LAITS INFANTILES

Retrait et rappel de produits

Depuis plusieurs semaines, une alerte internationale est en cours concernant des laits infantiles susceptibles d’être contaminés par la céréulide, une toxine pouvant être produite par certaines souches bactériennes, notamment Bacillus cereus. L’origine de cette contamination a été identifiée comme provenant d’une huile riche en acide arachidonique (huile ARA) entrant dans la composition de certains laits infantiles.  

Plusieurs industriels ont procédé à des rappels volontaires de produits déjà mis sur le marché et les personnes ayant acheté des produits issus des lots concernés sont invitées à ne plus les consommer.

Quels produits sont concernés par la procédure de retrait et de rappel ?

La procédure de retrait et de rappel porte sur des laits infantiles commercialisés sous les marques suivantes:


Attention ! 
Tous ces produits ne sont pas nécessairement commercialisés en officine. De plus, cette liste étant évolutive, nous vous recommandons de consulter régulièrement le site RappelConso afin de disposer d’une liste à jour des produits et des lots faisant l’objet d’un rappel.

Quelles mesures mettre en œuvre en officine ?

Chaque pharmacien doit appliquer les mesures de rappel exclusivement aux produits qu’il commercialise dans son officine.

Il vous est donc demandé de :

  • Vérifier la présence des produits rappelés dans vos stocks et en rayon ;
  • Retirer immédiatement de la vente les lots concernés ;
  • Afficher de manière visible l’information à destination des consommateurs jusqu’au 21 mars 2026, pour les produits Lactalis, et jusqu’au 5 mars 2026 pour les produits Nestlé ;
  • Consigner les quantités de produits concernés en votre possession ;
  • Procéder à la destruction des produits concernés ;

Attention ! Il est impératif de respecter les consignes de rappel-retrait si vous commercialisez ces produits, étant précisé que la Direction générale de l’alimentation (DGAL) procède actuellement à des contrôles.

Quelle est la responsabilité des pharmaciens d’officine ?

En tant que distributeur, votre responsabilité pénale peut être engagée pour défaut de mise en œuvre ou de relais des mesures de rappel. Le non-respect de ces dispositions est susceptible de constituer une infraction punie d’une contravention de 5ème classe, soit, jusqu’à 1500 euros d’amende (3000 euros en cas de récidive) pour une personne physique. Cette amende peut atteindre 7500 euros pour une personne morale.

Suis-je tenu d’afficher les fiches d’informations si je ne commercialise pas les produits ?

L’obligation d’information des consommateurs est obligatoire si vous commercialisez les produits. Toutefois, rien ne vous interdit d’afficher les rappels à titre préventif, et pour la bonne information de vos clients.

Comment obtenir le remboursement de produits que vous avez achetés ?

Vous devrez prendre contact avec le fabricant, le grossiste ou tout autre intermédiaire auprès duquel vous avez acheté les produits afin qu’il vous communique la procédure de remboursement.

Quelles informations relayer auprès des consommateurs ?

Il convient de conseiller aux consommateurs de cesser immédiatement l’utilisation du lait concerné par la procédure de rappel, même en l’absence de symptômes et procéder eux-mêmes à leur destruction. Vous noterez que les fabricants demandent aux consommateurs de ne pas rapporter les produits en point de vente et leur proposent un remboursement en cas d’achat direct.

En présence de symptômes évocateurs d’une intoxication les consommateurs doivent effectuer un signalement sur le portail officiel signal.conso.gouv.fr (en précisant la marque, le numéro de lot et si un professionnel de santé a été consulté) et demander conseil à un professionnel de santé (médecin, pharmacien, sage-femme…) ou contacter le 15 en cas d’urgence.


Pour aller plus loin :

Confraternellement,
Philippe BESSET
Président FSPF

Encore une arnaque sur un contrat DASRI qui vise les pharmacies!

Une société commerciale qui « sécurise les DASRI » (?) envoie actuellement des emails aux pharmacies. C’est une énorme arnaque qui vous dépossède de 40 euros/mois pendant au moins 36 mois si vous paraphez et signez le document de « convention 2026-2029 ».

Ne signez rien, ne payez rien. Ne soyons pas naïfs et crédules devant ces sollicitations venant d’une société basée à Lisbonne.

États généraux de la santé : répondez au questionnaire national !


Notre Fédération a rejoint en décembre dernier le collectif des États généraux de la santé et de la protection sociale qui a pour objectif d’imaginer, avec l’ensemble des acteurs, l’avenir de notre modèle solidaire pour les 10 à 15 prochaines années.

Notre système, construit il y a 80 ans, doit aujourd’hui faire face à de profondes transformations : vieillissement de la population, prévention, handicap, conditions de travail, organisation et financement, innovation numérique…

Dans ce contexte, votre parole est indispensable : sans elle, le système ne pourra être transformé efficacement.

Nous vous invitons à répondre au questionnaire national disponible sur placedelasante.fr

Quelques minutes suffisent pour exprimer vos priorités, signaler les difficultés rencontrées, formuler vos attentes ou proposer des solutions concrètes.

Et puisque vous êtes des professionnels de santé mais également des citoyens, vous pouvez également remplir le questionnaire citoyen (disponible sur le même lien) !

Plus nous serons nombreux à contribuer, plus les résultats de cette consultation seront légitimes et refléteront la réalité du terrain. Chaque voix compte !

Croiser la vision des professionnels de santé avec celle des citoyens est indispensable pour bâtir un système plus juste, plus efficace et plus humain.

Besoin de plus d’informations sur les États Généraux ? C’est ici.

Ensemble, faisons de ce rendez-vous citoyen une grande réussite collective !

JE DONNE MON AVIS

Vente d’un local commercial conclue au mépris du droit de préférence du locataire

Lorsque le propriétaire a vendu un local commercial sans avoir respecté le droit de préférence du locataire, ce dernier peut faire annuler la vente en agissant en justice dans un délai de 2 ans.

Le commerçant qui exploite un fonds de commerce dans un local loué dispose, lorsque ce local est mis en vente, d’un droit dit « de préférence » qui lui permet de l’acheter en priorité par rapport à un autre candidat à l’acquisition.

En pratique : le propriétaire doit informer le locataire, par lettre recommandée AR, de son intention de vendre le local. Cette notification, qui doit indiquer le prix et les conditions de la vente envisagée, vaut offre de vente au profit du locataire. Ce dernier dispose alors d’un délai d’un mois à compter de la réception de cette offre de vente pour se prononcer. Et s’il accepte d’acquérir le local, il a 2 mois à compter de la date d’envoi de sa réponse au propriétaire pour réaliser la vente. Ce délai étant porté à 4 mois lorsqu’il accepte l’offre de vente sous réserve d’obtenir un prêt.
Sachant que si, après que le locataire a refusé d’acquérir le local, le propriétaire décide de vendre à des conditions ou à un prix plus avantageux pour l’acquéreur, le notaire doit, lorsque le bailleur n’y a pas préalablement procédé, notifier au locataire ces conditions et ce prix. Là aussi, cette notification vaut offre de vente au profit du locataire. Cette offre de vente est valable pendant une durée d’un mois à compter de sa réception. Si le locataire décide d’acquérir le local, il a 2 mois à compter de la date d’envoi de sa réponse au propriétaire pour réaliser la vente. Ce délai étant porté à 4 mois lorsqu’il accepte l’offre de vente sous réserve d’obtenir un prêt.

L’annulation de la vente

Et attention, les juges viennent de rappeler que si son droit de préférence n’a pas été respecté (soit parce qu’il n’a pas été initialement informé de l’intention du propriétaire de vendre le local, soit parce qu’il n’a pas été informé des conditions ou du prix de vente plus avantageux proposés à un acquéreur), le locataire est en droit d’obtenir en justice l’annulation de la vente.

Deux ans pour agir

Les juges ont également précisé que l’action du locataire en annulation de la vente conclue en violation de son droit de préférence doit être intentée dans un délai de 2 ans, à l’instar de toutes les actions exercées en vertu du statut des baux commerciaux, et non pas dans le délai de droit commun de 5 ans.

Précision : selon nous, ce délai court à compter du jour où le locataire a eu connaissance de l’existence de la vente. Cassation civile 3e, 18 décembre 2025, n° 24-10767

Jeu des questions – réponses entre notre syndicat et la CPAM13

N.B: Nos questions sont définies par la couleur verte

Bonjour Dr. Ollier de Lécluse,

Nous revenons vers vous suite aux questions que vous nous avez adressées.

Vous trouverez ci-dessous, nos commentaires sur chaque sujet évoqué.

Faites-vous une différence entre renouvellement 3 fois ou renouvellement 3 mois. L’un peut se faire sur l’année (3 fois), l’autre sur 3 mois suivis ? ou il n’y a pas de différence ?

La mention :

–      « renouvellement 3 fois » correspond à : M1+3 renouvellements,

–      « traitement pour 3 mois » ou « 3 mois » correspond à : M1+2 renouvellements,

Selon l’article R5123-2 du code de la santé publique, l’ordonnance doit indiquer soit le nombre de renouvellement par période d’un mois soit la durée totale de traitement.

Il n’y a pas de notion de « mois suivi » dans le texte, cependant, la délivrance/les renouvellements doivent prendre en considération les dispositions particulières relatives aux molécules prescrites (exemple des molécules dont les renouvellements sont limités comme la classe des anxiolytiques).

  • Une ordonnance est prise en charge par la sécu dans les 3 mois après sa date de rédaction. Pas au-delà ?

Oui, selon l’article R-5132-22 du code de la santé publique, hors molécules ayant des dispositions particulières.

Ce délai ne s’applique pas pour certaines molécules répondant à des dispositions particulières (liste non exhaustive : par exemple les stupéfiants, les assimilés stupéfiants, les molécules nécessitant une délivrance dans un délai précis suite à un examen biologique…)

  • Une ordonnance renouvelable pour X mois doit être délivrée dans les X mois qui suivent sa date de rédaction? Tout mois non délivré est perdu. Au-delà c’est un renouvellement exceptionnel? Une prescription médicale de médicaments possède une durée de validité de 12 mois?

Un prescripteur peut prescrire pour une durée maximale de 12 mois.

Le traitement peut être délivré pendant 12 mois à compter de la première délivrance.

Toutefois, si le traitement correspond à un traitement chronique, le renouvellement exceptionnel pourra s’appliquer dans les conditions prévues à l’article R.5123-2-1 du CSP.

Nous attirons votre attention sur le caractère « exceptionnel » de ces délivrances qui ont pour objectif d’éviter les interruptions de traitement du patient mais qui ne doivent en aucun cas limiter le suivi médical du patient nécessaire à sa prise en charge. Ces renouvellements exceptionnels n’ont pas vocation à être appliqués de façon systématique et régulière.

Le pharmacien doit toujours informer le prescripteur de cette délivrance exceptionnelle et, le cas échéant, il peut refuser cette délivrance s’il estime que dans l’intérêt de la santé du patient, il est préférable de consulter son médecin.

Il faudra toutefois prendre en considération les dispositions particulières relatives aux molécules prescrites.

● Le renouvellement exceptionnel R99 sur un ordo d’au moins 3 mois, doit se faire mois par moisles mois suivants de la date d’expiration et au maximum sur 3 mois. Il doit être notifié sur l’ordonnance et en facturation.

Oui, selon l’article R5123-2-1 du CSP. Le pharmacien doit également informer le prescripteur de ce renouvellement exceptionnel par tout moyen garantissant la confidentialité des informations.

Le pharmacien doit réaliser une analyse critique de l’ordonnance et juger de l’opportunité d’un tel renouvellement et le cas échéant prendre attache auprès du prescripteur avant le renouvellement.

● Le renouvellement mensuel doit être fait toutes les 4 semaines ( voir 25 eme jour)? On voit des indus sur 19 ou 20 jours !!

Il n’y a pas de durée définie par un texte mais selon l’article R5132-14 du CSP, le renouvellement de la délivrance d’un médicament ou d’une préparation ne peut avoir lieu qu’après un délai déterminé résultant de la posologie et des quantités précédemment délivrées.

● Une première ordonnance avec des pansements doit être délivrée avec des conditionnements boites de 5 ou le plus petit possible?

L’arrêté du 13 mars 2025 précise qu’à la suite de la prescription initiale d’un « article pour pansement », la première délivrance par le distributeur au détail est limitée à 7 jours de traitement.

Le conditionnement qui peut être délivré est celui permettant de réaliser les soins selon la prescription médicale, sur une période de 7 jours.

● Toute nouvelle ordo annule la prise en charge de la précédente même si la précédente n’est pas finie.?

Le pharmacien est tenu de réaliser une analyse pharmaceutique des ordonnances qu’il délivre au patient. Cette analyse doit lui permettre, entre autre, de mettre en évidence une incohérence thérapeutique qui pourrait se manifester par la délivrance en parallèle de l’ancien et du nouveau traitement du patient.

Selon l’arrêté du 28 novembre 2016, l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance fait partie intégrante de l’acte de dispensation et permet la vérification des posologies, des doses, des durées de traitement, du mode et des rythmes d’administration, de l’absence de contre-indications, d’interactions et de redondances médicamenteuses.

Les pharmaciens sont tenus de prêter leur concours aux actions entreprises par les autorités compétentes en vue de la protection de la santé (article 4235-8).

Dans l’intérêt du public, le pharmacien doit veiller à ne pas compromettre le bon fonctionnement des institutions et régimes de protection sociale. Il se conforme, dans l’exercice de son activité professionnelle, aux règles qui régissent ces institutions et régimes (article 4235-9).

● Les coussins de positionnement ne sont pas remboursés pour la femme enceinte ou allaitante mais que pour les cas de handicap?

Une information a été faite aux pharmaciens à ce sujet et avait pour objectif de rappeler les points suivants de la LPP :

La prise en charge des coussins de positionnement est réservée aux patients polyhandicapés, présentant une absence totale de motricité volontaire des membres inférieurs et/ou supérieurs, avec impossibilité de retournement au lit ou de mobilité axiale.

Le remboursement est limité à un dispositif tous les deux ans.

Par ailleurs, seuls les médecins et ergothérapeutes sont autorisés à prescrire ces coussins ; les sages-femmes, masseurs-kinésithérapeutes et infirmiers ne le sont pas (décret du 5 mars 2022, arrêté du 9 janvier 2006 et arrêté du 20 mars 2012).

● Nombreux contrôles sur les produits chers ( conformité ordo, prescripteur, date ..)

Les produits onéreux sont en général innovants et destinés à traiter des pathologies lourdes pour lesquelles un suivi du patient régulier et réalisé par un spécialiste est souvent nécessaire.

Une vigilance particulière est essentielle pour la prescription et la délivrance de ces molécules. L’application des bonnes pratiques de dispensation des médicaments est primordiale au regard des enjeux de santé liés au suivi et à la prise en charge de ces patients.

● Le sujet prescription d’orthopédie m’interpelle. Si le médecin fait une ordonnance de médicament et d’une orthèse de cheville, la facturation de l’orthèse n’est pas recevable ? et c’est le pharmacien qui subit l’indu, pas le médecin ?? Quel texte impose cela pour le remboursement ?

Selon les références juridiques des produits de santé, des supports de prescription différents entre LPP et médicaments sont exigés pour que la prise en charge puisse être réalisée.

Nous attirons tout particulièrement votre attention sur l’arrêté du 28 novembre 2016 relatif aux bonnes pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d’officine qui précise que l’acte de dispensation comprends l’analyse de l’ordonnance par le pharmacien qui se doit de vérifier entre autre la validité de la prescription.

Avez-vous des exemples d’indus qui auraient été réalisés sur ce sujet ?

● Toute prescription d’orthopédie doit être séparée de la prescription des médicaments? 

OUI. C’est particulièrement le cas des podo-orthèses et orthoprothèses.

Cordialement,

ASSURANCE_MALADIE_Logo_RVB_500pxDr. Sophie Rebattu
Pharmacien Conseil
Direction Médicale – Département GDR Pôle US

Les Pharmaciens du Sud

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