Mesures à prendre à l’officine: quoi faire?

Beaucoup d’adhérents nous ont interpellé pendant tout le week-end (SMS, FB, courriels, appels sur nos portables) suite aux mesures inquiétantes et coercitives prises à juste titre par le Gouvernement Français.

Le confinement total est imminent dans la région parisienne et sans doute sur le pays entier.

Un des sujets le plus fréquent concerne les mesures de protection sur vos lieux de travail. >Lors d’un confinement total, les pharmacies seront les lieux les plus exposés du pays avec les cabinets de médecins et les grandes surfaces alimentaires, vu que tout le reste ferme.

Nos conseils sont multiples et doivent pouvoir s’adapter au type de pharmacie. certains conseils sont inadaptés pour les uns et parfaitement adaptés pour les autres et inversement.

Le 1er est de s’abonner et le faire savoir à vos confrères à DGS- URGENT et à notre newsletter et de le faire savoir à vos amis titulaires.

LES CONSEILS:

  • Il est possible de travailler à rideaux fermés (en laissant un espace d’un mètre au moins avec les malades) ou avec guichet de nuit surtout si vous n’avez plus de masques.
  • En plus des conseils officiels d’hygiène, vous pouvez: commander des séparateurs de file, des hygiaphones adaptables au comptoir, du bolduc, des bandes adhésives de sols.
  • prévoir des comptoirs pour les maladies saisonnières (éviter de parler de covid 19 dans ce cas) .
  • éloigner la clientèle de 1 m du bord du comptoir
  • actualiser son « document unique d’évaluation des risques » pour tenir compte des changements de circonstances.
  • porter à la connaissance des salariés les nouvelles mesures de prévention selon des modalités adaptées afin de permettre leur pleine application (rappelons que ce document est obligatoire dans toute entreprise).
  • prendre soin de son salarié en fonction de sa formation et selon ses possibilités, de sa santé et de sa sécurité ainsi que de celles des autres personnes concernées par ses actes ou ses omissions au travail (en application de l’article L. 4122-1 du code du travail) dans la mesure des possibilités que vous avez..
  • réduire les heures d’ouverture à 35 heures pour bien souder l’équipe officinale avec les dirigeants et faire face à une possible recrudescence des demandes de livraison à domicile.
  • Laisser les salariés dans l’incertitude dans le contexte actuel pourrait générer une souffrance supplémentaire, qui serait de la responsabilité de l’employeur.

Message important de l’ARS PACA

Mesdames et Messieurs les professionnels de santé

Nous vous informons de la parution le 16 mars 2020 du nouveau guide de préparation à la phase épidémique de Covid19:

Dans le cadre de la distribution des masques aux professionnels de santé, l’ARS PACA demande aux pharmaciens d’officine de procéder à la traçabilité de la distribution de ces masques en notant :

1.    Le nom et prénom du professionnel de santé

2.    Son numéro RPPS

3.    Sa profession

4.    La date de délivrance

5.    La quantité délivrée

Nous vous remercions de vos réponses aux enquêtes en ligne que nous vous avons adressées et continuerons à adresser, il est important de les renseigner, elles nous permettent d’assurer un réapprovisionnement des masques pour les professionnels de santé ciblés, médecins généralistes et spécialisés, infirmiers, chirurgiens-dentistes, masseurs-kinésithérapeutes, sages-femmes avec des calculs de dotations plus fins. 

Soyez assurés que nous mettons tout en œuvre pour le maintien et la continuité de la médecine de ville.

Département pharmacie et biologie

Agence régionale de santé

132 bd de Paris

13002 Marseille

04.13.55.80.10

Conduite à tenir à l’officine

Règles de base :

1- vous et vos équipes devez porter un masque devant le patient , rien ne vous empêche de l’enlever quand il n’y aura personne ( back office) en raison de la pénibilité possible mais en se tenant éloigné entre membres de l’équipe officinale,

2- la réserve de l’Etat que nous allons recevoir est strictement réservée aux personnels de santé et pas à la population pour le moment. C’est le médecin qui diagnostique qui pose un masque au patient et qui lui dit de rentrer chez lui ou qui l’envoie aux urgences,  

3- un texte de loi vient de passer pour nous autoriser à renouveler jusqu’au 31 mai les prescriptions régulières de nos patients (sauf stupéfiants ou assimilés),

4- penser à isoler vers un comptoir à part un patient suspect ou qui vous dit avoir de la fièvre, 

5- penser à désinfecter à l’alcool les comptoirs régulièrement , à obliger votre personnel à se laver les mains dès qu’ils arrivent avant de commencer,

6- conseiller et adopter pour vous le fait de ne porter à la maison que des vêtements d’intérieur et de se déshabiller dès qu’on arrive à l’officine, 

7– tenir un registre de traçabilité (personnel de l’officine et locaux) : lavage des mains, nettoyage de surfaces (comptoir, terminal bancaire, clavier, sols…).

Rappel suite à pandémie COVID-19: AINS à éviter.

Suite aux signalements de complications infectieuses graves avec les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS)  utilisés dans la fièvre ou la douleur, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a confié, en juin 2018, aux centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille, une enquête nationale de pharmacovigilance portant sur les deux AINS les plus utilisés dans ces indications, l’ibuprofène et le kétoprofène.
Les conclusions de cette enquête suggèrent le rôle aggravant de ces AINS en cas d’infection. L’ANSM a partagé ces résultats avec ses homologues européens afin qu’une analyse collective soit engagée.

Les Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS)1  tels que l’ibuprofène et le kétoprofène font l’objet de signalements de pharmacovigilance portant sur des complications infectieuses graves.

Les centres régionaux de pharmacovigilance de Tours et Marseille ont réalisé une enquête de pharmacovigilance afin d’investiguer le risque de complications infectieuses grave associé à la prise d’un AINS chez l’adulte et l’enfant en se focalisant sur les deux AINS indiqués dans la fièvre et les douleurs légères à modérées les plus utilisés : l’ibuprofène et le kétoprofène .

L’objectif de cette enquête était de déterminer si ces complications infectieuses graves étaient favorisées par la prise de l’AINS ou si elles traduisaient l’évolution de la pathologie infectieuse initiale.

Résultats de l’enquête :

Sur l’ensemble des cas rapportés depuis l’année 2000, 337 cas de complications infectieuses avec l’ibuprofène et 49 cas avec le kétoprofène ont été retenus après avoir pris en compte uniquement les cas les plus graves chez des enfants ou des adultes (souvent jeunes) sans facteur de risque ni comorbidité. Il s’agit d’infections sévères de la peau et des tissus mous (dermohypodermites, fasciites nécrosantes,…), de sepsis, d’infections pleuro-pulmonaires (pneumonies compliquées d’abcès, de pleurésie), d’infections neurologiques (empyèmes, abcès cérébraux,…) ou ORL compliquées (cellulites, médiastinites,…), à l’origine d’hospitalisations, de séquelles voire de décès.

Ces complications infectieuses (essentiellement à Streptocoque  ou à Pneumocoque ) ont été observées après de très courtes durée de traitement (2 à 3 jours), y compris lorsque la prise d’AINS était associée à une antibiothérapie. Elles sont survenues alors que l’ibuprofène ou le kétoprofène étaient prescrits ou pris en automédication dans la fièvre mais également dans de nombreuses autres circonstances telles que des atteintes cutanées bénignes d’aspect inflammatoire (réaction locale, piqure d’insecte,…), des manifestations respiratoires (toux, infection pulmonaire,…) ou ORL (dysphagie, angine, otite,…).

L’analyse de ces cas ainsi que l’analyse des données de la littérature (études expérimentales et études de pharmaco-épidémiologie),  suggère que ces infections, en particulier à Streptocoque,  pourraient être aggravées par la prise de ces AINS.

L’enquête met également en évidence qu’il persiste une utilisation de ces AINS en cas de varicelle. L’ANSM rappelle que les AINS sont déjà connus comme pouvant être à l’origine de complications cutanées bactériennes graves (fasciite nécrosante) lorsqu’ils sont utilisés au cours de la varicelle et doivent être évités dans ce cas.

Dans ce contexte, l’ANSM souhaite mettre en garde, dès à présent, les professionnels de santé, les patients et les parents sur ce risque de complication infectieuses graves susceptibles d’avoir des conséquences sérieuses pour la santé des patients.

L’ANSM rappelle aux patients et aux professionnels de santé de privilégier l’utilisation du paracétamol en cas de douleur et/ou de fièvre, notamment dans un contexte d’infection courante comme une angine, une rhinopharyngite, une otite, une toux, une infection pulmonaire, une lésion cutanée ou la varicelle, en particulier en automédication.
Les règles du bon usage des AINS en cas de douleur et/ou fièvre :
Prescrire et utiliser les AINS à la dose minimale efficace, pendant la durée la plus courte
Arrêter le traitement dès la disparition des symptômes
Eviter les AINS en cas de varicelleNe pas prolonger le traitement au-delà de 3 jours en cas de fièvre
Ne pas prolonger le traitement au-delà de 5 jours en cas de douleur
Ne pas prendre deux médicaments AINS  en même temps
Les Pharmaciens du 13

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