Fabrice Camaioni, le nouveau président FSPF?

Président de son syndicat départemental durant vingt ans, Fabrice Camaioni devrait succéder à Philippe Besset à la tête de la FSPF après le vote de l’assemblée générale extraordinaire du 25 septembre 2026.
Depuis septembre 2026 : président de la FSPF par intérim.
Depuis 2022 : vice-président de la FSPF.
Depuis 2020 : vice-président de l’Union nationale des
professionnels de santé (UNPS).
De 2016 à 2022 : président de l’Union nationale des prestataires
de dispositifs médicaux (UNPDM).
De 2015 à 2021 : élu de l’URPS Grand Est.
Depuis 2013 : membre du Bureau national de la FSPF.
De 2010 à 2015 : secrétaire de l’URPS pharmaciens de Champagne-Ardenne.
De 2005 à 2026 : président du syndicat des pharmaciens des Ardennes.
1989 : diplôme d’État de docteur en pharmacie obtenu à la faculté de Nancy

Quels sont les grands axes de votre programme ?

Tout d’abord, il y a la convention qui nous lie à l’Assurance maladie et la négociation de l’avenant n° 3, dont nous attendons l’ouverture sous peu. Elle fait évoluer notre métier avec, notamment, une importance accrue de notre rôle de professionnel de santé de premier recours. C’est également elle qui fixe la rémunération d’une très grosse partie de notre activité. C’est donc un axe prioritaire. Aujourd’hui, la vie conventionnelle ne se passe pas trop mal grâce à nos partenaires qui misent sur la pharmacie. Je suis toujours positivement étonné de voir que les rapports Charges et Produits de l’Assurance maladie proposent, de plus en plus, des actions et des missions qui étendent les compétences des pharmaciens. C’est par exemple le cas de la délivrance d’antibiotiques dans certaines situations, ce qui était encore inenvisageable il y a peu. Le fait que, d’un côté, les médecins soient débordés et que des zones importantes du territoire soient sous-dotées en offre médicale et que, de l’autre, le maillage pharmaceutique demeure pour le moment satisfaisant, offre de nouvelles opportunités à notre profession. La Cnam ne s’est pas trompée sur ce constat et elle envoie les bons signaux. Bien évidemment, le champ conventionnel nous amènera aussi à parler d’autres missions, mais je ne peux pas passer sous silence un problème fondamental qui retient particulièrement mon attention : la simplification de notre exercice professionnel.

Que demandez-vous précisément à ce sujet ?

Les pharmaciens en ont assez de devoir passer énormément de temps à vérifier que la prescription est conforme et respecte des critères stricts, notamment qu’elle est bien assortie des documents à fournir par le médecin, lequel n’est pas au courant parce que la mesure est nouvelle ou refuse de le faire en alléguant une surcharge administrative que je peux comprendre. Mais à la fin, celui qui est impacté, c’est le pharmacien. Il perd du temps, risque des indus et a devant lui un patient mécontent. Cette simplification est fondamentale et j’ai bon espoir de pouvoir faire des propositions en ce sens à l’Assurance maladie.

La structure conventionnelle est-elle à revoir ?

Nous sommes sous un régime de conventions monoprofessionnelles et d’accords conventionnels interprofessionnels (ACI) qui portent sur des structures comme les CPTS ou les MSP. Mais ce dont nous avons réellement besoin, ce sont des conventions ou des ACI thématiques, qui pourraient mettre autour de la table plusieurs professions de santé. Aujourd’hui, nous travaillons en silo et un exemple l’illustre très bien : les médecins ont, dans leur convention, un axe sur la déprescription et les pharmaciens en ont un sur les bilans de médication. Les premiers se plaignent que les officinaux ne réalisent pas assez de bilans et les seconds affirment que les médecins ne tiennent pas compte de ceux qu’ils leur envoient. Chacun reste campé sur ses positions alors qu’il y a de vraies coopérations à nouer sur des thèmes majeurs, comme celui de l’observance. Nous avons, par ailleurs, un autre problème de fond : la convention dure cinq ans et coïncide avec l’élection présidentielle et les périodes d’immobilisme qui l’encadrent. Il est vraiment crucial que nous puissions déterminer, comme le souhaitait déjà Philippe Besset, que la convention soit pérenne tout en étant remise en question, très régulièrement, sur des points bien particuliers. C’est également ce que j’appelle de mes vœux, car notre métier évolue tellement vite que ce qui est pertinent aujourd’hui ne le sera plus dans cinq ans. Mon autre sujet de préoccupation est de maintenir les pharmacies dans les territoires.

« Nous n’accepterons pas
que nos partenaires
viennent les mains vides. »

Aujourd’hui, la perte d’officines est sur un tendanciel annuel qui n’est jamais remis en question. Si l’on regarde de près, ce ne sont pas uniquement des pharmacies rurales et isolées qui disparaissent. L’enquête que nous sommes en train de mener commence à le montrer. Beaucoup de pharmacies ferment dans les villes, où il y a une surdensité historique. Il faut donc repenser le modèle de la répartition, mais on ne peut pas, avec des dispositifs qui sont expérimentaux et que beaucoup voudraient voir entrer dans le droit commun, comme les antennes, redistribuer les cartes efficacement et surtout équitablement.

Qu’attendez-vous de cette négociation ?

La lettre de cadrage de la ministre de la Santé contient à peu près tout ce qui nous préoccupe actuellement. Elle prévoit deux chantiers, dont le premier correspond à l’avenant n° 3 à la convention actuelle qui comprend trois axes. Tout d’abord l’expérimentation Osys transposée dans le droit commun. Dans les faits, il s’agit de cadrer et de rémunérer ce que nous faisons déjà tous les jours. Le deuxième axe de travail s’articule autour de la prise de la tension artérielle par les pharmaciens, autorisée par la loi Neuder, que nous souhaitons voir assortie d’un suivi, par le pharmacien, des patients traités pour hypertension artérielle. Le dernier porte sur l’entretien avec les patients diabétiques de type 2, qui a déjà été discuté durant dix-huit mois en comité paritaire national des programmes d’action (CPN-PA). Globalement, et compte tenu des travaux préparatoires menés en amont, il ne reste plus qu’à négocier les tarifs. Cet avenant n° 3 devrait donc aller rapidement à sa conclusion. En revanche, le chantier de la réforme de la rémunération de l’officine est plus complexe et prendra plus de temps. Quoi qu’il en soit, nous n’accepterons pas que nos partenaires viennent les mains vides en nous expliquant que les compteurs seront remis à zéro car, pendant ce temps-là, des pharmacies continuent de mettre la clé sous la porte. Nous ne voulons pas d’un nouveau pansement qui finira, comme les autres, par se décoller. Il faut absolument mettre en place une rémunération de notre cœur de métier qui permette de donner de l’oxygène aux pharmaciens pendant un certain nombre d’années.

Quid de la financiarisation ?

Il est désormais admis qu’elle existe, alors que faire ? Soit on estime que cela va permettre d’aider un certain nombre de jeunes à s’installer puisque les fonds coûtent cher. Ou alors, on se dit qu’on ne va pas fermer les yeux sur une situation qui aboutit à une perte d’indépendance des professionnels de santé. Certes, notre profession est réglementée, mais je veux pouvoir organiser mon exercice en fonction de mes convictions et de mes obligations et ne pas laisser un fonds d’investissement, dont l’intérêt premier n’est pas la santé publique, dicter ma conduite.

« Il faut que nos tutelles
cessent de penser que
nous sommes des nantis. »

Si nous nous sommes battus pour devenir des professionnels de santé reconnus comme tels, ce n’est pas pour abandonner notre indépendance à des acteurs économiques envers lesquels nous serions redevables et qui nous pousseraient à n’être que des commerçants. Cela équivaudrait à un violent retour en arrière. Pour contrer cela, nous devons pouvoir travailler de concert avec l’Ordre qui a la légitimité d’analyser juridiquement tous les contrats. Il faut également agir à l’université, en intégrant systématiquement au cursus des pharmaciens un module de formation sur les risques de la financiarisation.

Faut-il modifier la loi pour que les pharmaciens récupèrent les marges captées par les groupements ?

Les groupements sont les seuls acteurs qui ne soient pas réglementés. Je pense cependant que leur existence est nécessaire et même indispensable pour certaines typologies de pharmacies. Le rapport Igas/IGF estime que 400 à 500 millions d’euros seraient captés par ces structures, mais le flou persiste. Un gros travail d’éclaircissement doit donc être réalisé, car nous avons tous besoin de transparence pour avancer dans la bonne direction. Donc oui à l’entrée dans le Code de la santé publique d’un statut de groupement qui devra se soumettre à des règles strictes, comme c’est le cas pour les pharmaciens.

Quelle sera votre méthode à la tête de la FSPF ?

Si l’agitation n’est pas ma marque de fabrique, je suis capable d’être très remonté lorsqu’il s’agit de défendre la profession contre les attaques injustes qu’elle peut subir. Je me méfie des polémiques stériles sur les réseaux sociaux qui, bien souvent, donnent une mauvaise image de ceux qui y participent. En revanche, je n’ai pas peur de dire les choses et je ne supporte pas d’entendre des critiques fondées sur des images d’un autre temps. Il faut que nos tutelles cessent de penser que nous sommes des nantis. Aujourd’hui, les pharmaciens ont plus que prouvé qu’ils étaient incontournables pour le système de santé. Nous avons relevé le défi des génériques, celui de la Covid-19 avec les dépistages et la vaccination, et désormais celui de la prévention. Nous prenons un virage stratégique pour défendre le réseau officinal qu’il est, plus que jamais, primordial de préserver

source Le Pharmacien de France

Le 13:45 FSPF du 18 septembre

Le programme:

00:00 – Introduction

00:19 – Sommaire

00:42 – J-7 avant le Congrès national des pharmaciens à Nantes

03:37 – Commission paritaire de branche « spéciale salaires » du 15 septembre

06:09 – Réforme de la rémunération : honoraires, marge, forfait structure… on vous explique !

11:30 – La question vidéo

12:57 – Les questions des internautes

13:45 – Conclusion

Que faire des médicaments en cas de rupture de la chaîne du froid (HUG, dernière révision 12/02/2025)

Voici l’excellente fiche éditée par les Hôpitaux Universitaires de Genève qui vous permet de gérer vos stocks de médicaments requérant le respect de la chaine du froid (+2 à +8 degrés).

N’hésitez pas à la communiquer à votre équipe officinale.

FORMER AUJOURD’HUI DES PRÉPARATEURS QUI FERONT LA PHARMACIE DE DEMAIN

Chères consœurs, Chers confrères,

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse à vous aujourd’hui, non seulement en tant que président de l’IFMP, le Centre de Formation des Apprentis préparateurs en pharmacie, mais également en tant que partenaire de votre profession.

Nous partageons tous une même conviction : l’officine est un acteur essentiel de notre système de santé. Chaque jour, nous accueillons, conseillons, rassurons et accompagnons des milliers de patients. Cette mission ne peut être remplie qu’avec des équipes compétentes, engagées et passionnées.

Or, nous sommes aujourd’hui confrontés à un défi majeur : préparer la relève.

Recruter un apprenti préparateur, ce n’est pas seulement répondre à un besoin de personnel. C’est investir dans l’avenir de son officine. C’est transmettre un savoir-faire, une culture professionnelle, une exigence de qualité et un sens du service qui ne s’apprennent pas uniquement dans les livres.

L’apprentissage est une formidable école de la réalité. L’alternance permet aux jeunes de donner immédiatement du sens aux enseignements qu’ils reçoivent au CFA. Chaque journée passée dans votre pharmacie enrichit leur formation. Et chaque journée passée au CFA leur apporte les connaissances scientifiques, réglementaires et techniques qui bénéficieront directement à votre équipe.

Former un apprenti, c’est également construire un collaborateur qui connaît déjà votre organisation, vos méthodes de travail, votre patientèle et vos valeurs. Beaucoup d’officines qui recrutent aujourd’hui leurs anciens apprentis témoignent de la qualité de leur intégration et de leur fidélité.

À l’IFMP, nous avons une ambition simple : former des préparateurs compétents, responsables et immédiatement opérationnels. Nous travaillons en étroite collaboration avec les maîtres d’apprentissage afin que la formation corresponde aux réalités du terrain. Votre retour d’expérience nourrit en permanence notre pédagogie.

Mais cette réussite ne peut exister sans vous.

Vous êtes les premiers formateurs de ces futurs professionnels. Vous êtes ceux qui leur transmettent les gestes, les réflexes, le sens des responsabilités et le plaisir d’exercer un métier profondément humain.

Chaque apprenti que vous accueillez représente bien davantage qu’un contrat d’alternance.

C’est un futur professionnel de santé.

C’est une réponse aux difficultés de recrutement que connaît notre profession.

C’est un investissement durable pour votre officine.

C’est aussi un engagement collectif en faveur de l’avenir de la pharmacie française.

Je sais que former demande du temps, de l’énergie et de la disponibilité. Mais je sais également que les pharmaciens qui s’engagent dans cette démarche en retirent une grande satisfaction. Ils voient progresser un jeune, prendre confiance, acquérir de l’autonomie et, souvent, devenir un collaborateur précieux.

À l’IFMP, nous sommes à vos côtés tout au long de ce parcours. Nos équipes pédagogiques sont disponibles pour vous accompagner, répondre à vos questions et faciliter le suivi de vos apprentis. Nous souhaitons construire avec vous une véritable relation de confiance.

Je vous invite donc à franchir le pas si vous ne l’avez pas encore fait.

Ouvrez les portes de votre officine à un apprenti.

Donnez-lui la chance d’apprendre auprès de vous.

Vous contribuerez non seulement à former un excellent préparateur, mais également à renforcer l’avenir de toute notre profession.

Ensemble, faisons de l’apprentissage une force, un moteur d’excellence et un véritable investissement pour les pharmacies de demain.

Je vous remercie de votre engagement, de votre confiance et de tout ce que vous faites chaque jour pour la pharmacie et pour les générations qui lui succéderont

Dr Philippe Besson

Président de l’Institut de Formation des Métiers de la Pharmacie. (CFA de la Pharmacie Marseille Alpes Provence)

SISTERON
45, place René Cassin – 04200 Sisteron
Tél. : 04 91 84 00 00 – Email : contact@ifmpharmacie.fr

AIX EN PCE
670, rue Jean Perrin – 13100 Aix-les-Milles
Tél. : 04 91 84 00 00 – Email : contact@ifmpharmacie.fr

MARSEILLE
38, rue Bénédit – 13004 Marseille
Tél. : 04 91 84 00 00 – Email : contact@ifmpharmacie.fr

Le 13:45 de Fabrice Camaioni du 11 septembre 2026

Retrouvons-nous pour parler de l’actualité en 15 minutes chrono ! Au programme:

  • Négociations conventionnelles : la ministre de la Santé fixe le cap
  • Révision de la marge des grossistes-répartiteurs : les pharmacies d’officine victimes collatérales ?
  • Amélioration de la couverture vaccinale : les pistes de la Cour des comptes
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Les Pharmaciens du 13

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