La FSPF – Meilleurs vœux 2026

Après une mobilisation inédite dans l’histoire de la pharmacie, 2025 se clôt sur une victoire majeure pour notre profession.

Une profession qui a démontré sa solidarité, sa combativité et son attachement à une certaine vision de la pharmacie. Contre vents et marées politiques et économiques, nous avons défendu avec une remarquable détermination le réseau officinal, son maillage territorial et l’accès aux soins de proximité. Nous avons rappelé aux pouvoirs publics, aux patients et à l’ensemble des Français le rôle central que nous occupions non seulement dans le système de santé mais aussi dans la vie des communes et des territoires.

L’année 2025 marquera, je crois, un tournant : les pharmaciens ont repris, aux yeux du public, toute leur place. Nous pouvons collectivement nous en féliciter. A titre personnel, je tiens à exprimer ma fierté et ma gratitude pour votre mobilisation sans faille.

Ces victoires me font aborder l’année qui s’ouvre avec confiance.

2026 s’annonce déterminante pour l’avenir de la pharmacie. Au côté de la mission confiée à l’IGAS et à l’IGF, la FSPF se consacrera à l’immense chantier de l’évolution de notre mode de rémunération. Immense tant les difficultés économiques persistent, tant les fermetures de pharmacies s’accumulent.

Sur la base de notre grande consultation et des 5 000 contributions recueillies, nous défendrons un modèle protégeant chaque officine, assurant la juste rémunération de notre travail, garantissant la transmission de chaque entreprise.

Pour ce faire, nous pourrons compter sur toutes les victoires acquises par la FSPF au cours de l’année.

Nous avons obtenu que le Gouvernement se saisisse de la problématique de la financiarisation de la santé et du réseau officinal. Des travaux sont en cours au sein du ministère de l’Economie, en lien avec le ministère de la Santé et le Conseil national de l’Ordre des Pharmaciens.

Nous avons obtenu les conditions essentielles à l’essor des médicaments biosimilaires et des revenus qui en découleront pour les pharmacies.

Nous avons obtenu un élargissement des conditions d’accès aux aides conventionnelles pour les officines en difficulté : 800 pharmacies supplémentaires seront éligibles à un soutien financier.

Nous avons obtenu la reconnaissance de la place des pharmaciens dans le parcours de soins. La prise en charge des situations cliniques et des maux du quotidien fera désormais partie intégrante de leurs missions. Elle sera enfin valorisée par une rémunération dédiée.

Nous préparons la relève avec une nouvelle génération de professionnels : la réforme du troisième cycle d’études de pharmacie sera parachevée à la rentrée prochaine, qui verra les premières inscriptions pour le diplôme d’études spécialisées de pharmacie officinale.

Après une décennie marquée par l’incertitude, l’appréhension, voire l’anxiété, permettons-nous de renouer avec un sentiment longtemps délaissé : l’optimisme. Sans méconnaissance des difficultés qui persistent mais avec exigence et une confiance renouvelée dans l’avenir de la pharmacie que nous écrirons, plus que jamais en 2026, ensemble.

Philippe BESSET

Président de la FSPF

Résultats de la grande consultation des pharmaciens sur la rémunération : maintenant, au travail !

En octobre dernier, la FSPF lançait une grande consultation des pharmaciens sur l’évolution à venir du modèle de rémunération de l’officine.

Pendant plus d’un mois, les syndicats départementaux (adhérents à la FSPF) ont recueilli les contributions de près de 5 000 pharmacies.

o La confirmation du modèle de l’honoraire

Les pharmaciens plébiscitent la rémunération à l’honoraire, instaurée il y a dix ans à l’initiative de la FSPF, et la sécurité qu’elle offre face aux baisses de prix des médicaments. Ils sont attachés au maintien des honoraires existants et souhaitent leur revalorisation, au profit notamment de l’honoraire à l’ordonnance rémunérant leur cœur de métier. Ils sont également demandeurs de nouveaux honoraires valorisant la diversification de leurs missions (dépistages, renouvellements, orientation du patient dans le parcours de soins, modifications des ordonnances impliquant une coordination avec le prescripteur …).

Un aménagement souhaité de la marge commerciale

Les pharmaciens ne souhaitent pas en être totalement dépendants et restent attachés à la marge commerciale. Ils demandent toutefois des aménagements profonds de ses modalités de calcul.

o Une évolution demandée des rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP)

Les pharmaciens sont plus critiques du dispositif de la ROSP, jugé trop complexe. La difficulté à atteindre les objectifs l’éloignerait de son intention initiale d’amélioration de la santé publique. Ils reconnaissent toutefois l’utilité d’un tel dispositif, qui doit donc évoluer pour rémunérer de nouveaux objectifs cohérents avec les missions des pharmaciens (substitution biosimilaire, lutte contre l’antibiorésistance, dépistages, etc). Ils proposent de mettre en place un forfait structure qui rémunérerait les missions de service public de l’officine.

Une adaptation et une transformation du modèle actuel plutôt qu’un big bang

les pharmaciens démontrent une volonté d’évolution profonde de ces éléments, au profit de leur cœur de métier, la dispensation du médicament, et de la valorisation de leur rôle dans le parcours de soins. De nombreuses prestations quotidiennes, essentielles à l’accès aux soins et à l’amélioration de la prévention, restent peu valorisées et réalisées « gratuitement » : orientation du patient dans le parcours de soins, petits soins d’urgence, évaluation de situations cliniques, sorties d’hospitalisation…

Un constat partagé qui sera la base de notre travail avec la mission IGAS-IGF

Les confrères appellent à un basculement progressif vers un modèle mixte, lisible et pérenne, constitué d’une rémunération par actes et missions, d’une marge sécurisée, de ROSP orientées vers la santé publique et d’un forfait structure.

La condition absolue d’un tel modèle réside dans la reconnaissance du temps pharmaceutique aujourd’hui non financé, pendant lequel s’exerce l’essentiel de l’expertise du pharmacien.

Leurs attentes, leur vision de la profession et leur appréciation de la situation économique doivent être au cœur du travail engagé avec la mission IGAS-IGF lancée par le Premier ministre. Ces retours de terrain sont essentiels à la construction d’un modèle pérenne et adapté aux enjeux du quotidien.

Expérimentation RECYPEN : extension nationale sans concertation !

Le 26 novembre dernier, l’éco-organisme DASTRI a annoncé que l’expérimentation RECYPEN mise en œuvre en 2024 dans quatre régions pilotes serait étendue à l’ensemble du territoire national dès 2026.

Pour rappel, l’expérimentation RECYPEN a pour objectif de réintroduire la matière qui compose les stylos injecteurs d’insuline des laboratoires LILLY et SANOFI dans le circuit de production d’autres objets, afin de réduire la quantité de déchets générés par l’usage de ces dispositifs médicaux par les patients.

Réalisable sur la base du volontariat, l’expérimentation RECYPEN s’inscrit dans un cadre dérogatoire au dispositif d’élimination des médicaments non utilisés (MNU) et s’appuie sur le circuit existant des boîtes violettes dédiées à la collecte des déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI) électroniques déjà mises à disposition des patients via les pharmacies d’officine.

Si la FSPF salue cette initiative écoresponsable en faveur du recyclage de dispositifs médicaux autrefois éliminés, elle regrette toutefois l’absence de concertation de DASTRI dans l’élaboration et la mise en œuvre de l’expérimentation.

En effet, préalablement au lancement de ce dispositif expérimental et en amont de son extension à l’échelle nationale, la FSPF a alerté DASTRI sur :

  • l’absence de rémunération des pharmaciens d’officine pour ce nouveau travail chronophage en termes de logistique (déclarations d’enlèvement) et d’explications aux patients ;
  • la contrainte de devoir accorder toujours plus d’espace aux cartons DASTRI, compte tenu d’une fréquence d’enlèvement moindre que pour les MNU et de l’augmentation des volumes de stylos injecteurs d’insuline usagés attendue, dès lors que DASTRI prévoit d’intégrer de nouveaux laboratoires à l’expérimentation RECYPEN ;
  • et le risque majoré d’accident d’exposition au sang des équipes officinales par manipulation de cartons pouvant potentiellement contenir des stylos avec aiguille.

En dépit de nos alertes répétées, DASTRI n’a pas tenu compte des contraintes des pharmaciens d’officine et a décidé unilatéralement de déployer l’expérimentation RECYPEN sur l’ensemble du territoire national.

La FSPF déplore l’absence de recherche d’un consensus par DASTRI et son manque de considération à l’égard des pharmaciens d’officine et de leurs équipes. Ces derniers sont pourtant les principaux acteurs de ce projet expérimental et sont déjà largement impliqués dans la collecte des MNU ainsi que des DASRI.

Dans ce contexte, la FSPF réaffirme son opposition à l’expérimentation RECYPENd’autant plus que les conditions de sécurité minimales ne sont toujours pas respectées.

Pour l’ensemble des raisons précitées, la FSPF :

  • demande à nouveau à DASTRI de revoir les conditions de mise en œuvre de l’expérimentation RECYPEN et cela en concertation avec les représentants des pharmaciens d’officine ;
  • vous recommande de ne pas vous engager dans cette expérimentation, tant que les conditions optimales de sécurité ne seront pas satisfaites.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter :

– Expérimentation RECYPEN : recycler oui, mais pas à n’importe quel prix !

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président FSPF

Vitamines A Dulcis et Blache : rappel des modalités de dispensation

A la suite de plusieurs alertes de patients et de professionnels de santé faisant état de difficultés d’approvisionnement en pommade ophtalmique, l’ANSM a procédé à un rappel des modalités de dispensation des Vitamines A Dulcis et Blache.

D’une part, l’ANSM rappelle que la prescription de ces pommades ophtalmiques doit être réservée aux patients présentant les indications prioritaires suivantes :

·         syndromes secs sévères

·         cicatrisations résistantes ou compliquées de la cornée ;

·         ulcères neurotrophiques ;

·         anomalies de conformation des paupières.

Toutefois, les pharmaciens d’officine ne sont pas tenus de vérifier le respect de ces indications prioritaires.

D’autre part, l’ANSM demande aux pharmaciens d’officine de réserver la délivrance de ces produits aux patients disposant d’une ordonnance de moins d’un an et de dispenser la juste quantité nécessaire.

De plus, l’ANSM rappelle que la Vitamine A Dulcis demeure disponible, avec une date de péremption repoussée au 31 janvier 2026 inclus et doit être commandée en priorité, directement auprès du laboratoire AbbVie, par courrier électronique à l’adresse suivante : france.vitamineA@abbvie.com. A cet effet, le courriel doit mentionner le nom et les coordonnées de votre officine ainsi que la quantité de tubes souhaitée.

Par ailleurs, l’ANSM annonce la disponibilité progressive de la Vitamine A Blache chez les grossistes-répartiteurs.

Enfin, l’ANSM a demandé au laboratoire Chauvin de réserver la distribution de la Vitamine A au circuit ville, dans le but de faciliter sa mise à disposition.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter :

– Vitamine A Dulcis : les solutions transitoires mises en place suite à l’arrêt de commercialisation ;

 Arrêt de commercialisation de Vitamine A Dulcis (pommade ophtalmique) : recommandations et alternatives.

Résultats de la grande consultation des pharmaciens sur la rémunération : maintenant, au travail !

En octobre dernier, la FSPF lançait une grande consultation des pharmaciens sur l’évolution à venir du modèle de rémunération de l’officine.

Leurs attentes, leur vision de la profession et leur appréciation de la situation économique doivent être au cœur du travail engagé avec la mission IGAS-IGF lancée par le Premier ministre. Ces retours de terrain sont essentiels à la construction d’un modèle pérenne et adapté aux enjeux du quotidien.

Pendant plus d’un mois, les syndicats départementaux constitutifs de la Fédération ont recueilli les contributions de près de 5 000 pharmacies. La FSPF en a extrait plusieurs demandes largement partagées par l’ensemble des pharmaciens, face à un modèle économique qu’ils jugent majoritairement en danger.

o La confirmation du modèle de l’honoraire

Les pharmaciens plébiscitent la rémunération à l’honoraire, instaurée il y a dix ans à l’initiative de la FSPF, et la sécurité qu’elle offre face aux baisses de prix des médicaments. Ils sont attachés au maintien des honoraires existants et souhaitent leur revalorisation, au profit notamment de l’honoraire à l’ordonnance rémunérant leur cœur de métier. Ils sont également demandeurs de nouveaux honoraires valorisant la diversification de leurs missions (dépistages, renouvellements, orientation du patient dans le parcours de soins, modifications des ordonnances impliquant une coordination avec le prescripteur …).

Un aménagement souhaité de la marge commerciale

S’ils plébiscitent les honoraires, les pharmaciens ne souhaitent pas en être totalement dépendants et restent attachés à la marge commerciale. Ils demandent toutefois des aménagements profonds de ses modalités de calcul.

o Une évolution demandée des rémunérations sur objectifs de santé publique (ROSP)

Les pharmaciens sont plus critiques du dispositif de la ROSP, jugé trop complexe. La difficulté à atteindre les objectifs l’éloignerait de son intention initiale d’amélioration de la santé publique. Ils reconnaissent toutefois l’utilité d’un tel dispositif, qui doit donc évoluer pour rémunérer de nouveaux objectifs cohérents avec les missions des pharmaciens (substitution biosimilaire, lutte contre l’antibiorésistance, dépistages, etc). Ils proposent également de mettre en place un forfait structure qui rémunérerait les missions de service public de l’officine en tant qu’établissement jouant un rôle déterminant dans l’offre de soins de son territoire.

Une adaptation et une transformation du modèle actuel plutôt qu’un big bang

Globalement, les pharmaciens ont fait part de leur attachement au modèle de rémunération actuel et à ses éléments constitutifs (honoraires, ROSP, marge, remises commerciales…).

Mais ils démontrent une volonté d’évolution profonde de ces éléments, au profit de leur cœur de métier, la dispensation du médicament, et de la valorisation de leur rôle dans le parcours de soins. De nombreuses prestations quotidiennes, essentielles à l’accès aux soins et à l’amélioration de la prévention, restent peu valorisées et réalisées « gratuitement » : orientation du patient dans le parcours de soins, petits soins d’urgence, évaluation de situations cliniques, sorties d’hospitalisation…

Un constat partagé qui sera la base de notre travail avec la mission IGAS-IGF

En conclusion, les pharmaciens partagent donc le constat d’un essoufflement du modèle centré sur la marge règlementée du médicament. Ils appellent à un basculement progressif vers un modèle mixte, lisible et pérenne, constitué d’une rémunération par actes et missions, d’une marge sécurisée, de ROSP orientées vers la santé publique et d’un forfait structure.

Leurs attentes rejoignent les efforts de long terme de la FSPF pour protéger le réseau des baisses de prix et volumes des médicaments, au profit du renforcement du cœur de métier du pharmacien, la dispensation et le conseil, et d’une reconnaissance de son rôle de professionnel de santé de proximité et de la prévention.

La condition absolue d’un tel modèle réside dans la reconnaissance du temps pharmaceutique aujourd’hui non financé, pendant lequel s’exerce l’essentiel de l’expertise du pharmacien.

Les résultats de cette grande consultation constituent une base solide pour mener, avec la mission IGAS-IGF, le travail d’évolution de la rémunération qui nous occupera pendant les prochains mois et qui devrait se matérialiser dans un avenant n° 2 à la convention nationale pharmaceutique. 2026 sera une année de travail et de chantiers cruciaux pour notre profession.

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