

– un article relatif à la démarche écoresponsable

Retrouvez également notre communication relative à l’auto-évaluation 2025 sur le site internet de la FSPF.

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président FSPF

Un PLFSS sous le sapin

Passé de justesse en 2e lecture à l’Assemblée nationale, le PLFSS pour 2026 a désormais toutes les chances d’aboutir.


Adopté par 247 voix alors que la majorité absolue était de 241, le budget de la Sécu a passé de justesse l’étape la plus difficile, celle de convaincre suffisamment de députés dans un hémicycle sans aucune majorité. Pour le « Premier ministre le plus faible de la Ve République » comme Sébastien Lecornu s’est lui-même défini, ce vote à l’arraché est une victoire de sa méthode.

Au menu : non-utilisation du 49.3, débats et compromis, dont il ne s’est pas montré avare, à l’instar de la suspension de la réforme des retraites jusqu’en 2028 ou encore le renoncement au doublement des franchises médicales qui s’est traduit par le rehaussement de l’Ondam à 3,1 % (voté à une large majorité) et du déficit pour 2026 à 19,6 milliards d’euros. Une méthode dont il a usé dès sa nomination avec la profession, en suspendant l’arrêté sur la baisse du plafond des remises génériques, hybrides et biosimilaires. Le sujet a d’ailleurs occupé les parlementaires qui, sur tous les bancs, ont unanimement voté pour réintroduire ce plafond dans la loi, empêchant ainsi toute modification unilatérale par arrêté. Il n’y aura pas non plus de gel des prestations sociales, ni deux jours fériés travaillés, et pas davantage de suppression des affections de longue durée (ALD) « non exonérantes ». En revanche, le gouvernement a réussi à rétablir son projet de réseau France santé évacué par les sénateurs et auquel il souhaite associer des pharmacies.

Lecture définitive

Parmi les nombreuses dispositions touchant la profession, celles ayant trait au déploiement des biosimilaires font figure de bonne nouvelle. Non seulement vont se mettre en place le tiers payant contre biosimilaires, la prescription en dénomination commune et l’encadrement de la mention « Non substituable », mais les parlementaires ont également réduit à 6 mois le délai d’entrée de ces médicaments dans les groupes substituables. Ils ont aussi validé la suppression de la notion de territoire fragile des critères d’éligibilité à l’aide conventionnelle de 20 000 euros par an pour les pharmacies isolées réalisant moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Le texte acte, en outre, la généralisation de l’expérimentation Osys.

Si la FSPF est rassurée par le rejet des deux chambres de permettre l’ouverture d’une officine dans une commune de moins de 2 500 habitants, elle s’inquiète en revanche de leur vote pour la généralisation des antennes de pharmacie. Par ailleurs, les députés ont finalement voté en faveur de l’obligation vaccinale contre la grippe pour les résidents en Ehpad et les professionnels de santé libéraux, sous réserve de l’avis de la HAS. De même, ils ont accordé aux médecins, sages-femmes et infirmiers la possibilité de disposer d’un stock de vaccins, renvoyant à un décret en Conseil d’État les conditions d’application, après avis de la HAS et de l’ANSM. Enfin, l’idée de généraliser la dispensation à l’unité en pharmacie a été retoquée.

Le texte est examiné en deuxième lecture au Sénat le 12 décembre. La majorité de droite a aussitôt annoncé une motion de rejet, renvoyant le PLFSS vers l’Assemblée nationale pour une lecture et un vote définitifs.

par Mélanie Mazière – Le 12 décembre 2025 – Le Pharmacien de France

Les Pharmaciens du 13

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