Face aux indus, quelle contre-attaque ?

La multiplication des indus réclamés ces derniers mois alourdit encore le quotidien des pharmaciens. La FSPF fait le point pour y voir clair dans ce dédale administratif.

La recrudescence des contrôles de la part des caisses d’assurance maladie n’a échappé à personne au sein de la profession. Afin de répondre aux interrogations des titulaires lorsque ces contrôles donnent lieu à des notifications d’indus, la FSPF a détaillé mi-juillet, dans une circulaire, les quatre étapes de cette procédure complexe et les démarches à entreprendre pour s’y opposer.

Constat d’anomalies

Tout commence par la réception à l’officine d’un courrier de constatation d’anomalies, adressé par la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) avec accusé de réception. Le pharmacien dispose alors d’un délai d’un mois pour faire valoir ses observations par écrit, ou lors d’un entretien qu’il sollicite auprès du service du contrôle médical. Cette seconde solution est fortement recommandée, avec la possibilité de se faire assister d’un confrère ou d’un avocat. Dans ce cas, le service du contrôle médical doit lui communiquer l’ensemble des éléments nécessaires à la préparation de cet entretien, notamment la liste des griefs qui lui sont reprochés, ainsi que l’identité des patients concernés. À l’issue de la rencontre, la CPAM est tenue d’adresser au pharmacien un compte rendu de cet entretien sous quinze jours. À son tour, sous quinze jours, le pharmacien doit le retourner signé, avec ou sans réserves annotées. À défaut, le document sera considéré comme approuvé. La caisse dispose ensuite de trois mois pour indiquer les suites qu’elle entend donner à la démarche. Sans notification à l’issue de ce délai, « la CPAM est réputée avoir renoncé à vous poursuivre et la procédure est abandonnée », souligne la FSPF.

Notification d’indu

Les justificatifs fournis peuvent ne pas satisfaire la CPAM qui va alors adresser au pharmacien un courrier de notification d’indu, avec accusé de réception, marquant son intention de recouvrer les montants qu’elle estime indûment versés. Attention ! Cette étape de la constatation d’anomalies n’est pas obligatoire et la CPAM peut parfaitement débuter la procédure par l’envoi de cette notification d’indu. Dans les deux cas, le pharmacien doit réagir dans un délai de deux mois, soit pour s’acquitter des sommes demandées, soit pour contester la récupération des sommes indues auprès de la commission de recours amiable (CRA). Par ailleurs, il faut bien garder à l’esprit que l’absence de paiement ou de contestation dans les deux mois autorise la caisse à récupérer le montant réclamé par compensation, c’est-à-dire par retenue sur les versements à venir.

Recours amiable

Si le pharmacien choisit la contestation auprès de la commission de recours amiable (CRA), il lui est aussi fortement conseillé, en parallèle, d’adresser ses observations et de contester le caractère certain de la créance par courrier au directeur de la CPAM. Là encore, la FSPF préconise la prudence : dans tous ses courriers, l’argumentation du pharmacien « ne doit pas constituer une reconnaissance, même partielle, de l’indu » ; cela pourrait, en cas de contentieux, « valoir reconnaissance de dette » et le contraindre au remboursement. Quoi qu’il en soit, la CRA dispose d’un délai de deux mois pour rendre une décision quant à cette demande, délai durant lequel la CPAM n’est pas autorisée à récupérer les sommes litigieuses. En cas d’avis défavorable de la CRA, le pharmacien reste redevable des sommes demandées dans un délai de deux mois. Il peut toutefois choisir de poursuivre la procédure en la portant devant le tribunal judiciaire. Attention ici encore : l’absence de décision de la CRA dans les deux mois équivaut cette fois à un rejet implicite et les sommes restent alors considérées comme dues. Si le pharmacien décide de s’acquitter de l’indu, il peut demander à la CPAM un paiement échelonné.

Recours devant le tribunal

La saisine du pôle social du tribunal judiciaire est l’ultime recours possible pour le pharmacien. Elle ne peut avoir lieu sans passer par l’étape préalable du recours devant la CRA. Point de détail qui a son importance : il arrive fréquemment que la CRA envoie sa décision bien au-delà du délai prescrit de deux mois. Celle-ci étant « en mesure d’apprécier médicalement les griefs retenus à votre encontre ainsi que vos arguments » alors que l’appréciation du tribunal est essentiellement juridique, et la saisine de ce dernier entraînant la désaisine de la CRA, la FSPF conseille de ne pas saisir immédiatement le pôle social du tribunal judiciaire et de patienter pour obtenir la décision de la CRA. Une fois le recours judiciaire lancé, il est fortement recommandé de se faire assister d’un avocat spécialisé en droit de la sécurité sociale. Le pharmacien a tout intérêt à vérifier auprès de son assurance protection juridique si une prise en charge partielle ou totale des frais d’avocat est prévue. Au-delà, le renvoi en appel (à condition que le litige porte sur un montant supérieur à 5 000 euros), puis en cassation sont encore possibles.
Durant toute cette période de contestation, il convient de conserver une trace de tous vos échanges avec la CPAM. L’action en recouvrement d’indu étant prescrite au bout de trois ans à compter de la date de paiement à l’officine par l’assurance maladie, il est essentiel de s’assurer que les montants réclamés n’ont pas été versés plus de trois ans avant la date de notification de l’indu. Et bien que le délai légal de conservation des pièces justificatives de télétransmission soit de 90 jours, la FSPF conseille de conserver l’ensemble des ordonnances et documents permettant de justifier la facturation pendant trois ans.

Par Claire Frangi

source Le Pharmacien de France

Information importante pour le remboursement du Gardasil 9

La CPAM13 nous indique que le remboursement du Gardasil 9 correspond à l’AMM donc la vaccination des jeunes mais aussi l’immunisation de certains adultes, donc sans limite d’âge. (N.B: Précision très utile pour pouvoir honorer les ordonnances hospitalières que nous recevons de plus en plus).

Selon la dernière recommandation réalisée par la HAS, le GARDASIL® peut être utilisé dans le cadre de son AMM pour les populations suivantes :
– toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage possible pour tous les adolescents et jeunes adultes (hommes et femmes) de 15 à 19 ans révolus ;
– les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) jusqu’à l’âge de 26 ans.

Les indications thérapeutiques prises en charge pour le Gardasil® (Gardasil 9 ®) sont aujourd’hui celles de l’AMM pour les populations (filles et garçons) recommandées suite à l’avis de la HAS de décembre 2019.

L’AMM précise à travers le RCP que le Gardasil 9 ® est indiqué pour l’immunisation active des individus à partir de 9 ans contre les maladies dues aux HPV suivantes :
• Lésions précancéreuses et cancers du col de l’utérus, de la vulve, du vagin et de l’anus dus aux types d’HPV contenus dans le vaccin.
• Verrues génitales (condylomes acuminés) dues à des types d’HPV spécifiques.

Prise en charge de l’angine et tarification associée : nouvelle fiche pratique

L’avenant économique à la convention nationale pharmaceutique, entré en vigueur le 8 juillet dernier, est porteur de nombreuses évolutions qui, pour certaines, trouvent application dès 2024.

La FSPF met à votre disposition des fiches pratiques afin de vous aider à mettre en œuvre les nouvelles dispositions conventionnelles dont vous pourrez bénéficier en 2024.

Parmi ces nouvelles dispositions conventionnelles, figure notamment le régime tarifaire et de facturation des dispositifs de dépistage protocolisés par les autorités sanitaires, d’ores et déjà en vigueur.          

La fiche pratique de ce jour concerne la prise en charge de l’angine à l’officine.

En effet, les pharmaciens d’officine formés à la prise en charge de l’angine peuvent accomplir le dépistage des angines à streptocoque du groupe A, sous réserve que les patients ne présentent aucun critère de non-éligibilité et, le cas échéant, leur dispenser un antibiotique.


Notre fiche pratique présente de façon synthétique les modalités de rémunération et de facturation par les pharmaciens d’officine de cette prestation ainsi que la procédure de traçabilité et de partage des informations avec le médecin traitant.

En complément de cette fiche pratique et de celle relative à la tarification de la prise en charge de la cystite à l’officine, des fiches pratiques complémentaires synthétisant le protocole à suivre pour la prise en charge de l’angine et de la cystite vous seront prochainement adressées.

Prise en charge de l’angine à l’officine – Modalités de réalisation et de facturation

Depuis le 19 juin 2024, les pharmaciens d’officine formés à la réalisation du test oro-pharyngé d’orientation diagnostique des angines à streptocoque du groupe A (TROD angine) peuvent effectuer le dépistage de l’angine auprès des personnes ne présentant aucun critère d’exclusion, et le cas échéant, leur délivrer un antibiotique, dans les deux cas suivants :

– prise en charge d’un patient âgé d’au moins 10 ans se présentant spontanément à l’officine avec un mal de gorge ;

– prise en charge d’un patient âgé d’au moins 3 ans orienté par un médecin et disposant d’une ordonnance conditionnelle.

Auparavant, les pharmaciens d’officine pouvaient réaliser des TROD angine et le cas échéant, délivrer un antibiotique, uniquement aux patients disposant d’une ordonnance conditionnelle remise par un médecin. Ils pouvaient également accomplir ces missions dans le cadre d’un protocole de coopération mis en œuvre par une structure d’exercice coordonné ou une communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS).

Les textes réglementaires attendus depuis l’adoption de la LFSS 2024 ont été publiés au Journal officiel du 18 juin 2024. Ils précisent les modalités de délivrance des médicaments sans ordonnance après la réalisation du TROD angine ainsi que les conditions de formation des pharmaciens d’officine souhaitant accomplir cette prise en charge.

Pour vous aider à vous approprier ce nouveau dispositif, notre circulaire détaille les deux circuits d’inclusion possibles des patients, le cahier des charges de la formation à la réalisation du TROD angine ainsi que les modalités de rémunération de la prise en charge de l’angine et de facturation par les pharmaciens d’officine.

Les Pharmaciens du Sud

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