Catégorie : Santé Publique
COVID-19 : Quel vécu de la crise dans les pharmacies françaises? Premiers résultats d’une enquête nationale
Réseau CHU – vendredi 27 mars 2020.169 vu(s)

L’enquête de Pharmed’Insight a été réalisée du 12 au 17 mars 2020 auprès de 100 pharmaciens d’officine
Pharmed’Insight, expert des enquêtes en officines, livre les résultats d’une première étude menée auprès des titulaires d’officines sur la période du 12 au 17 mars 2020, auprès de 100 pharmaciens. Une deuxième étude est en cours pour continuer à faire entendre la voix des pharmaciens, au plus près du terrain suite aux dispositions mises en place depuis. Premiers enseignements…
«En moyenne, une officine française accueille 150 patients par jour. Aujourd’hui, les officines accueillent avec le même personnel 2 fois plus de patients inquiets, relève Antoine Laurent, CEO de Pharmed’Insight. Nous partageons ces résultats pour participer à faire entendre la voix des pharmaciens.»
Les pharmaciens sont actuellement parmi les professionnels de santé en première ligne, disponibles pour tous dans le cadre de la crise sanitaire. Cette enquête recueille leur ressenti, leurs points de vue et leurs suggestions pour mieux faire face.
Un matériel de protection très largement manquant
Comme une très large part des professionnels de santé, les officines se montrent particulièrement mobilisées, et ce malgré des mesures jugées insuffisantes face à la crise, malgré l’inquiétude du personnel face aux risques de contamination, et malgré un matériel de protection très largement manquant. 97% ont subi la pénurie de masques mais ils restent 87% à servir au comptoir.

78% des pharmaciens craignent une possible pénurie de médicaments
78% des pharmaciens font également part de leur inquiétude quant à une possible pénurie de certains médicaments à moyen terme, notamment ceux fabriqués hors d’Europe.

Depuis leurs officines, les pharmaciens observent, pour 48% d’entre eux, le non-respect du confinement et des consignes d’hygiène de la part des clients & patients.
Manque de collaboration avec les médecins de ville
L’étude met en lumière un manque de collaboration entre médecine de ville et pharmacies, et un accompagnement des groupements à dynamiser, mais a contrario un bon accompagnement des syndicats et de l’Ordre, utile dans le quotidien des pharmaciens.
Manque de reconnaissance du Gouvernement et absence de mesures spécifiques
Enfin, les pharmaciens pointent un manque de reconnaissance de la part du gouvernement des pharmaciens et préparateurs comme profession de santé et déplorent l’absence de mesures et recommandations spécifiques pour les officines.
Betty Mamane
Pour en savoir plus : découvrez l’intégralité de l’enquête
source https://www.reseau-chu.org/article/covid-19-quel-vecu-de-la-crise-dans-les-pharmacies-francaises-premiers-resultats-dune-enquet/?fbclid=IwAR1PwWd4muFszeJdcAXVQzbM9A1ltaT0OW57K2FrF-4hgjqS4tmegVw8Oes
Changement importants pour les arrêts de travail liés au Covid-19
IMPACT ECONOMIQUE ET SOCIAL DU CORONAVIRUS
Arrêt de travail « salariés à risque » : uniquement à partir du 3ème trimestre de grossesse
(Mise à jour de notre circulaire n° 2020-26 du 20 mars 2020)
Le site internet declare-ameli.fr, qui permet notamment aux salariés susceptibles de présenter une forme sévère de la maladie en cas de contamination par le COVID-19 de bénéficier d’un arrêt de travail, a été mis à jour depuis la diffusion de notre circulaire du 20 mars.
Désormais, seules les femmes enceintes se trouvant dans le troisième trimestre de grossesse sont éligibles au dispositif.
Si un titulaire est COVID+, l’envers de la médaille
Voici ce qu’un assureur nous a dit au sujet de l’article du Moniteur concernant le cas ou un pharmacien titulaire se déclare positif:
Tout est dit … Bon article, mis à part qu’aucune assurance n’intervient pour la perte d’exploitation ! C’est bien ce que je dis depuis le début le pharmacien est sur le front mais seul …
Pour info voici un mail que j’ai adressé à un pharmacien ayant le coronavirus.
Bonjour,
Je vous parlais des contrats de prévoyance « arrêt de travail » (qui sont chez Swisslife), concernant le contrat multirisque de la pharmacie (Generali), les assureurs ne peuvent intervenir pour la perte d’exploitation si il y en a une, car c’est une catastrophe « sanitaire » qui pour le moment n’est pas assurable. L’état envisage de créer et encaisser une nouvelle taxe pour cela, avec comme collecteur les assureurs !
Je pense qu’il n’y aura pas d’aide pour les pharmacies. Pour bénéficier de l’aide des 1500 € pour les TPE-PME il faut une baisse de 70% du C.A. par rapport à la même période l’année dernière. Vous pouvez simplement demander les reports de crédits et charges mais en comprenant bien que cela augmente votre dette, car les intérêts non payés pendant maximum 6 mois seront lissés sur le reste de la durée des crédits. Pour les charges, il faudra également les payer un jour, donc ce n’est pas une solution viable.
Résultats : les pharmaciens sont sur le front, doivent rester ouvert, mais n’auront aucune aide …
Je vous souhaite un bon rétablissement et beaucoup de courage.
Amplitude horaire et gardes
Chères Consœurs, Chers confrères,
Beaucoup de pharmacies ont décidé de réduire leur amplitude horaire en raison de leur baisse d’activité.
Si vous êtes libres de déterminer vos horaires et de les modifier ponctuellement, vous devez en informer préalablement et dans un délai raisonnable vos patients et vous assurer que la continuité du service est assurée.
De plus, si toutes les officines d’un même secteur réduisent leurs horaires, par exemple en fermant plus tôt, le service de garde doit être réorganisé.
En cas de modification de vos horaires d’ouverture, vous devez donc :
- Contacter votre syndicat départemental afin qu’il vous confirme que la continuité des soins est assurée et adapte, si besoin, le tour de garde.
- Informer Résogardes ou le responsable du logiciel de gestion des gardes dans les départements non couverts.
- Informer vos patients de vos nouveaux horaires par voie d’affichage à l’officine.
En cas de fermeture anticipée en début de soirée, vous devez toujours vous assurer qu’une pharmacie reste ouverte jusqu’au début de la garde.
Vous pouvez également, en cas de personnel ou d’équipement insuffisant, assurer la continuité à travers un guichet de garde en respectant là encore les mesures barrières élémentaires.
Enfin, cette réduction d’amplitude d’ouverture devra être réalisée en concertation avec les salariés présents, surtout si cela conduit à modifier ponctuellement leurs horaires de travail qui sont souvent contractualisés. Une information plus détaillée vous parviendra prochainement sur ce point.
Confraternellement,
Philippe BESSET
Président de la FSPF