Notre Fédération a rejoint en décembre dernier le collectif des États généraux de la santé et de la protection sociale qui a pour objectif d’imaginer, avec l’ensemble des acteurs, l’avenir de notre modèle solidaire pour les 10 à 15 prochaines années.
Notre système, construit il y a 80 ans, doit aujourd’hui faire face à de profondes transformations : vieillissement de la population, prévention, handicap, conditions de travail, organisation et financement, innovation numérique…
Dans ce contexte, votre parole est indispensable : sans elle, le système ne pourra être transformé efficacement.
Nous vous invitons à répondre au questionnaire national disponible sur placedelasante.fr
Quelques minutes suffisent pour exprimer vos priorités, signaler les difficultés rencontrées, formuler vos attentes ou proposer des solutions concrètes.
Et puisque vous êtes des professionnels de santé mais également des citoyens, vous pouvez également remplir le questionnaire citoyen (disponible sur le même lien) !
Plus nous serons nombreux à contribuer, plus les résultats de cette consultation seront légitimes et refléteront la réalité du terrain. Chaque voix compte !
Croiser la vision des professionnels de santé avec celle des citoyens est indispensable pour bâtir un système plus juste, plus efficace et plus humain.
Besoin de plus d’informations sur les États Généraux ? C’est ici.
Ensemble, faisons de ce rendez-vous citoyen une grande réussite collective !
Depuis plusieurs semaines, les spécialités à base de propranolol 40 mg en comprimé font l’objet de ruptures d’approvisionnement en raison de problèmes temporaires de production rencontrés par les laboratoires Accord Healthcare, Arrow Génériques, Biogaran, EG Labo et Teva Santé.
Pour pallier ces ruptures d’approvisionnement, les autorités sanitaires ont décidé, à la suite de nos alertes, d’autoriser la dispensation de préparations magistrales de gélules de propranolol dosées à 20 mg ou 40 mg.
Ce dispositif résulte d’une recommandation de remplacement publiée hier par l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM).
1) Modalités de mise en œuvre :
L’ANSM vous autorise, en cas d’indisponibilité de la spécialité initialement prescrite, à dispenser, à titre exceptionnel et temporaire, une préparation magistrale en remplacement, sans que le patient présente une nouvelle ordonnance, sous réserve que le médicament délivré permette l’administration de la posologie prescrite.
La dispensation de ces préparations magistrales doit respecter les conditions de remplacement suivantes :
2) Modalités de dispensation :
Lors de la délivrance de ces préparations magistrales, il vous est demandé :
· d’inscrire sur l’ordonnance : la mention « préparation magistrale n° (numéro d’ordonnancier) à base de propranolol en remplacement de la spécialité à base propranolol prescrite, selon la recommandation de l’ANSM » ; et la posologie correspondante ;
· d’informer le prescripteur de ce remplacement par tout moyen sécurisé à votre disposition ;
· de conseiller au patient de contacter son médecin en cas d’effet indésirable ou de symptôme clinique qu’il jugerait inhabituel lié au remplacement.
Par ailleurs, vous pouvez consulter le médecin prescripteur pour obtenir des recommandations spécifiques ou des ajustements de la prescription.
3) Modalités de facturation :
A compter de ce jour, les préparations magistrales de gélules de propranolol dosées à 20 mg ou 40 mg peuvent être facturées à l’Assurance maladie au moyen d’un code acte « PMR » et remboursables à 65 %.
La FSPF regrette l’autorisation tardive de ces préparations magistrales par les autorités sanitaires, due à un défaut d’anticipation dans la prise en compte des indicateurs de tensions d’approvisionnement des médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM).
Cette situation est d’autant plus regrettable que les pharmacies préparatoiresétaient en mesure de réaliser des préparations magistrales à base de propranolol dès le début des tensions d’approvisionnement.
Enfin, la FSPF dénonce le faible montant des tarifs de dispensation : fixés unilatéralement par la Direction de la sécurité sociale (DSS), ils ne tiennent pas compte de la complexité des préparations magistrales en termes de commande, de dispensation et de traçabilité.
Soucieuse de défendre la valorisation de nos activités, la FSPF réitère sa demande de mise en place d’un tarif fixe et décent pour la dispensation des préparations magistrales en lieu et place des tarifs modulables selon les prix des produits actuellement appliqués par les pouvoirs publics.
Depuis 2017, le tramadol est l’antalgique opioïde le plus consommé en France. Ses propriétés psychotropes peuvent toutefois être à l’origine d’un mésusage ou d’une addiction sévère et rapide, puisqu’il présente les mêmes risques de dépendance physique que la morphine. Ce risque doit être pris en compte dès la première dispensation.
L’analyse des bases de remboursements de l’Assurance Maladie1 a mis en évidence des consommations atypiques de tramadol, reflétant des mésusages, des addictions voire des trafics (molécule en 5ème position sur les fausses ordonnances relayées par les pharmaciens via l’outil de gestion ASAFO).
De plus, le baromètre de la douleur2 met en évidence un recours massif à l’automédication pour 87% des patients souffrant de douleurs, parfois même avec des opioïdes (pour 16% d’entre eux). Une précédente étude de 2022 montrait que près de la moitié des patients déclarent avoir des difficultés à arrêter ou à diminuer leur traitement, et que 9 usagers sur 10 ignorent le risque de dépression respiratoire en cas de surdosage. Le tramadol est ainsi l’opioïde le plus fréquemment retrouvé dans les décès toxiques liés aux antalgiques recensés par les centres d’addictovigilance.
Cette étude a également mis en évidence que le tramadol, efficace pour soulager certaines douleurs d’intensité modérée à sévère, est souvent utilisé en dehors des indications recommandées telles que les :
Céphalées, dont la migraine : faible efficacité et risque de chronicisation ;
Douleurs nociplastiques (ex : fibromyalgie : à envisager uniquement après avis spécialisé) ;
Douleurs chroniques pelviennes ;
Douleurs musculosquelettiques autres qu’une lombalgie/lomboradiculalgie chronique, arthrose ou douleur neuropathique.
C’est pour cela que depuis le 01/03/2025,la dispensation de médicaments contenant du tramadol, de la codéine ou de la dihydrocodéine, ne peut se faire que sur présentation d’une ordonnance sécurisée avec une durée de validité réduite à 3 mois. La poursuite du traitement nécessite une réévaluation de la douleur et une nouvelle prescription.
L’Assurance Maladie vous invite donc à :
Vérifier les posologies maximales journalières recommandées (400mg/jour pour un adulte et 200mg/jour pour les +75 ans) ;
Délivrer les plus petits conditionnements possibles adaptés à la prescription, tels que des conditionnements de 10 ou 15 comprimés/gélules pour des traitements de courte durée ;
Proposer un entretien d’accompagnement aux patients lors de la 2ème délivrance d’un traitement antalgique de pallier II (tramadol, poudre d’opium, codéine et dihydrocodéine). Rapide et rémunéré à hauteur de 5€, cet entretien permet d’accompagner les patients dans la prise de leur traitement et d’évaluer le risque de mésusage via le questionnaire POMI;
Proposer des kits de naloxone (Nyxoid®, Prenoxad® et Ventizolve®), traitement d’urgence des surdosages aux opioïdes, à tous les patients jugés à risque ainsi qu’à leur entourage. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’ANSM et le Ministère de la Santé.
Nous vous remercions par avance pour votre implication.
Cordialement, Votre correspondant de l’Assurance Maladie.
1/ Analyse menée sur la période du 01/08/2024 au 31/07/2025 dans les régions Provence-Alpes-Côte d’Azur et de Corse
2/ Baromètre publié en Octobre 2025 par l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA) et la Fondation Analgesia
3/ Programme appelé « Prévention et réduction des risques des surdoses liées aux Opioïdes en région PACA »
Si la spécialité initialement prescrite n’est pas disponible, le pharmacien peut, à titre exceptionnel et temporaire, délivrer une préparation magistrale en remplacement conformément au tableau ci-après sans que le patient présente une nouvelle ordonnance, sous réserve que le médicament délivré permette l’administration de la posologie prescrite.
Un décret publié en date du 6 septembre 2025 annonce l’interdiction en France de tous les produits à usage oral contenant de la nicotine à compter du 1er mars 2026.
Concrètement, cette interdiction concerne l’usage, l’acquisition, la détention et la vente des produits proposés sous forme de sachets portions, sachets poreux, pâte, billes, liquides, gomme à mâcher, pastilles, bandelettes, ou toute combinaison de ces formes.
Les distributeurs proposant ces produits devront procéder à leur retrait au plus tard le 1er mars 2026.
À noter que les substituts nicotiniques disposant du statut de médicament, commercialisés en officine, ne sont pas concernés par cette interdiction. Les pharmaciens d’officine ne sont donc pas impactés par cette mesure qui constitue une évolution positive en matière de santé publique.